Mosaïques de Tunisie, t.lj
de Didon à Knée : la reine pendue au cou du héros, dont on ne voit plus que la tête, avec la sœur de Didon, Anna, sa confidente émue ; et, d'autre part, dans une peinture très effacée de Pompéi (Helbig, 1381^) ^ Didon désespérée suivant des yeux la galère que l'horizon va lui masquer — tel le vaisseau de Thésée se dérobant aux regards d'Ariane délaissée.
Puis Énée aborde en Sicile, et des jeux sont donnés pour célébrer l'anniversaire de la mort de son père Anchise. Deux mosaïques de Gaule ^, copies d'un même modèle, en rappelaient un incident, la lutte de Darès et d'Entclle : les deux adversaires, entièrement nus, les poings armés du gantelet, viennent de se séparer ; Entelle vainqueur s'avance, cambrant son torse herculéen ; plus loin, .Darès s'éloigne tristement, baissant son front d'où le sang coule ; au dernier plan, le taureau, prix du combat, la tête fracassée par le ceste d'Entelle, lléchit les genoux et s'abat.
On représentait également Enée au pays des Cyclopes, abordant avec ses compagnons et saisi de surprise devant l'un de ces étranges individus, vêtu d'une peau de bête, la flûte de Pan suspendue à son cou ^ ; et le héros, recevant de sa divine mère et contemplant les armes forgées pour lui par Vulcain ^ (Helbig, 1382). Ailleurs il reparaissait blessé — par Phegeus (?) ou Diomède, on ne sait — , appuyé sur l'épaule du jeune Ascagne en pleurs, tandis que Vénus sa mère se montrait à ses yeux et que le chirurgien, agenouillé, lui administrait les premiers soins (fig. 399 = Helbig, 1383).
En somme, une faible variété de tableaux, généralement uniques.
On en peut dire autant des fables qui enjolivent un événement à peine moins reculé, la fondation de Rome.
Dans une fresque de cette ville, l'histoire de Rhéa Silvia se déroulait en une série de scènes, sur un même fond de paysage ^. Nu, mais casqué. Mars glissait du haut des nuages vers la Vestale, maintenue dans les rêves par le dieu Sommeil, figuré derrière elle avec ses pavots ; un jeune berger assistait seul à la visite. Sur la gauche s'assemblait un groupe de Saliens ; puis l'on voyait la prêtresse coupable traînée en prison, cependant que Mercure lui montrait les deux jumeaux et leur nourrice, la louve, sous le ficus Bu nu-