Thédenat, op. cil., p
mode issue de relations bien plus étroites et plus constantes avec l'Égypte ; c'est en ce pays qu'il a dû se constituer, quitte à se compliquer, à Rome et en Campanie, par la pénétration réciproque des influences grecques et romaines.
La paroi est divisée en de nombreux champs par une architecture conventionnelle, que caractérisent principalement la prodigieuse gracilité de sesmembres, leur fantaisie sinueuse, tournoyante, leur aspect fréquemment ajouré. Architecture irréelle, qui n’a Jamais existé, répète-t-on après Vitruve. L'assertion n’est pas entièrement vraie, puisque ces supports fantastiques semblent bien dériver, au moins dans leurs plus anciens modèles, les moins compliqués, de cette architecture en bois et en roseaux, appliquée au tabernacles d'Orient, qui admettait les entortillements de lianes où de guirlandes, avec la plus libre variété dans les profils des bases et des chapiteaux ; puisque, aussi bien, l’on retrouve encore un souvenir de la tente dans les pavillons monoptères, aux portiques arrondis et aux faîtages coniques, qui fourmillent dans ces représentations. Mais l'exagération est venue très vite et les excès en ce. genre se manifestent dès le troisième style.
C'est surtout dans les zones supérieures des parois que s’accumule le décor architectonique, au point d'en couvrir toute l'étendue. Au-dessous, le centre des panneaux est souvent occupé par un tout petit sujet, emprunté pour une part au formulaire égyptien, avec sa faune et sa flore, ses types humains, ses pygmées, ses scènes marines, etc... Mais beaucoup d'autres motifs ne doivent rien à la vallée du Nil, car on y voit prédominer les sites montagneux et sauvages, d'aspect tragique, aux arbres dénudés — souvenirs peutêtre d'un art du paysage pratiqué en Asie, — sans parler Es tableaux mythologiques purement grecs.
Les, nuances sont adoucies : le noir profond, le rouge vif, le jaune éclatant deviennent exceptionnels ; le blanc joue un grand rôle, ainsi que le brun, le jaune pâle, le bleu léger, les verts atténués, les tons neutres et jès couleurs éteintes. |
Nous avons relativement peu de spécimens de cette manière (maisons de Jucundus [fig. 376] !, des Petits Amours dorés, etc...) et en effet elle n’était point pour plaire, dans sa discrétion et sa finesse, aux riches citoyens si portés à l’ostentation. Elle représente néanmoins la meilleure époque, et la plus courte, de la peinture