‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 3)Chapitre 29 sur 426 · Nogara, Mosaici · texte numérisé non relu

Nogara, Mosaici

2, Germain de Montauzan, thid. ; ces mosaïques de Lyon témoignent d’ail-

leurs d’une ingéniosité extraordinaire dans les combinaisons de lignes et par-

fois d'un sens très fin des effets de perspective. 3. Cf. les observations de Blanchet, Edif. de la Gaule, p. 121.

rares et l'humidité bien moindre. Mais il s’effritait vite et de façon irrégulière, davantage dans les endroits exposés au stationnement, long ou répété, des personnes. Pour en accroître la résistance, on y insérait par places des lapilli, cailloux ronds ou plats pris, soit sur les grèves, soit dans les torrents, ou débris rocheux brisés au marteau. Ce n’en était pas moins toujours l'opus signinum, puisque la terre de Signia demeurait l'élément principal de la combinaison. Celle-ci, par suite de l'inégalité des cailloux, était POLE pratique qu éléatite,

Or l'art pouvait s'unir à la commodité. L'Italie était riche en carrières de marbre ; on tailla donc dans cette pierre de petits dés réguliers, qui furent ajoutés ou substitués aux lapilli, en les

rapprochant, on réalisa des ébauches de dessins servant à marquer

les divisions générales des appartements, la place des lits de repos, ou du triclinium, ou bien groupés devant les grosses pièces du mobilier, coffres, dressoirs, autour desquels on s'attardait. Telle est la vraie mosaïque italienne, du moins par ses origines. Elle se compliqua ; le décor prit du champ, mais sans cesser d’être purement linéaire ; on y recourait notamment pour fixer dans le sol des inscriptions, comme cette dédicace à Jupiter Jurarius découverte dans l'île du Tibre, et qui se détache en lei here sur le ciment rouge Î.

C'est vers l'Orient, au contraire, que nous reporte l'opus sectile, parce que là surtout, et M en Égypte, foisonnent ee pierres dures, en particulier les roches éruptives, basaltes, granits et porphyres ?. Ce sectile résistait mal, faute de plasticité, à l’action des pas ; il convenait beaucoup mieux au revêtement vertical, auquel on attachait plus d'importance en ces contrées. On découpait des lamelles et on les collait sur la surface à masquer, de manière à produire des figures généralement géométriques, épis, damiers, étoiles, plus rarement des silhouettes d'êtres animés. Il y avait la ressource de dessiner au préalable le sujet en appliquant sur la matière de fond, dalle de marbre par exemple, une plaque où le motif était rendu par des jours ; on évidait selon l’esquisseetl'on bouchait les trous avec des parcelles d'un marbre différent, ou de plusieurs ; cette méthode de l’incrustation est restée en vogue en Italie pour de longs siècles.

1. M. Besnier, L'Ile Tibérine ‘dans l'antiquité, Paris, 1902, 8° ÿ p: 255 et

suiv., fig. 26.

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