CHAPITRE X
Sommaire. - I. Marchés. - II. Greniers. - III. Ponderarium. - IV Boutiques. - V. Cabarets, Hôtelleries. - VI. Boulangeries. - VII. Ateliers de louions. Teintureries. Tanneries.
§ I-^ — Marchés.
A l'origine, dans les villes romaines, le forum était le seul marche existant ; mais quand la place publique fut devenue le siège des assemblées politiques et des tribunaux, le lieu de rendez-vous des gens d'aflFaires, le commerce dut se transporter ailleurs. Les boutiques établies le long des rues ne suffisant pas aux besoins journaliers, il fallut créer des édifices spéciaux macellum) où marchands et acheteurs se retrouvaient à jour fixe ^ Dans les grandes villes comme Rome, chacun d'eux avait, d'abord, une destination distincte : les légumes se vendaient au forum holitorium, les poissons au forum piscatorinm, la houUiv^erïe ^u forum pi storium les friandises au forum cuppedinis. Un a signalé aussi en Ualie et en province jusqu'à la fin de l'Empire des marchés spéciaux. A Pompei, en face le macellum. étaient deux halles, l'une pour le blé croit-on, l'autre pour les légumes ; et rédiiice d'Eumachie, sur le forum, passe aujourd'hui pour avoir été un marché aux vêlements hn Afrique, un forum vestiarium existait à Timgad sous les Sévères et une basilicavestiaria à Djemila sous \'alentinien.
Mais dordinaire, les marchés, à l'époque impériale, servaient à des commerces très divers. Dans celui qui a été découvert sur 1 Esquil.n a Rome ^ et dont on a voulu faire le macellum Liviae, aussi bien que dans le marché de Pompéi, les objets recueillis dans les décombres prouvent qu'ils n'étaient nullement spécialisés.
I.e plan.'général d'un macellum était très simple. Il se composait
Thedenat dans e û,c/. ries Anl. de Saglio, au molMacellL. ' -. Visconti. liiiUed. comiin., 1874, p. 212 et suiv.
essentiellement d'une place à ciel ouvert, le plus souvent rectangulaire, entourée de portiques au fond desquels s'ouvraient des boutiques. Au centre était une fontaine, ou un bassin enfermé dans un petit pavillon souvent circulaire et couvert d'un toit voûté [tholus). \otons aussi dans quelques-uns d'entre eux un local consacré à la divinité protectrice du lieu.
On a étudié un certain nombre de marchés : à Rome le mptcellum magnum dont l'église de San Stefano rotondo serait la construction centrale ', et le soi-disant macellum Liviae'^ ; en Italie, ceux de Pompéi ^ et de Pouzzoles ' ; en .Asie ceux d'Kphèse ^,de Pergé^, de Sagalassos ', de Kremna * ; en .Afrique les deux marchés de Timgad ^ et celui de Djemila ^•', sans parler de ceux dont il est question dans les textes et dans les inscriptions, mais dont les restes ont disparu ou sont encore enfouis sous terre. Les plus caractéristiques sont peut-être celui de Ponipéi, celui de Pouzzoles, le marché de Sertius à Timgad et celui de Cosinius à Djemila.
Le marché de Pompéi occupe l'angle nord-est du forum ; il s'ouvre sous le portique de la place par une double porte, de chaque côté de laquelle «ont des boutiques (lig. 118\
Intérieurement il se compose d'une area rectangulaire longue de .37 mètres, large de 28 et entourée d'une colonnade. Au centre est u» bassin, qui occupe le milieu d'un monument dodécagonal, dont il ne reste que le plan à terre et douze bases rectangulaires ; elles soutenaient autrefois des colonnes, couronnées par un dôme; on y a trouvé beaucoup d'écaillés de poissons, ce qui permet de croire que les commerçants y lavaient leur marchandise avant de la vendre.
Le mur de droite était garni de on/.e boutiques, ouvrant sur le portique; au-dessus existaient des chambres auxquelles on accédait par un escalier en bois. Ces pièces du rez-de-chaussée contenaient,