‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 347 sur 425 · H. Dressel, Annali, 1880, p. 265 et suiv · texte numérisé non relu

H. Dressel, Annali, 1880, p. 265 et suiv

470 XII. MATÉRIEL d'ÉCLAIRAGE

ont dû être exportées de Gampanie, car elles rappellent absolument les prototypes helléniques. Sous l'Empire au moins, des iUeliers de fabrication se constituèrent dans la plupart des rég-ions, Tusage de ces objets s'étant partout vulgarisé. Il en fut exécuté en matériaux assez divers, pierre, plomb, verre ; même une lampe votive en or se voyait devant une porte de Pompéi ; mais Timmense majorité forme deux catégories : arg-ile et bronze. Celles d'argile arrivées jusqu'à nous, intactes ou cassées, sont naturellement les plus nombreuses ; celles de bronze (fîg. 665), articles de luxe, n'étaient pas enfouies aussi volontiers dans les sépultures, et plus d'une, par la suite, aura été envoyée à la fonte.

Quelle qu'en soit la matière, toute lampe se compose des mêmes éléments essentiels : le réservoir, infundihulum, dont le dos, plus ou moins plat, constitue le discus, réservé à l'ornementation ; le bec, roslrum^ percé d'un trou pour l'insertion de la mèche, encore désignée de son nom grec ellychiiium. La plupart des lampes sont à bec unique ; beaucoup toutefois en ont deux ; ce chiffre est parfois dépassé et rien qu'en Ég^ypte ^ on a retrouvé des exemplaires à brûleurs multiples atteig-nant jusqu'à 20. Le manche ou l'anse annulaire, ansa, manubium^ n'est pas indispensable et fait défaut dans certains groupes. Le bec, ou les becs, sont d'habitude à la même hauteur que le récipient, avec lequel ils font vases communicants. Aux premiers temps, et dans quelques exemplaires à bon marché, le récipient est largement ouvert, mais un couvercle le surmonte le plus souvent, percé d'un ou plusieurs trous, par où se verse le combustible ; ces trous eux-mêmes sont quelquefois ^30uchés à volonté, pour éviter que la poussière ne pénètre. Un tout petit trou supplémentaire, assez rare, permettait, ou le passag^e de l'air, ou celui d'un instrument pour repousser en arrière la mèche, plus commodément que par le bec. Cet ajustag^e se faisait avec des pinces ordinaires ; on utilisait en [outre une sorte de tige en mêlai a crochet, avec laquelle on tirait un peu plus de mèche hors du bec pour agrandir la flamme.

Naturellement, les lampes servaient d'abord à éclairer, soit chez les particuliers, soit dans les édifices publics, comme les thermes ; mais on les allumait même dans les fêtes de jour (triomphes, spectacles). On les plaçait assez haut, dans des niches ou sur des étagères; on les accrochait à un clou planté dans une paroi ou au

1. C. M. Kaufmann. Aeijyptische Terrnkolten, Le Caire, 1913, grand 8°, .fig, 128 (21 ex. d'époque romaine) ; voir aussi Walters, op. cit., pi. .\li.

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