Saglio, op. cit., fig. 244, et au mot Linter
5. Saglio, ibid., fig. 5271-5272 ; S: Reinach, Reliefs, IIT, p. 90, 2-3.
6. Saglio, ibid., fig. 5281; Reinach, op. cit., I, p. 332-333, 339-340, 349-343, 391-353. :
absolument conventionnelles ; les documents figurés ne sont pas clairs et 1ls se contredisent ; il dut y avoir des différences de structure, mais surtout les sculpteurs n'auront obéi qu’à leur fantaisie. 11 semble bien malgré tout que leslignes de rameurs étaient droites et ne suivaient ni la courbe extérieure, ni la courbe descendante dela coque ; dans le sens transversal, on les restitue volontiers en quinconce. | | De même, les dimensions des navires ne sont point révélées par lés monuments; le sculpteur n'hésite pas à donner celles d’une » barque à des hburnes et y réunit une douzaine de rameurs. Des textes isolés indiquent les proportions de quelques bâtiments de | commerce, qui avaient une longueur de quatre largeurs environ et mesuraient quelque 120 coudées. Les vaisseaux de guerre grecs paraissent avoir été plus étroits que les romains. Toutes les dimen- - sions s'évaluaient par rapport à l'espace (interscalmium) entre les - tolets qui retiennent chaque rame à la carène : environ 5 pieds dans - le sens horizontal... En hauteur, l'intervalle entre les bancs était * bien moindre, peut-être quelquefois d’un pied seulement; il fallait, même. aux grands vaisseaux de guerre, une faible hauteur audessus de Ia flottaison; leur sécurité dans les tempêtes était à ce prix. À la journée d’Actium, les plus formidables unités d'An- » toine, à dix bancs de rames, — qui causèrent sa défaite —, n'auraient cependant pas laissé plus de dix pieds hors de l’eau ; … mais ce ne sont pas dés techniciens qui donnent ces chiffres, très sujets à caution.
Le tonnage commercial était de beaucoup le plus fort; les duteurs RAR un aperçu de certaines cargaisons, ee en . talents ou en amphores, mesures très approximatives. En tout cas, Lie Tibre était navigable jusqu’à Rome pour des vaisseaux de guerre »à dix bancs, quand les bateaux marchands de 3.000 talents (environ 80 tonnes) devaient s'arrêter à l'embouchure. Les plus gros à transports atteignaient, croit-on, à peine le triple de ces chiffres, . exception faite des bâtiments qu'on destinait à véhiculer une masse 1 ‘énorme et indivisible, comme les obélisques amenés d'Égypte pour décorer quelque cirque.
…. L'embarcation « cargo » est aperla, l'unité de guerre générale- D tecla, constrata, c'est-à-dire qu'un dispositif abrite les -rameurs contre les coups de l'ennemi ; ils sont, en effet, dissimulés “dans le relief de Préneste (fig. 519), au Vatican. Dans ceux de “la colonne Trajane, cette protection n'apparaît pas, mais au cours
300 YIf. BATEAUX DE GUERRE ET DE COMMERCE
de la guerre dacique les vaisseaux avaient en réalité un rôle de simples transports. |
Naturellement, le bois à peu près seul entrait dans la construction navale ! ; les essences employées dépendaient des ressources locales, mais le chêne seul était jugé assez dur pour la quille, lorsque le vaisseau devait être par moments halé à terre, comme il
Fig. 519.— Navire de guerre romain.
(Cliché du musée de Saint-Germain).
arrivait à tous les navires decombat. On rendait les joints étanches |
avec de la filasse, ou autres matières compressibles, fixées par de la cire ou du goudron végétal fondus au feu, dont on recouvrait en outre toute la paroi extérieure. Sur cette couche protectrice on étendait le plus souvent des couleurs à l'encaustique; les pirates
faisaient choix, pour se rendre moins visibles, des nuances rappe- .
lant les tons glauques de la mer ; les bâtiments de plaisance ou appartenant à de riches armateurs étaient en outre ornés,
suivant une tradition reçue des Grecs, de véritables dessins et
figures.
Le procédé rapide et économique, pour assembler les éléments
de la coque, consistait à y enfoncer des chevilles de bois; mais aux
1. Bateau en chantier, relief de Ravenne : H. Gummerus, Jahrb. | des Inst., XX VIII (1913), p. 91 etsuiv., fig. 15.
uros bâtiments les clous de métal convenaient mieux, spécialement les rivets de bronze, qui ne rouillaient pas.
La carcasse comprenait essentiellement : 1° une quille, relevée à l'arrière jusqu au pont, et aussi à l'avant dans les navires de com-
merce ; 2° une série de côtes dressées verticalement, qu'on façon-
nait à Li Fadhe Les côtes se courbaient dans le haut, marquant une concavité intérieure; on les reliait entre elles, extérieurement, par
des bordages horizontaux : et ceux-ci étaient eux-mêmes Le d'habitude par des préceintes, pièces de bois de plus forte épais-
seur, tendues par intervalles de l’avant à l'arrière, el par de gros
Cables sur les navires de guerre. Les avirons traversaient la carène
par des sabords ; les monuments font voir que, par imitation des
… usages grecs, une poche de cuir, à chaque sabord, enveloppait la rame ; celle-ci évoluait librement et l’eau ne pouvait pénétrer. À
l'intérieur, chaque paire de côtes était réunie dans le haut par des traverses de bois,qui en garantissaient la fixité et les maintenaient
écartées, malgré la pression des bordages.
Les gaillards . surélevés, à l’avant et à l'arrière, sont devenus.
- exceptionnels chez les Romains; mais en poupe les galères des.
colonnes Trajane et Aurélienne ont une sorte de cabine pour le capitaine, toute en osier tressé ; ou bien des arceaux de jonc supportent une toile de tente, destinée.,aussi à l’abriter. Sur le pont, même dans lesnavires nie exposés à de mauvaisesrencontres, se dressent des tourelles, d’où les matelots peuvent lancer des projectiles sur l'adversaire; pour qu'elles ne pussent par leur poids compromettre la stabilité du navire, on les faisait susceptibles de monter ou descendre par une manœuvre rapide; normalement,
elles restaient dans la coque.
L'avant du navire de guerre est muni d’un éperon, appelé rostre, car 1] ressemble à [a gueule proéminente d'un animal sauvage ou au bec pointu d’un gros poisson; on lui donne volontiers la forme d'un groin de sanglier, ou on le dispose en trident ; parfois d’autres éperons plus petits s'étagent au-dessus du gros, pour
agrandir la déchirure causée par le choc. En prévision de ce
coup, le bas de lacarène a des préceintes plus résistantes. En géné-
… ral, le vaisseau porte en proue, à l'épaule, une peinture ou un
relief symbolique, souvent en rapport avec le nom qui sert à
… l'identifier comme une personne ! : par exemple, un monstre marin,
1. Nomenclature deces noms de navires, noms dedivinitésougéographiques, noms d'animaux, vrais ou fabuleux, dans De Ruggiero, Dizionaris ‘epigrafico, au mot Classis.
302 VII. BATEAUX DE GUERRE ET DE COMMERCE . | e
un crocodile, un cygne ; un œil grand ouvert, ou plusieurs super- . posés, lui assuraient les bienfaits de la magie. Le bateau représenté dans un relief Torlonia ! porte à la proue l’image en relief de Bacchus, à la poupé une statue de la Victoire couronnant, et au sommet du mât une seconde Victoire à peu près semblable. Un autre, sur le tombeau de Naevoleia Tyché, à Pompéi, présente à l'avant un buste de Minerve. Proue et poupe, très. relevées, s’achèvent, soit en volute, unique ou bifide, soit en col de cygne, : plus ou moins renversé sur la cabine dont nous avons parlé. De ces … pièces de charpente, celle de l’arrière prend le nom d’aplustre: elle protège le timonier contre le vent et les embruns. Le vamqueur . l'enlevait du bateau dont il s'était rendu maître; aussi figure-t-elle souvent dans les trophées. |
Par les yeux ou tout près d'eux passaient les câbles des ancres. Celles-ci, d'après les bas-reliefs (fig. 520) ?, ressemblaient beaucoup à celles d'aujourd'hui, sauf que les pattes triangulaires terminant les bras ne paraissent qu’à la basse époque. Les exemplaires … retrouvésen mer n’ont plus que les bras, de fer ou de plomb ; la verge et la barre transversale (jas), toutes deux en bois, ont péri.
Fig. 520. — Ancre, poulie et câbles.
A chaque bout était un anneau, où l'on engageait, d'une part, un chaîne d'attache; de l’autre, un cordage dont l'extrémité, sou-
A Saglio, Dict. des Ant., fig. 5295; S$. Reinach, Reliefs, III, p. 344, 4. k L 2, Relief de l'arc d'Orange (Saglio, op. cit., fig. 321 ; Espérandieu, Bas=… reliefs, I, p. 202). | |
- levée par une bouée de liège, marquait la place précise de l'ancre !. - Câbles, chaînes et cordes étaient amoncelés vers les deux pointes - du navire; en poupe, ils servaient à l'amener à terre ?. … La direction est donnée de notre temps par le gouvernail, dû à une invention du moyen âge, indispensable en outre comme point … d'appui dans la navigation à voiles; les anciens le remplaçaient par - des paires de grandes et larges rames placées de part et d'autre de . la poupe — et de la proue si l’'embareation était faite pour voguer dans les deux sens. Elles se fixaient à même hauteur que les avirons + du rang supérieur. I] arrivait qu’une barre horizontale reliât les deux - manches des gouvernails, permettant de leur imprimer des mouvements simultanés et parallèles *.
Pour le gréement, l’analogie est grande avec les systèmes . modernes ; notre mât d'artimon est même directement emprunté « àl'artémon grec, dont le nom passa dans le vocabulaire latin - comme celui du dolon ; tous deux désignaient à la fois le mât et la - voile. Généralement il n'y avait que deux mâts au plus ; le troisième ne paraît que vers 50 avant J.-C. Les monuments attestent … la rareté des voiles triangulaires; la plupart étaient carrées, ratta- … chées dans le bas, aux deux angles, par des cordages, le côté supé- « rieur étant fixé à une vergue en un ou deux morceaux. Une qua-
avis
2 | Fig. 521. — Bateau en déchargement.
Le fusaf CLS
‘trième voile, triangulaire celle-là, pouvait encore être déployée … entre la vergue et le sommet du mât. On abaissait le grand mât des 4 bateaux de guerre avant la bataille, car le choc de l'éperon eût pu … le rompre par contre-coup ; la même manœuvre s'imposait aux
Lens E
da: Cf, Reinach, Reliefs, HP DY.217, 2. Saglio, op. cit., fig. 5280.