D'après Nogara, Mosaici, pl. xx1, xuix à Lu (détails
2. Roscher, Lexikon, III, 2, p. 1916; Herrmann, Malerei, pl. iv; réplique pl. Lv.
3. Roscher, Lexikon, III, 1, p. 1007 ;: Mau, Pompei, p. 374, fig. 200 ; cf. Rodenwaldt, Komposition, fig. 27; Sogliano, Vettu, fig. 69; Herrmann, Malerei, pl. exv et exvi. :
silhouettes des prisonniers sont frappantes par la qualité du dessin
et la profondeur de l'expression : Oreste, en avant, incline son beau
visage empreint d'une résignation mélancolique, comme accablé par
un pressentiment ; Pylade, plus ferme devant la destinée, relève la
têteavec un air de fiertéen révolte. Des gradins, au delà, conduisent au seuil d'un temple dont une tenture masque l’entrée. La prêtresse — sa tête est effacée — vient d’en sortir ; elle s'apprête à descendre vers l’autel, où brüle l’encens, pour accomplir le sacrifice.
Reste à énumérer divers mythes secondaires et indépendants, qui ont donné naissance à quelques ouvrages notables ou ont fréquem-
ment tenté les peintres.
Les décorateurs ne se soucièrent jamais de moraliser ; il est bien peu de leurs créations d’où se dégage une ébauche d’enseignement, une exhortation implicite. S1 cette tendance eût existé,
À Ja légende d’Ixion l’aurait servie. On sait que ce Thessalien, par-
jure et meurtrier, à qui Jupiter avait pardonné, eut la folie de
vouloir faire violence à Junon, trompé par une nuée qui ressemblait
à la déesse. La mesure était comble. Le maïtre des dieux ordonna Mercure d’attacher le coupable, par les mains et les pieds, une roue de feu — ou à une roue ailée, plusieurs versions couraient —, sur laquelle 1l devait être supplicié aux Enfers pour l'éternité. Une peinture unique ! retrace le châtiment. Le malheureux, qui, dans ses souffrances, proclamait inviolable le devoir de oratitude, est relégué, incomplètement représenté, dans un coin du tableau ; Mercure pose une main sur la roue forgée par Vulcain ici présent ; Junon est majestueusement assise sur son trône, derrière
| lequel se tient, pour le contraste, la céleste image d'Iris (fig. 377,
au milieu).
L'histoire singulière de Dove roi des Édones, qui osa effrayer les gardiennes de Bacchus enfant, ou, selon les récits, se moquer de ce dernier, signifiait tout entière qu'il faut se ete de s'attaquer aux dieux. Les mosaïstes qui s’en sont inspirés ont fait choix
. d’un seul épisode, mais qui permettait de marier agréablement le
. bah nil “és
végétal et la figure humaine. Lycurgue, armé de la double hache qui le distingue, s’est élancé sur la nymphe Ambrosia, qui tombe sur les genoux. Une scène intermédiaire nous manque : émue de cette détresse, la Terre Mère prit la vierge en son sein où elle
1. Sogliano, Vettü, pl. 1x; cf. p. 296 ; Herrmann, Malerei, pl. xxxix.
devint une souche de vigne. Nous voyons seulement les pampres
enchaînant le furieux, qui frappe de droite et de gauche et qui, dans sa démence, croyant trouver partout des ceps, finira par tuer ses proches !.
D'autres mythes aussi désolants sont généralement évités, ou l'on esquive les plus lugubres passages.
Nisus, roi de Mégare, avait une fille, nommée Scylla comme le monstre marin. Minos, roi de Crète, assiégeait cette ville ; la vie et la victoire de Nisus tenaient à un cheveu d’or, ou de pourpre, mêlé au reste de sa chevelure. Scylla, follement amoureuse de Minos, coupa le cheveu fatal et, Mégare ayant succombé, vint le présenter à l’heureux vainqueur. C’ est la scène de transition qui fut peinte dans la maison des Dioscures (Helbig, 1337) ? : Minos, jeune et brillant souverain, voit entrer deux femmes dans son palais ; l’une âgée, simplement coiffée d’une pièce d’étoffe enserrant le front, et levant les bras pour rendre son discours plus persuasif, est probablement la nourrice de l’autre qui tend au roi le cheveu de pourpre; Minos détourne la tête, esquisse un geste de répulsion. L'artiste s’est borné à la peinture de cet amour insensé, négligeant la fin : Scylla attachée à la poupe d'une galère et noyée dans les eaux du golfe Saronique.
Narcisse, fils du fleuve Céphise et d’une:nymphe, avait reçu en naissant une beauté incomparable. « Parviendra-t-il à la vieillesse, demanda sa mère au devin Tirésias. — Oui, s'il ne se connaït pas.» L'enfant grandissait, attirant à lui tous les suffrages, mais les dédaignant tous. Une amante repoussée émit.ce vœu : « Puisset-il aimer à son tour et ne pas posséder l'objet de sa tendresse ! » Or Narcisse, fatigué de la chasse, allait s'étendre au bord d'une claire fontaine. Se penchant pour y boire, il aperçoit pour la pre-