Mus. liorb., X, 52; Uoscher, Lexikon, III, 1, p. 14S
6. Bulard, Dèlos, pi. .\iv ; tête agrandie, pi. xv (en couleurs).
F.FS DIELX GRtCO-ROMAINS 5î>
triomphe du dieu se déroule identique '. La seule nouveauté, c'est le groupe assez considérable des bacchantes, seules ou accompag^nées d'un satyre, qui, au milieu d'un ^rand panneau, sans^ lii,'iic de terrain, semblent planer dans l'espace (llelbi^, 478-491, ôl3-r>37: Soj^liano, 'ili-'^'iO, 2.'i7j -. Le dessin en est souvent sommaire, insutïisant, mais le coloris ag^réable, et ces fig^nres lég"ère& sont de celles où le décorateur alîlrme l'aisance et le brio de sou tour de main.
De nombreux tableaux retracent quehjue phase du culte bachique ! Helbi^, 5r)8-r)79 ; So^liano, "lil-'lil , ; nous nous bornerons à décrire « l'ensemble le plus considérable, le mieux conservé et le plus brillant de la peinture antique -^ », à savoir une série de fresques dues aux fouilles pratiquées en 1910 dans la « villa Item », au fondo Gargiulo (Pompéij. Il y a là plusieurs groupes disparates et mal reliés entre eux : simples décors architectoniques, images de laraires, intimités de gynécée. L'un d'eux "*, toutefois, se sépare aisément des autres et nous retiendra seul : il met sous nos yeux la réunion du thiase autour de Bacchus, l'éducation du dieu enfant par les soins des Nymphes et de Silène, l'enseignement des rites des mystères dionysiaques, inculqué, par une singulière transposition, au dieu même qui passait pour les avoir institués. Chose étrange, ces fresques à sujets mystiques faisaient le tour d'un * triclinium ; elles s'olTraient aux regards dans les fumées des. banquets, l'.t la note en est sévère, imposante ; elles évoquent letemps des vieilles croyances ; le modèle était ancien, plutôt hellénique (ju'hellénistique, emprunté peut-être, a-t-on dit, à quelque temple de Dionysos. Ce n'est pas le décor pompéien, où triomphe l'harmonie des couleurs, ou leur exubérance. Ici le fond est neutre : aucun trompe-l'œil ; l'impression générale est celle d'un haut-relief, où les personnages, comme dans un fronton, font saillie hors de la paroi et sont installés sur des sièges, degrés ou banquettes, qu'on croirait soutenus par la bordure inférieure des panneaux.
1. \i)^?ara, Mosniri, pi. i.wti, 3 ; Musée ALioui. Siippl. I. pi. xi ; Herrmann, Malerci, pi. .\.vv el i.\i.
'2. (If. Mon. Ponii)., \\\i ; Heirmann, Miilerei, pi. vi et .\xix à xxxii.
.3. K(l. Pottier, I\ev. arch., 1915, H, p. 321-.Vi7 (renvoie aux travaux antërieurs de De Petia, miss Mudie-O)oke, Hizzo, etc.). Voir encore II. Lcchat, Bet. des Ëtiiil. Hiic, X\ \'.H1,, p. 172-190.
i. Développement scliénialique dans le Joiirii.il o/ liurïtan Slutlics, 111, 1913, j). 158-1.Î9.
•60 m. RÉPERTOIRK DE LA l'EINTURK ET DE LA MOSAÏQUE
Un jeune enfant nu (Bacchus ou lacchos, on peut hésiter), entre deux Nymphes, lit attentivement un l'olumen ; auprès de lui une prêtresse, le front ceint d'une branche de myrte et munie d'un •rameau de laurier, porte des objets sacrés sur un plateau. Une femme assise, qui présente le dos, soulève d'une main le voile recouvrant la corbeille que tient une servante et de l'autre dispose, ■dans une seconde corbeille, des olfrandes sur lesquelles une deuxième auxiliaire, également couronnée de myrte, répand le contenu d'un flacon. Après elle, un gros Silène, levant la tête d'un air inspiré qui contraste avec sa lourde corpulence, tire des sons de sa lyre appuyée sur une colonnette. Et voici le cortège ordinaire du dieu : une jeune faunesse court-vêtue, aux oreilles eflilées, sert de nourrice à un faon dressé contre elle, tandis qu'un chevreau fixe le •spectateur, A côté de cette scène familière, Tartisle, à dessein, a placé rimage de Textase sacrée; elle anime une Ménade, dont le voile agité s'harmonise à ce délire, et qui surgit de face, hors de ses sens, étendant une main grande ouverte. Nouvelle opposition : un autre Silène, chenu et énorme, assis sur une base, se tourne avec calme vers la bacchante; lui-même échappe à ce transport, mais il va le communiquer à un satyre qu'il abreuve. Au dernier plan, un satyrisque presque enfant lève au-dessus du Silène un masque, symbole du théâtre, auquel préside encore Bacchus. Quand on entrait dans cette salle à manger, on avait devant soi le groupe central, aujourd'hui mutilé comme la scène suivante et où, naturellement, Bacchus attirait l'attention, grâce à son attitude, déjà ■connue par ailleurs: assis sur un escabeau, il renverse en arrière «on torse nu jusqu'à la taille ; le bras droit relevé repose sur sa tête, celle-ci abandonnée contre la poitrine d'une femme, qui occupe un siège plus haut et laisse pendre une de ses mains pardessus l'épaule du dieu, dont ses genoux soutiennent une jambe. Bacchus n'a que le pied gauche de chaussé, suivant un rite plusieurs fois constaté. Pour équilibrer ce panneau, où les lignes montent en diagonale, un grand thyrse à banderoles la coupe transversalement, appuyé sur la cuisse du dieu. Quelle est cette femme qui l'enlace? Ariane? iMais rien ici ne dénote l'idylle. l'>n -effet, au delà, deux femmes apparaissent : l'une s'enfuit, l'autre tient un plateau chargé de verdures fleuries. Entre elles et l'observateur, une troisième, genou en terre, lève avec précaution le voile étendu sur le vase mystique ; de son autre main elle a saisi un objet allongé, en pyramide, qu'elle montre à sa voisine.
Li:S DIEIX GRI'XO-ROMAINS GP
Ensuite, loute une série de lij^^ures léininincs prèlanl à contioversc» sauf la dernière qui clôt la scène: une simple bacchante danse en frappant des cvnibales et laissant llotter sa tunique. Après la femme ag^enouillée, une quatrième, qui semble vouloir la fusti;j^er de la baguette mince (pie brandit sa main droite, détourne la tète^ avec un ;;este de répulsion ; plus loin, une jeune lille apeurée» tombée sur les g^enoux, se cache la face contre ceux d'une femme assise, qui lui passe maternellement la main sur les cheveux et l'enveloppe de son écliarpe. Il est probable que ces airs de dé^^oùt ou d'ellVoi naissent en présence de l'objet tiré du vase sacré : un phallus apparemment, symbole de vie que les Grecs exhibaient erv leurs pompes religieuses, mais auquel les mœurs romaines refusaient toute dévotion, l'abaissant au rôle d'amulette, d'instrument prophylactique. A sa vue, une femme se sauve, l'autre se couvre le visa^'e, une troisième — ligure divine celle-là, Iris, Nikè ou l''rinye, à en juj^er d'après ses g^randes ailes noires — fait mine de châtier la propag'ation d'un rite impudicjue. Il faut alors conclure à une transformation du modèle, opérée très habilement par le peintre^ qui a su modifier une donnée sans dénaturer le style ; et alors cette i^n-andiose composition, où les personnag^es sont de plus haute taille qu'à l'ordinaire, nous révélerait le double aspect del'art pictural sous l'Kmpire : fidélité aux traditions classiques^ adaptation ingénieuse aux idées nouvelles.
\'énu6 el les Eros. — \'énus est aussi un des types favoris de co décor d'intimité. Déesse du bonheur, de la prospérité privée et publique — car elle porte la couronne tourelée — la célèbre Venutr Ponipeiaiia de la maison des Dioscures (llelbig, 295) ^ se drape des couleurs du ciel : elle porte un grand manteau azur semé d'étoiles d'or; sa majesté, que soulignent le sceptre et la branche d'olivier, n'empêche point le petit Amour de se hausser jusqu'à elle pour lui tendre le miroir. Kst-elle seule, elle se pare, ou s'élève au-dessus des Ilots — telle l'Anadyomène des Grecs ; mais plus généralement on la retrouve, sentimentale, auprès d'Adonis blessé -, ou triomphante, appuyée sur le genou de Mars, pendant que des l'>os, répandus autour deux, cherchent à se coiU'er du grand casque du dieu ou passent à leurs épaules le baudrier de son épée (Ilelbig, 3*20 ^.