LES DIEUX GRECO-ROMAINS
citharèdc Helbi^', 180-187 ; Sog:liano, 11)0-105 ; les peintres prennent souvent cleu\ tic ses attributs, la Ivre et surtout le griffon, comme pièces d'ornementation détachées Jlelbig, 191-199; Sogliano, 106-107). La physionomie attentive, concentrée, qu'il a dans quekjucs tableaux rappelle son rôle divinatoire (Ilelbig, 20.'î-*2O4 . Bien plus cjuc la sculjiture, la frescjue exploita le mythe
Fig. 381. — Ganymède.
de sa passion pour la vierge elTarouchée, Daphné. simple personnilication du laurier qui lui était consacré. Le dieu, gracieux, charmeur, se tourne vers la jeune iille, saisit un pan de sa robe ; un Kros l'aide à conquérir celle que la crainte semble uniquement posséder '. Les artistes évitent de traduire la métamorphose en laurier.
Pas davantage ils ne nous montrent changé en cyprès le jeune Cyparissus, fju'aima encore Apollon ; il est ligure presque nu, de formes plutnt féminines, assis sur un rocher, contemplant avec line stupeur douloureuse le cerf apj)rivoisé frappé par sa main ;
1. Hclhip. 205-215; cf. 211 = Mus. liorh., XII, 3:< ; Hoschcr, op. cil., l. 1, p. 9yi ; Mon. Ponip., vi ; Sofîliano, Vpltii, (ig. iO.
58 m. RKPERTOIRE DK LA PEINTURE ET DE LA MOSAÏQUE
dans le champ, le dieu qui l'observe, et quelque symbole comme le trépied apoUinien (Ilelbig-, 218-219 ; Sogliano, 109-110) ^
Au même Immortel se rattachait la fable de Marsyas, son rival téméraire ; les diverses scènes : le concours, le châtiment du satyre, donnaient matière à une copieuse liguration faite pour tenter les peintres; dans la « Maison d'Apollon», à Pompéi, elle couvre plusieurs murailles (Helbig, 232; cf. 224-231^).
Les silhouettes de Diane ne nous offrent rien de nouveau, sauf peut-être celle de Nizy-le-Gomte ^, une Diane au bain, d'un dessin gauche et barbare, curieuse par sa violente enluminure et le fond de tableau verdâtre qui fait ressortir la carnation. Pour l'avoir surprise ainsi sans voiles, Actéon fut mis en pièces par ses chiens ; nombre de fresques rappellent cet épisode (Ilelbig^, 249-252^; Sogliano, 1 15-1 18), et un mosaïste de Timgad a su rendre l'image du jeune chasseur reflétée par la surface de l'eau ^.
Le mythe de Vulcain est représenté par la scène vigoureuse de la forge, où travaillent avec lui ses compagnons les Cyclopes ^ .
Le cycle bachique. — Bacchus, dieu de la vie joyeuse, de la bonne philosophie naturelle, devait entre tous séduire les épicuriens de Gampanie ; non pas le Dionysos barbu et homme fait, de la Grèce classique, mais le Bacchus enfant ou adolescent, espiègle^ enjoué, à peine moins libre d'allures que son nombreux cortège. Ne le voit-on pas, un pied sur Pan que terrasse l'ivresse, lui verser encore et toujours le vin que celui-ci laisse échapper de sa coupe (Helbig, 403) ^ ? Pour rencontrer une figure grave de ce dieu, il faut se reporter au Bacchus ailé, à califourchon sur un tigre, d'une de ces mosaïques de Dèlos *" qu'exécutèrent, au moins pour partie^ des artistes syriens et où se trahit une influence asiatique.
Le thiase bachique ne nous offrira rien de très particulier, après les ouvrages de la sculpture. Silènes et satyrisques, Priape, Pan, Ménades debout, en marche, assises ou couchées, centaures, suivants des deux sexes, en dispute ou en danse, reparaissent chargés de leurs attributs, tels que nous les connaissions déjà, et le
1. Tiiéclcnat, Pompéi^ I, p. 12'2, fig-. 77; Sogliano, Vetlii, fig. 8; Herrmann, Malerei, pi. xlv.