GÉNÉRALITÉS., LA TECHNIQUE
L'étude de cette forme d’art est facilitée par le nombre immense des ouvrages conservés — on en compterait des milliérs — et par les répertoires en cours ou achevés. Notre Académie des Inscriptions s'est chargée de faire inventorier les exemplaires de Gaule et d'Afrique et d’en reproduire les plus beaux par la gravure. Pour les collections de Rome, une publication partielle existe déjà. Il a fallu cette surabondance pour qu'on reconnût l'évolution de la mosaïque romaine. La date de chaque morceau, pris en lui-même, est en général très peu sûre. On a, le cas échéant, unelimitesupérieure — époque de fondation de la ville où 1l fut retrouvé —, ou inférieure — telle l’éruption du Vésuve en 79 pour les spécimens de Campanie. Un œ1l exercé se fait une moyenne d'après les matériaux, le style, le sujet ; mais ces données changent de valeur d’une région à l’autre ; souvent le décor est purement géométrique ? et
sans figures ; des cahiers de modèles auront prolongé la
survivance de thèmes invariables. Un pavement n'est pas toujours contemporain de l'édifice où ilest encastré : usée par le frottement, la mosaïque a pu être restaurée selon un autre prototype ; rapiécée, après dommage limité, de façon plus ou moins conforme au caractère de l’ensemble, pourvue enfin sur le tard d’un emblèma auquel ne correspondait point l'encadrement primitif, Une chronologie relative * résulte parfois de la superposition de plusieurs couches suivant un usage qu'on a relevé en Afrique. L'essentiel n’est pas,
en définitive, de dater exactement une réplique sans importance,
mais de reconstituer, dans les grandes lignes, l’histoire de cette technique et de ses applications ; on y est parvenu. - Il faut partir des procédés matériels pour se rendre compte de la formation des types artistiques. |
A. — Une localité du Latium, Signia, possédait des fabriques de tuiles renommées. On utilisait les déchets, on conservait les
pièces cassées, on les pilait soigneusement et, de la poussière ainsi
obtenue, mêlée à de la chaux, on faisait un ciment rougeûtre, facile à modeler et imperméable, propre à fournirun excellent pavage intérieur. Il en reste de nombreux vestiges à Pompéi ; il ne paraît pas avoir été connu en Orient ni en Grèce, où les pluies sont plus