‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 137 sur 509 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Sommaire. — I. Bains privés. — IL Bains publics. — III. Le csldarium et les sous-sols. — IV. Le tepidarium et le frigidariiim. — V. Etablissements thermau.x.

Il est superflu de rappeler, autrement qu'en deux mots, quelle place tenait le bain dans la vie journalière des Romains ; mais pour comprendre l'aménagement des établissements publics ou privés où Ion se baignait et dont les ruines abondent dans toutes les provinces aussi bien qu'en Italie, il faut se rappeler qu'un bain normal et complet, du moins à l'époque impériale, comportait plusieurs opérations successives, qui étaient soumises à des règles dictées par la médecine. La première consistait en un court séjour dans de l'air brûlant, destiné à amener une sueur abondante; puis on descendait dans une baignoire d'eau chaude pour se débarrasser de la sueur et des impuretés ; après quoi on se trempait dans l'eau froide pour rafraichir le corps, resserrer la peau et aflermir les forces ; enfin on se soumettait à un massage et à des frictions d'huile pour amener une réaction. Il fallait donc qu'un établissement de bain contînt des salles appropriées à chacune de ces opérations : salle froide avec piscine, salle chaude avec baignoire, étuve, pièce réservée aux onctions. Mais, pour ménager la transition du bain chaud au bain froid, on avait aussi imaginé une pièce intermédiaire, à température modérée que Ton traversait pour préparer le corps au changement de milieu. C'est là, suivant Celse -, que devaient s arrêter les gens à tète faible « sans quitter leui's vêtements, jusqu'à ce qu'une légère transpiration s'établit, leur permettant de se soumettre ensuite impunément à une tem-

I. Cf. Saglio, Dict. des Anl., aux mots Balneum et Thermae: Mar(|uarcll. Vie privée des Homnins. I, p. .32k et suiv. : Mau dans Pa^lly-^^'isso^va, Real-Encyel., au mol liiider : Durm. fiaiikiinst der Homer. p. 700 cl suiv. : E. PlVelz- '«chner. Die Grundrissenluirfiluiuf der rnm. Thermen, Strasbourg, 190λ. S'.

'2. De med., 1,4.

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pérature élevée ». Létuve se nommait laconicum, la salle des bains chauds, caldarium, la pièce froide, frigidarium et la chambre tiède, tepidarium. Les onctions se donnaient dans l'elaGOthesium. A ces pièces essentielles il faut ajouter d'autres salles, dordre secondaire, qui répondaient aussi à certaines nécessités. Pour permettre aux baigneurs de déposer leurs vêlements, il fallait un vestiaire (apodytenum ; pour pratiquer la gymnastique, qui était de mode dans les thermes comme complément hygiénique du bain, on établissait des palestres (ephebeum); enfin les bains étant, pour les hommes, une occasion journalière de se rencontrer, de causer, de discuter des alTaires publiques et privées, on avait dû y aménager des promenades couvertes ou en plein air, des salons de conversation, des salles de réunion [xysti, exedrae).

Ces pièces accessoires étaient naturellement plus ou moins importantes suivant la grandeur de l'édifice. A Rome et dans les villes peuplées, elles recevaient un développement considérable ; dans les cités de second ordre, l'étendue était moindre et l'aménagement plus modeste; il est des cas, même, où elles étaient totalement absentes et où les bains se réduisaient aux ti^)is ou quatre pièces essentielles.

Ceci est surtout vrai pour les bains privés.

5^ I. — li.iins privés.

Au début, en elfel, les Romains n'avaient pour se baigner qu un local très étroit, placé dans le voisinage de la cuisine ilavafrina), afin qu'on eût aisément à portée Teau chaude et les vases nécessaires aux ablutions. l>a maison, dite du Faune, à Pompéi, nous fournit un exemple de ces bains primitifs, avec ses deux petites salles si étroites '. La maison de Livie, sur le Palatin, ne possédait pas de bains beaucoup plus perfectionnés ; là aussi nous ne rencontrons que deux pièces, juxtaposées, dans lune desquelles était un fourneau '-'. Plus tard, du moins dans les habitations soignées, les pièces réservées aux bains reçurent plus d'extension ; les gens avisés continuèrent à les disposera côté de la cuisine. La villa de lîoscoreale est à cet égard très inslructive (fig. lOS).

1. • )verhiTk-Mau, l'oinpeji. p. ^>il cl suiv. 'J2 v[ 2-'< du plan : M;iu-Kt'lsr\j l'nmpeii loi tics O et O' du plan).

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