‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 108 sur 426 · HT, CU. CUVE · texte numérisé non relu

HT, CU. CUVE

auteurs ou les inscriptions qu'il faut interroger pour connaître le rituel ‘. Nous rappellerons toutefois que l'on possède quelques images de fidèles en oraison. On sait que les anciens, -pour prier, élevaient les mains vers le ciel, verticalement, jusqu'à hauteur de la figure, de telle sorte que la flexion du coude formait un angle droit, tandis que les chrétiens, comme le prouvent de nombreuses peintures des catacombes, écartaient les bras du corps et les étendaient dans une position presque horizontale. Quand la prière accompagnait un sacrifice, 1l était de règle de tenir l'autel tant qu’elle durait, et, lorsqu'on avait termimé, d’approcher la main de la bouche pour envoyer un baiser à la divinité: geste qu'on avait coutume dé répéter toutes les fois qu'on passait devant un temple ou quelque lieu sacré. Pour ces marques de. piété le fidèle restait debout. La supplicatio, par contre, se faisait souvent à genoux : on se prosternait devant le dieu, on lui baisait les pieds et les mains ;. on heurtait du front le pavé du sanctuaire. Cette forme de dévotion venait de l'Orient ; elle était ignorée de l’ancien culte romain.

Le sacrifice, au contraire, Al Ra re. aux traditions religieuses de Rome. Elles en connaissaient de deux sortes : les sacrifices sanglants et les sacrifices non sanglants.

Ces derniers consistaient en offrandes des produits de la terre ou de l’industrie domestique : prémices des moissons et des fruits, mola salsa, dont nous avons parlé à propos des vestales, aliments, gâteaux, vin, lait caillé, parfums. Les divers présents étaient répandus en tout ou en partie dans la flamme allumée sur les autels et par là détruits au profit de la divinité à laquelle l'hommage s'adressait. Ce genre de sacrifice portait le nom de libatio. On ne compte pas les bas-reliefs religieux, historiques, funéraires où cet acte est représenté ?.

Le sacrifice sanglant était l’oblation et la mise à mort d'animaux, variant suivant les dieux ou les déesses honorés. Nous avons déjà parlé au livre II des diverses phases des sacrifices romains à propos des monuments qui nous en ont conservé le souvenir ?. Nous rappellerons seulement que, par une première opération, on choisissait la victime. Cela fait, on la parait en vue de la cérémonie. On dorait les cornes ; on entourait la tête de guirlandes

Cf. Saglio, dans son Dict. des Ant., au mot Adoratio. Voir, par exemple, nos figures 70, 342.

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