Nogara, Mns.ii'ri
2. Germain de Montaii/au. il)i<l. : ces mosaujues de Ly<iM lémoif;nent tl'ail- Icurs dune inj;éniosilé extraordinaire dans les coml)inaisons de lignes et parfois diin sens très (in des elVels de pcr8[)eclive.
3. CJ. les observations de Hlancliet, lîdif. de lu (Juulc, p. lUl.
rares et l'humidité bien moindre. Mais il s'effritait vite et de façon irrég^ulière, davantage dans les endroits exposés au stationnement, long ou répété, des personnes. Pour en accroître la résistance, on y insérait par places des lapilli, cailloux ronds ou plats pris, soit sur les g-rèves, soit dans les torrents, ou débris rocheux brisés au marteau. Ce n'en était pas moins toujours Topus signinum, puisque la terre de Signia demeurait l'élément principal de la combinaison. Celle-ci, par suite de l'inégalité des cailloux, était plus pratique qu'élégante.
Or l'art pouvait s'unir à la commodité. L'Italie était riche en carrières de marbre ; on taillçi donc dans cette pierre de petits dés réguliers, qui furent ajoutés ou substitués aux lapilli ; en les rapprochant, on réalisa des ébauches de dessins servant à marquer les divisions générales des appartements, la place des lits de repos,, ou du friclinium, ou bien groupés devant les grosses pièces du mobilier, coffres, dressoirs, autour desquels on s'attardait. Telle est la vraie mosaïque italienne, du moins par ses origines. Elle se compliqua; le décor prit du champ, mais sans cesser d'être purement linéaire ; on y recourait notamment pour fixer dans le sol des inscriptions, comme cette dédicace à Jupiter Jiirarius découverte dans l'île du Tibre, et qui se détache en lettres ponctuées sur le ciment rouge '.
C'est vers l'Orient, au contraire, que nous reporte Fopus sectile, parce que là surtout, et principalement en Egypte, foisonnent les pierres dures, en particulier les roches éruptives, basaltes, granits et porphyres^. Ce seclile résistait mal, faute de plasticité, à l'action des pas ; il convenait beaucoup mieux au revêtement vertical, auquel on attachait plus d'importance en ces contrées. On découpait des lamelles et on les collait sur la surface à masquer, de manière à produire des ligures généralement géométriques, épis, damiers, étoiles, plus rarement des silhouettes d'êtres animés. 11 y avait la ressource de dessiner au préalable le sujet en appliquant sur la matière de fond, dalle de marbre par exemple, une plaque où le motif était rendu par des jours ; on évidait selon l'esquisseetlon bouchait les trous avec des parcelles d'un marbre différent, ou de plusieurs ; celle méthode de l'incrustation est restée en vogue en Italie pour de longs siècles.
1. M. liesnier, L'Ile Tihérine duns ranli(niilé, Paris, 1902, 8", p. 255 et suiv., fig. 26.