‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 376 sur 425 · INSTRUMENTS POUR ÉCRIRE ET POUR CALCULER · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS POUR ÉCRIRE ET POUR CALCULER

Sommaire. — I. Le livre et récriture à Tencre. — II. La tablette et l'écriture à la pointe sèche. — III. Instruments de calcul.

§ I^''. — Le livre ^ el Vécrilure k Vencre.

1. — Comme chez les Grecs, le livre consiste le plus souvent en un rouleau (volumen) de papier, tiré de la partie fibreuse [liber) du papyrus. Les feuillets séparés, de taille variable, vendus par les papetiers, sont, une fois recouverts d'écriture, mis bout à bout, le rebord de chacun étant collé au rebord du voisin. Le nombre de ces feuillets est donc entièrement au g-ré de celui qui les emploie ; mais dans la pratique, les rouleaux, en moyenne, comprennent 20 feuillets. L'usage est de n'écrire que sur la partie interne, où les fibres de la plante sont disposées horizontalement. Un feuillet constitue une page ou colonne d'écriture, parfois deux ; il y avait cependant des documents officiels écrits sans colonnes, sur toute l'étendue du rouleau ; aucun ne nous est parvenu. C'est à l'époque byzantine seulement que les lignes furent disposées perpendiculairement aux longs côtés. Les colonnes sont quelquefois numérotées ; de l'une à l'autre le nombre des lignes est à peu près invariable dans le même volumen. On observe souvent des réglures el un encadrement des feuillets, tracés à l'aide d'un morceau de plomb. Les titres sont écrits à l'encre rouge {ciiinaharis), doù le nom de rubrica qui les désigne. Avec une éponge mouillée, on peut effacer Tencre et corriger une erreur quand elle est récente.

Le rouleau est fréquemment fixé sur un cylindre de bois ou d'os, dit iimbilicus, qui en assure mieux la conservation ; certains volumes, sous l'Empire, ont même deux ombilics ; sur l'un d'eux

1. G. Lafaye, aux mots Liber et Volumen, clans Saglio, Dict. des Ant. • W. Schubart, Das Buch hei den Griechen und Rumern {ILindb. der kôn. Museen zu Berlin)^ Rerlin, 1907, in-12 ; V. GardLhausen, Griechische Palàographie, I, 2» éd., Leipzig, 1911, 8°.

I E LIVRE BT I. KCRITTRK A I. FNCRE

s'enroule la partie du livre déjà lue, sur l'autre celle qui reste à lire. Sur l'un des lonj;s côtés adhère une étiquette de parchemin index, tidilus] qui indique le contenu de l'ouvraj^e, rendant le même service que les litres portés au dos de nos reliures, et les livres sont empilés sur des rayons, avec toutes leurs étiquettes en avant, comme le montrait un bas-relief trouvé autrefois à Nimègue <^t depuis égaré (fig". 09*2) *, ou bien rangés côte à côte dans la cnpsa, étiquettes en l'air (tig. CAH) -. On place les volumes de prix dans un feuillet non utilisé ou une memhrHUH de peau, et Ton rattache par un cordon le groupe de manuscrits se rapportant au même ordre d'idées '. Ces détails matériels ressortent, non seulement des textes, mais des (ruvres d'art, statues, reliefs et peintures *.

Fig. 692. — Bibliothèque gallo-romaine.

Les plus anciens fragments de papyrus rassemblés, non en rouleau, mais dans la forme du livre moderne (codex), ne remontent sûrement pas au delà du iv" siècle ; ce doit être là une création du Bas-Kmpire. Ln exemple d'enveloppe de codex [camisia^ nous est fourni par une vignette de la Aotilia dujnitnlum (fig. 693; "'.

t. D'après Chr. B^ou^^'c^ et Jac. Maseii, AniicjnUnlinn ei annaliuin Trevirensium lihri XX\\ Liège, 1G71, I, p. IOj.

2. D'après Mazois, Le I\tl;tis de Scaurns, 2' éd., I^aris, 1822, 8°, pi. vin p. US. '

3. Saglio, op. cU., fig. 756» ; Hirt, Duchrolle, p. 260, fig. 169.

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