Saglio, op. cit., lig
LES VASES DE TOUTES SOUTES 439
Les formes des vases et récipients divers pour la cuisine et la table sont en nombre à peu pi*ès illimité; la langue latine a retenu la plupart des noms îj;recs déjà consacrés pour les mêmes objets, et dont beaucoup demeurent [)our nous fort imprécis. Il n'y a guère d'ailleurs que la riche vaisselle de métal précieux, à décors en relief, comme celle des trésors de Boscoreale, de Berthouville et de Hildesheim, qui copie avec rigueur les formes grecques les plus typiques ^ ; quelques-unes reparaissent encore, aux mains de certains personnages, dans les statues ou les bas-reliefs ou dans les sujets j>eints, pareillement imités de modèles classiques ; pour une description rigoureuse des monuments de Tart il est bon de ne pas les oublier.
C'est Talabastre, petit ilacon allongé et sans anses; Taskos, qui rappelle Ton Ire et se profile souvent en forme de soulier; le canthare, calice à long pied mince, avec deux anses très relevées audessus des bords; la coupe, plus ou moins profonde, avec ou sans pied ; le cratère, où l'on mêle l'eau et le vin, pièce ventrue dont les proportions respectives ne sont pas invariables, mais toujours munie de deux anses, généralement un peu relevées. Le skyphos se rapproche du canLhare, notamment par les anses, sans atteindre jamais à une aussi forte taille ; il est du reste plus écrasé et n'a pas de base distincte; c'est un bol plus ou moins élancé. Le rhyton se reconnaît à son extrémité inférieure en pointe, ordinairement donnée par un museau d'animal. L'œnochoé, qui devient l'urceus des potiers romains, comparable à notre pot à eau, à anse remontante, sert en elTet aussi d'aquamanile, comme le prouvent les scènes de festins; on en distingue encore l'œnophorus, dont le nom est gravé à la pointe, en lettres grecques, sur un exemplaire conservé à Baltimore ; il représente plutôt un cruchon récipient qu'une bk»uteille à verser ; c'est un grand vase aux flancs plus ou moins droits, au col lourd, pourvu de deux anses à cannelures torses, rappelant par leur profil celles de l'amphore -. Les formes intermédiaires, indécises, se rencontrent même dans les trésors cités plus haut ; beaucoup de pièces de Ilildesheim, en particulier, sont impossibles à définir.
Les noms latins de vases sont beaucoup moins nombi-eux que
1. Voir Fr. Drexel, Alecamlrinische SUhergefïisae <Ier Kni$erzeif {Bonner Jiihrhùcher, CXVIIl 'lOOO', p. 170-235; cf. pi. vr pour les clilTéronLes formes).
î. Darid M. Robinnon, Amer. Joitrn. of Arch., 1909, p. M) et suiv. (époque romaine — et non helléuistifjue comme le voudrait cet auleui).
les noms grecs ; leur sens n'a pas une fixité sensiblement plus grande; ainsi le gros pot marqué au pinceau AMPVLLA ^, et qui ressemble à un lécythe abâtardi, n'a aucunement Taspect des nombreuses ampoules à eulog^ies, de peu postérieures, où les pèlerins enfermaient de saintes parcelles.
Pour puiser et transporter Teau^ l'instrument consacré en Italie sous les lUrusques était la situle, dont les types se transmirent à
l'époque romaine ; il y en avait trois surtout : cylindrique, tronconique, ovoïde, tous trois sans col ou presque, avec une anse mobile, ou deux qui pouvaient à volonté s'appliquer l'une contre l'autre verticalement, de manière à n'en former qu'une seule, ou se rabattre horizontalement sur la surface extérieure ^. On a retrouvé dans toute l'étendue du monde romain, et même au delà de ses frontières, bon nombre de ces seaux, en bronze ^ — la plupart venaient de Gapoue — , en plomb, en argent, d'autres en terre cuite.
Dans le Berry, un exemplaire en bois a été retiré d'un puits antique — ce qui g-arantit sa destination — , en même temps que des griffes dont les pointes devaient saisir l'anneau courant librement autour de l'anse supérieure. Ce cadus, de son nom latin, est absolument conique et consolidé par trois cercles horizontaux ; les deux d'en haut sont maintenus par deux bandes verticales, dans lesquelles s'engagent les crochets de l'anse (fig. 637) ^ Il date du iii^ siècle. On constate, par une peinture
Fig-. 637. — Seau à puiser