‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 58 sur 425 · MYTHOLOGIE ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

MYTHOLOGIE ÉTRANGÈRE

^ III. — Mijthol(Hjie étrangère.

La sculpture avait reproduit les types plastiques de toutes les divinités, à bien peu près, annexées par le panthéon gréco-romain. On ne constate pas sans étonnement que ces dieux étrangers sont exclus presque en totalité du répertoire des peintres et des mosaïstes. On s'expliquerait leur rareté : nombre d'ex-voto furent dédiés par des soldats aux frontières, logeant sous la tente ou bien dans de grossières constructions, où les décorateurs n'étaient jamais entrés. Il n'empêche que Home et la Gampanie comptaient un pourcentage élevé de population exotique et, parmi ces déracinés, des négociants enrichis, très en mesure de se créer des intérieurs de luxe où leurs protecteurs traditionnels les auraient environnés. Si, chez les dieuxorientaux, l'élément moral et vraiment religieux l'emporte sur l'élément artistique, ornemental, il reste étrange malgré tout que les seules exceptions à indiquer en ce paragraphe concernent TEg^pte. Est-ce à dire qu'une mode, si marquée dans la fresque et la mosaïque, ait introduit ces motifs pour leur caractère égyptien plutôt que pour leur contenu religieux ? En Egypte même, la maison du Fayoum déjà étudiée fait voisiner Tyché, Athèna, Dèmèter et Goré avec Souchos, Isis, Ilarpocrate et un Dionysos rappelant Horus escorté de son chien '. Si, réellement, c'est un thème de pure décoration que les peintres d'Italie ont adopté, ils ont été jusqu'à choisir des cérémonies cultuelles - ; et les ligures égyptiennes ne se sont pas retrouvées seulement à riséum de Pompéi, mais dans plusieurs maisons, très dispersées, de cette ville, d'Herculanum et de Stabies. G'est Ilarpocrate le silencieux, c'est Anubis à la tête de chien, Isis, et aussi des prêtres '^ et jjrêtresses de celle-ci, avec leurs attributs constants : lotus, sistre et situle. Parfois ces attributs sont ligures seuls ou au milieu d'animaux de signification semblable ; nous mettons hors de cause le sphinx, devenu un simple poncif de remplissage.

Les scènes du culte d'Isis comptent parmi les fresques les plus connues du musée de Naples, une surtout, d'un grand ell'et maigre les fautes de dessin, et d'où se dégage une telle impression de

Page 1