XIII. JEUX ET JOUETS
six balles, ce qui suppose une certaine complication ; un quatrième les dirige ou marque les coups. C'est, croirait-on, une sorte de jonglerie à plusieurs et dans laquelle les partenaires cherchent à se surprendre mutuellement. Les jongleurs véritables opéraient seuls et avec un plus grand nombre de balles, peut-être même en s'aidant des pieds '. Une statue célèbre du musée de Berlin, longtemps désignée sous le nom d' « éphèbe en prière », représente probablement un jeune garçon levant les mains pour saisir une balle qu'on lui a lancée ^.
Ce sont là des jeux où Tadi-esse a le principal rôle ; dans d'autres, au contraire, le hasard surtout détermine gains et pertes. Les Romains pariaient à pile ou face : capiil aut navis, disaient-ils, d'après les coins de l'as (plus haut, p. 269). Les dés, qu'ils connaissaient aussi et désignaient vaguement du nom général de tessei\ie^ avaient déjà la forme des nôtres et les valeurs étaient réparties sur les dilîérentes faces comme aujourd'hui ; on les faisait surtout en os et en ivoire, mais nos collections en possèdent qui sont en
terre cuite, en cristal, en ambre ou en métal, bronze, plomb. Une particularité, qui paraît d'origine étrusque, est le remplacement des points par des mots, dont les lettres sont en nombre variable : de 1 à 6.
Une peinture de Pompéi (fig. 674) * nous fait voir deux joueurs en discussion : l'un d'eux fait observer :
l^ Non tria, duas est (« ce n'est pas trois, mais deux»). — Exsi^a Sors»^ s'écrie, peu clairement pour nous^ l'adversaire, qui tient à la main le cornet, fritillus, appelé aussi pyrgus ou iurricula en raison de sa forme qui rappelle une tour. Un exemplaire de Home (fig. 675) * présente à l'intérieur deux saillies circulaires, que les dés doivent franchir avant de tomber sur la table ; de la sorte les tricheurs ne peuvent guère travailler à amener le plus gros total. C'est en
TRIA DVA5
Fig. 67i. — Le jeu de des.