VII. LES MONLMENTS RELIGIEUX
Le temple A renferme une nef centrale ^7'" X ô™ 75), terminée par une abside et flanquée de deux bas-côtés, que des murs pleins séparent de la nef; chacun deux est orné d'une niche rectangulaire. L'abside est fermée de deux seuijs, dont lun portait les traces dune i^rrille. Au fond était un piédestal surmonté d'une statue de Baal ; dans lintérieur de ce piédestal on a découvert un ossuaire qui contenait un crâne humain dépourvu de ses maxillaires. Au milieu de la cella dans Taxe se voit un autel tinangulaire entouré d'une rigole. En avant de ces trois salles s'étend un narthex divisé lui-même en trois parties : un vestibule et, à droite et à gauche, deux chapelles latérales qui se regardent, perpendiculairement à la direction de la cella.
La cour centrale B, large de 9 mètres et longue de 18 mètres, constituait un ati'ium, entouré sans doute d'un auvent formant le toit d'un portique ; le temple communique de plain-pied avec cette cour, sans escalier ; on y descendait du côté du Sud par trois marches ; elle n'était pas dallée.
L'alriiim était fermé du côté de l'Est par un second temple G, qui faisait face au premier et où tout semble avoir été aménagé pour le mvstère et pour dérober aux regards indiscrets les cérémonies qui avaient lieu à l'intérieur. Au lieu d'y pénétrer directement on était obligé de passer d'abord par deux pièces pentagonales. La chambre avait la forme d'un octogone. Au centre était disposée une sorte de cuve en blocage, recouvert d'un enduit stuqué, de forme triangulaire ; elle correspond à l'autel de la cella de l'Ouest, mais est orientée en sens contraire. I^ fond de la cavité paraît avoir été tapissé d'un parquet de cèdre ; là, sous trois tuiles, gisait une idole en bronze doré d'un dieu syrien, les pieds à l'Ouest, la tète à l'Est ; la divinité est emprisonnée dans les replis d'un serpent qui en fait sept fois le tour ; entre les circonvolutions de l'animal sept (L'ufs avaient été déposés.
C'est aussi à un Baal quêtait consacré le sanctuaire de Saturne de Dougga (Hg. 86) '. On y a constaté trois parties distinctes : un vestibule, un péribole et des salles juxtaposées.
Le vestibule, salle étroite et longue, s'ouvre non pas au milieu <nr la face de l'édilice mais sur le côté, au midi, où existait une
I. D' Carton. Le sHncttiaire de Baal Saturne à Do iifj g a. dan» les Nouvelles iirch. (les Missions, t. VII. 1897. p. 367 et .siiiv. ; Ca};iiat et (lauckler. Les temples païens de la Tunisie, 1, p. H2 et siiiv. et j>l. xxvi.
TEMPLES DE TRADITION ETRANGERE
porte à laquelle on arrivait en longeant la pente de la montagne. Au milieu, ce vestibule communique avec un portique de quatre colonnes, précédé d'une terrasse à pic sur l'extérieur. En face, précédée d'un petit porlique de deux colonnes, une porte donne entrée
Fif,^ «6. — Tom])lc de Saturne à D()Ui;j;;i, d'après le D"' Carton .
dans le péribole. (À'Iui-ci esl entouré de trois côtés par un porlique ; il esl dallé.
Au fond sont trois salles juxtaposées, qu'on pourrait prendre pour
vu. LES MONUMENTS RELIGIEUX
des chapelles abritant des divinités ; mais il semble plutôt que ce soient des chambres destinées à renfermer le trésor et les ex-voto. En effet, on n'y a trouvé aucune image divine, mais, au contraire, une statue d'homme, peut-être le donateur de Tédifice ; de plus il existe devant la chambre du milieu, plus large que les autres et fermée par une grille, deux empreintes de pied en marbre, qui étaient encastrées dans le sol entre les deux colonnes du portique : ces empreintes indiquent très vraisemblablement l'endroit où le fidèle devait se placer pour prier : or la pointe des pieds est tournée non pas vers ce qu'on serait tenté d'appeler le sanctuaire, mais vers l'entrée du temple. S'il y avaitune image divine elle était donc placée au milieu de la cour, peut-être sous la forme d'un bétyle.
L édifice, qui remonte à l'année 195, avait remplacé un sanctuaire beaucoup plus ancien.
La même ruine africaine nous a conservé le plan d'un autre temple à péribole ', très original, celui de Tanit [Caelestis) (fig. 87). Lui
Fig. 87. — Temple de Junon Célcslc i'i Douji^^'a. dapiTs le D' Carton.
aussi s'élève au milieu d'une cour fermée par des portiques; mai^ 1. Ca^jnat et Gaucklcr, op. cit., p. 2J et suiv. el ])1. \ii.
TEMPLES DE TRADITION ÉTRANGÈRE 167
cette cour affecte la forme circulaire, peut-être en souvenir du croissant lunaire, symbole de la divinité. La chapelle proprement dite, construite à la façon des temples gréco-romains — elle était corinthienne, prostyle, hexastyle et périptère — mesurait 9 m. 60 sur 17 m. 50. Le péribole se prolongeait en avant du temple par une partie rectangulaire, formant plate-forme et dominant le terrain environnant ; le public pouvait y circuler librement ; le reste de la cour, qui n'est pas dallé, devait former un lucus planté d'arbres.
L'entrée s'ouvrait, non point au milieu de la façade, mais à droite ou à gauche, particularité déjà signalée pour le temple de Saturne.
Si de l'Afrique nous passons en Egypte et que nous voulions avoir une idée de ce que pouvait être, à l'époque romaine, un temple de divinité égyptienne, il nous suffira de regarder ce qu'était le temple d'Isis à Pompéi ' (fîg. 88 .
Le sanctuaire s'élève au centre d'un péribole élevé, qui communique avec la rue par une ouverture latérale, défendue par une solide porte de bois. Tout autour du péribole régnait un portique d'ordre dorique ; on y a découvert difFérentes bases avec leurs statues, notamment une Isis et une Vénus. La cella rectangulaire, que précède un pronaos tétrastyle, est montée sur un podium. A la partie antérieure, au milieu, s'ouvre la porte ; l'édifice est flanqué de chaque côté de deux niches à fronton pour statues. Au fond de la salle, un soubassement creux à l'intérieur, en forme de banquette, supportait limage divine et servait de trésor pour y enfermer les objets du culte. Deux escaliers permettaient d'accéder sur la plateforme ; l'un devant le pronaos, assez étroit, fait de huit marches ; un autre, de cinq marches, conduisait à une porte secondaire, percée dans le mur de gauche de la cella ; les prêtres pouvaient entrer par là et ouvrir, de l'intérieur, la porte principale.
\ gauche de l'escalier antérieur, en avant, on a trouvé en place un autel, précédé d'une marche, où montait le prêtre, pour les sacrifices ; d'autres sont épars sous la colonnade.
A droite, faisant face à l'autel, une margelle carrée dont deux côtés s'élevaient en forme de pignon, servait sans doute à recevoir
I. Ma/.ois, Pompéi, IV, pi. vin : Mau-Kelsey, Poinpeii. p. 162 et siiiv. ; Tlié- «leiiat, Poinpëi. II, p. 70 et suiv. ; Lafaye, Culte des divinHés d'Alexandrie, p. 179 cL suiv.: Weichardt, Pompei vor (1er Zerstorunij. ch. xi, pi. cv et suiv.