LE TEPIDARIUM ET LE FRIGIDARILM
la deuxième pour la tiède, la troisième pour la froide ; et elles doivent être installées de telle sorte que autant d'eau aura passé de la chaudière d'eau tiède à la chaudière d'eau chaude, autant devra en passer de la chaudière d'eau froide dans celle d'eau tiède. »
^ IV. — Le lepidariiim el le fn'ç/id.iriiint .
Le tepidnrium était voisin du caldariuin ; car la chaleur de 1 un servait à entretenir la tiédeur de l'autre. A l'origine, surtout avant l'invention des suspensarne, on chauffait celte pièce avec des réchauds ; les thermes du F"orum, à Pompéi, où l'on a trouvé le réchaud encore en place ', en sont la preuve. Plus tard, on aménagea les choses de telle sorte que la chaleur des foyers après s'être répandue sous le caldarium, passait sous le tepidnrium où, naturellement, elle arrivait moins violente.
Pour l'ordinaire il n'y avait pas de baignoire, ni de piscine dans cette pièce, qui était surtout une salle de repos: on signale pourtant quelquese.\ceptions,notammentaux thermes de Stables, à Pompéi -, où, d'ailleurs, la baignoire a été ajoutée après coup.
Le frigidariiim se caractérisait par la ou les piscines d'eau froide ; elles pouvaient, comme dans les principaux thermes de Rome, atteindre de grandes dimensions (fig. 117) ; ailleurs, le nombre des baigneurs étant moindre, elles ne formaient qu'une annexe plus modeste de la salle ; on le verra en se reportant aux différents plans de thermes donnés plus haut.
Les autres salles dont se composait un établissement de bains ne présentent aucune particularité caractéristique qu'il soit utile de signaler; aussi est-il souvent bien difficile aujourd'hui, au cours de fouilles, de donner à chacune d'elles le nom qui leur convient. Seules les latrines, qui existaient partout, sont aisémen t reconnaissablés à leurs dispositions, signalées plus haut.
Ces différentes pièces étaient ornées de nombreux objets d'art. Les pavements, nous l'avons déjà dit. étaient pour la plupart de mosaïque; on y représentait volontiers des sujets marins ;■■ l'artiste
I. Overbeck-Maii. /'o;»ipe/J. p. JOH; Tliédenal. Poni'ii'i. 11. p. I H» : (insmaii. l'nmpei, p. 1.1.3.
'.'. Ovei bcc-k-Maii. op. cil., p. 227; Thédonal. <»/<. ril.. p. KXi.
ÉTABLISSEMENTS THERMAUX 225
peuplait la piscine et les étuves des innombrables habitants de l'élément humide, divinités, monstres et poissons et de tous les pêcheurs qui en exploitent les richesses, montés sur des navires de tout <^enre '. Dans les salles de repos ou de conversation il amusait Pœil par la reproduction des spectacles du cirque et de Tamphithéâtre, courses de chevaux ou combats de g;ladiateurs, ou bien il offrait aux oisifs la distraction d'une sorte de jeu de l'oie ». Les murs étaient revêtus de plaques de marbre polychrome; les voûtes étaient divisées en caissons brillamment ornementés ; des fresques égayaient les murs ; de tous côtés au dedans et au dehors, étaient semées les statues. On ne compte plus les «cuvres desculplure qui sontsorties des ruines des thermes aussi bien dans les provinces qu'à Home même -.
Tel était raménagemenl d'un établissement de bains roni,iin ; mais on comprend que les conditions climatériques aient apporté fies modifications de détail toutes locales à la conception générale. \ Rome le friqidarium avait beaucoup d"im|)ortance et était à ciel libre; en .Afrique il était couvert pour éviter la chaleur. En Orient, où les habitants ont toujours eu le goût des bains de vapeur, ce sont les étuves qui prédominent; le tepidarium dont on ne sent pas le besoin sous un climat brûlant ne tient presque aucune place. Il existe à Serdjilla. en Syrie, les restes d'un grand bain ■* qui sont à cet égard très instructifs. La partie importante au centre est constituée par une grande salle ; dans un coin existe une tribune où des musiciens se faisaient entendre aux baigneurs. On n'avait pas creusé de piscine dans le frigidariuni ; le tepidarium est minime. Un tiers de la construction est occupé par le caldarium el ses dépendances, qui, d'ailleurs, n'est pas bâti sur hypocaustes : la chaleur était produite par des a|)pareil> logés dans une thanibre spéciale.
§ V. — Elahlissemenls thermaux.
Des bains ordinaires il convient de rapprocher les établissenuMits
1. (lauckler, dans \ef)icl. des Aitl. (1(> Saglio, III. p. l'Il.').
2. Sur loiilcs les œuvrrs d'arl dccoiivertcs dans les lliermes île Trajan, voir f.anciani. lUiinx and Excanaliona. p. 36S : dans ceux de Caraoalla, p. 5'«1. Mu sait que le pape Paul IV' forma un musée, celui de la Farnésine. avec tous les objets trouvés dans ces derniers.
.1. De V'offuc. Syrie centrale, I. p. ^«i e( suiv. : Croshy-Huller. .\rchil in Si/ria, section B, part .3, p. 120.
Mani'KI, i>"Anciiiioi.oi;iK kom vim:. ).')
!2'J6 IX. LES ÉTABLISSEMENTS DE lîAINS
thermaux qui étaient nombreux, on le sait, dans l'antiquité. On cite volontiers comme exemple les piscines d'eau chaude d'Aqvae Flarianae dansle sud de l'Algérie ^ L'eau, dont la température est de 70°, était amenée dans une grande piscine circulaire enfermée autrelois dans une pièce ronde couverte en coupole et dans un grand bassin rectangulaire, à ciel ouvert, entouré de portiques; tout autour régnaient des chambres et d'autres piscines plus petites. Ce sont les mêmes éléments qu'on retrouve dans le bain de Pacha-Loudja, non loin de Pergame "-. On v a signalé une salle ronde, donnant accès à une chambre rectangulaire avec grande piscine au milieu, <1 où l'on pouvait passer dans une autre pièce circulaire qui entourait un petit bas<in de même forme.
Deux chambres circulaires, décorées chacune de quatre niches cintrées pour recevoir des baignoires, composaient à' elles seules les bains d'Alhange, en Espagne ^. Ces pièces juxtaposées étaient couvertes de coupoles où était aménagée, au centre, une lunette. Les eaux de la source voisine y étaient amenées par des tuyaux de plomb.
Les bains de Badenweiler, dont il a déjà été question ', étaient aussi alimentés par des sources chaudes. Celles-ci jaillissaient dans une petite pièce située au milieu du front sud de l'édifice, d'où elles se répandaient dans les bassins voisins au nombre de quatre et dans les baignoires du caldarium .
\. Gsell, Moniim. de l'Alfférie. I, p. 236 el siii\ .
'1. Allertùmer von f'ergnmon. I. p. 131 et suiv.
3. De Labordc. Voy. en Espuffne. II. p. 115. pi. r.i.xiv plan el vue).
i. Plus haut. |>. 214.