‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 61 sur 425 · Ilerrmann, Malerei, pi. lxxxvi · texte numérisé non relu

Ilerrmann, Malerei, pi. lxxxvi

LES HEROS

tîiquiiié par une bande d'Kros, Omphale assise près clo lui, et le thiase bachique, à Tarrière-plan, conlemplant la scène. Tantôt debout, alTublé d'alours féminins, parure grotesque pour ce torse puissant, ce cou énorme, cette face barbue, il tenait d'une main une longue baguette à guirlandes, le bras droit passé autour du cou de Priape, qui étalait pour lui un pan de son manteau rempli de raisins et autres fruits ; aux oreilles du héros travesti retentissaient , d'un C(")té le tympanon d'une bacchante, de l'autre la double ilùte de Cupidon : des /?<//// découvraient Priape, s'emparaient du carquois ou du skyphos d'Hercule, pendant qu'à droite Omphale, impassible et digne, coiiTée de la peau de lion, s'appuyait sur la massue ;ilelbi-, 11 40)».

Cette vie agitée avait de scabreux chapitres. Dans un moment d'ivresse, Flercule a déshonoré la fille du roi Aléos, Auge, prêtresse dWthèna. Craignant le courroux paternel, elle dissimule les suites de sa faute et cache dans le temple le petit Tèlèphe qu'elle a mis au monde. Sacrilège afTreux ! Une peste survient, qui désole la contrée. Le roi, éclairé sur ses causes, fait exposer l'enfant sur une montagne, où une biche, en secret, ira l'allaiter. La fin du mythe se prêtait peu aux représentations figurées. On s'est borné à peindre le héros, égaré, vacillant, abordant Auge et ses compagnes qui lavent du linge au bord d'un ruisseau ^, et plus tard allant en Arcadie admirer son enfant, qui porte à sa bouche les tétines de sa nourrice quadrupède, pendant que celle-ci, maternelle, le lèche complaisamment comme elle ferait de ses petits (Ilelbig, 114.3) -^

Les justes noces d'Hercule avec Déjanire finissaient moins favorablement. Le couple en voyage était arrivé au bord d'un fleuve devant lequel habitait le centaure Nessus, investi d'un droit de passage sur les voyageurs. Une peinture du musée de Naples {Helbig, 1146) ' montre celui-ci agenouillé et semblant offrir pour la traversée ses bons otTices. Hercule écoute avec méfiance, appuyé sur sa massue, tandis que Déjanire, debout dans son bige, va prendre leur enfant, Hyllus, perché sur l'épaule paternelle. Enfin le héros

1. Herrmann, Malerei, pi. m en couleurs et i.rx-i-x : Saj^lio, Dicl. des Ant.^ fip. .1772. Cf. mie mo'^aKHic clu Capitole : Ilelbi;,'-, Fiihrer, I, n" OOT).

2. Gusmau, Pom/JCi. p. 142; Sogliauo, \'ellii, fij;. .57; Ilcrrniann, Mnlereiy pi. XI.VII.

3. Mau, Pnmpei, p. 537, fi;.^. 296; VValdstcin, Ilerculancuin, pi. wii ; Ucvv-, inann, Mnlerei. pi. i.xxvm à i-xxx.

i. Sa^'lio, iJict. des Ant., fi[^. 377»). Réplique : Sogliauo, 301 ; cf. 502 = Ilcrrniann. MnU'rei. pi. i.xx.

SO m. RÉPERTOIRE DE LA PEINTl RE ET DE LA MOSAÏQUE

^e décida, franchit seul le fleuve en avant, ayant confié sa fennme ^u centaure, qui, parvenu au milieu du courant, voulut faire violence à Déjanire. Dans une mosaïque de Madrid *, on voit le Tiéros, averti peut-être par des cris, qui brusquement se retourne •et décoche une flèche au passeur téméraire. On sait le dénouement : sur les conseils de Nessus expirant, Déjanire recueillit le sang répandu par le trait empoisonné ; c'était un philtre pour ramener Tépoux, si d'autres femmes le détournaient. Orlole l'avait séduit; il Tenleva après avoir tué le père et les frères de la prin- «cesse. Le voici, contre un mur de la villa de Boscoreale ^, assis «urun trône d'or et d'ivoire, aux côtés de la jeune femme à laquelle il va s'unir. Mais la délaissée lui impose la fatale tunique imprégnée du sang de Nessus. Il éprouve aussitôt d'insurmontables tortures •et n'y échappe qu'en montant sur le bûcher.

Ses luttes sont finies; ravi dans l'Olympe, il y reçoit l'immortalité et y obtient pour épouse divine Hébé, personnification de la jeunesse éternelle ^.

Dans les appartements trouvaient encore place quelques scènes violentes, sans nul attrait sentimental. Un tel choix, où le propriétaire ne devait pas être pour grand'chose, tenait évidemment à <îette habitude des ateliers de confondre tous les répertoires artistiques et d'emprunter à la sculpture des thèmes pour la fresque. Les urnes étrusques avaient déjà popularisé en Italie le châtiment de Dircé, épilogue d'une confuse et banale histoire de querelles de familles. Dans plusieurs peintures (Helbig, 1151-1153; Sogliano, 503) ^ la malheureuse apparaît, liée par une corde à un taureau qu'excitent contre elle Amphion et Zèthos, fils d'Antiope, victime >des mauvais traitements de Dircé. Le massacre des Niobides, petits-enfants d'Amphion, est beaucoup plus rare sur les murailles que sur les sarcophages. Les aventures de Méléagre, au contraire, ^ont très souvent reproduites (Helbig, 1162-1165; Sogliano, 507- 512), mais dans un autre esprit; on n'y voit ni la mort, ni la TDlessure du héros, et Atalanle est au premier plan parmi les figurants.

La peinture n'a traité qu'une partie de la touchante histoire

1. Roscl.er, Lexikon, III, 1, p. 285. Pour les peintures, cf. Rodenwaldt, Jiomposiiio7i, p. 55 et suiv., fîg. 7 et 9-10.

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