I. LA PEINTURK
OÙ les soutenaient des cordonnets de chanvre ; ils gisaient en débris sur le sol ; on a pu heureusement les reconstituer K Mais en somme nous n'avons de cet art qu'un aperçu par les copies fort libres que des fresques nous en offrent ; celles-ci montrent encore comment étaient généralement compris et fixés au mur les tableaux encadrés, parfois munis de volets protecteurs -.
Dans quelle mesure la technique de ces peintres est-elle chose grecque ou invention latine? Il n'est point aisé de s'en rendre compte. Nos sources écrites sur la matière sont presque uniquement de basse époque : Pline, Pausanias, Lucien, Elien, Athénée rapportent des traditions déjà lointaines, mais vraisemblablement altérées; les théories du premier, tout spécialement, ont rencontré chez les archéologues une sévérité très compréhensible. On ne peut mettre en doute néanmoins les récits d'après lesquels la Rome primitive attira libéralement les peintres grecs; les décorateurs du temple de Gérés, au commencement du v^ siècle, s'appelaient Gorgasos et Damophilos ; des Romains d'adoption, comme Pacuvius de Brindes (n*^ siècle av. J.-G.) et Lycon, natif de l'Asie Mineure, enluminent, l'un le temple d'Hercule au Forum Boarium, l'autre celui de Jupiter à Ardée; il y aurait à citer encore beaucoup de noms helléniques avant celui du Romain Fabius Pictor qui couvrit de peintures, en 304, le temple de Salus à Rome. Ge Fabius ne nous est point signalé comme un novateur; il est à présumer que, disciple des Grecs, il copia leurs procédés et leurs formules. Une fresque retrouvée surTEsquilin (fig. 37'2) date incontestablement de la République; or elle rappelle la peinture décorative des Hellènes, par la division des sujets en zones superposées, comme sur les vases peints, par le fond blanc ou jaunâtre, crémeux, sur lequel se profilent les personnages, d'ailleurs tout romains de silhouette, enfin parce fait que le nom de chacun d'eux est indiqué au-dessus de lui.
Que valaient les vieux essais romains de peinture d'histoire, telsque les ouvrages reproduisant les épisodes des guerres puniques ? Messala exposait en 256 dans la Curia Hoslilia un tableau représentant sa victoire de Sicile sur Hiéron et les Garthaginois. Mancinus, qui le premier avait forcé les remparts de Garthagc, montra au peuple sur le Forum l'image de cet assaut^. Peinture électorale, a-t-on pu dire, et non sans trivialité, c'est probable. Ges