XVI. MONUMENTS FUNERAIRES
pigeonnier. Chaque niche est disposée de façon à recevoir une ou deux urnes souvent enfoncées dans la muraille (tig-. 171). Au-dessous
Fijr. 171. — Niche de Columbnrinm.
de la niche une petite plaque de marbre porte le nom du défunt, sa qualité et des renseignements relatifs à la place et au nombre des cases acquises jiar le concessionnaire ' lig. 172). Les familles riches qui avaient trop (Tesclaves et d'aiTranchis pour leur donner j)lace dans leur sépulture personnelle commencèrent à en bâlir vers la fin de la lîépublique: les empereurs et leurs parents imitèrent cet exemple. L'usage en subsista pendant tout le premier siècle et jusqu'à l'époque d'Hadrien. .\près cette date on n'en construisit guère de nouveaux; maison continua de se servir de ceux qui existaient; t-'est alors qu'on y apporta les sarcophages qui ont été rencontrés dans quelques-uns d'entre eux.
Certains de ces colvinharia étaient établis par des capitalistes, (pii vendaient à un prix modeste aux gens trop peu aisés pour paver une tombe spéciale la place nécessaire au dépôt de leur urne funéraire, ou encore par des collèges, dont les membres se cotisaient pour s'assurer une sépulture.
Il est à noter que, à la façon des cryptes étrusques, ces colombaires étaient ornés de fresques ou de stucs coloriés. Dans la tombre de-i Arrnntii. on avait r.'présenté des génies, des sphinx et la
I. \(jir puir la iialiiiv de ces inscriptions. Dessau, Insc. lat. sel., n"' "872 et -niv. : p:inr la lorms de la plaque, on trouvera des exemples dans Sluart Jones, Miisen Ciipilnlino. pi. xxiii, xxxiv et \\\\ .
COLOIBARIUM
lé-ende des Leucippides ': dans celle des Pancratii étaient li-urés des centaures, des -rillbns et les légendes relatives à Troie ^l'^dans
l-ifT. IT.'. — Cnlimihiiiiumdc l.i \ i-iKi Cndini, à I{om,.. le v.,lnml,;,r,nm dllyh.s, mIuc eiilre h. \uic I.aline et la \o,e
I. Pii;iil.-cj. .»;i/„/it7.'.. II. |,1. VII ;i xv. Moitiim. ;inl.. I8()l. pi. M.ivcl siiiv.
328 XVI. MONCMENTS FInÉraIRES
Appieune ', les murs étaient ornés de figures peintes et de rinceaux de feuillage ; de plus chacun des acquéreurs de niches avait embelli la place qu'il avait choisie en la faisant décorer de frontons, de colonnes et de frises couvertes de peintures.
Les caveaux de famille en Italie et en province, n'avaient pas l'étendue des coluniharia proprement dits ; mais ils offraient la même apparence: les urnes v étaient pareillement déposées à l'intérieur de niches aménagées dans les murailles et celles-ci étaient souvent décorées de peintures; Ostie en a fourni des spécimens remarquables -. Dans les fouilles récentes, exécutées sur la via dei sepolcn, on a retrouvé en place les urnes cinéraires dans leurs niches antiques ^. Il en a été de même à Pompéi 'tombeaux du vase bleu "*, de Naevoleia Tyche "', de l'amphithéâtre *', etc.). Ailleurs les urnes et les sarcophages avaient disparu, mais leur place marquée dans les parois ne laissait aucun doute sur la disposition antique de la crypte. On a signalé de tels caveaux jusqu'en Afrique. M. Gsell'^ donne le plan de quelques-uns de ceux qu'on a reconnus en Algérie : « Ce sont en général, dit-il, des salles rectangulaires de dimensions variables. De petites niches, carrées ou arrondies, ont été ménagées dans les parois pour recevoir des urnes, ou bien des sarcophages ont été déposés sur le sol: parfois aussi il y a. le long des murs, de vastes niches cintrées destinées à abriter des cercueils en pierre. On rencontre même des squelettes étendus sans que rien les protège actuellement: il est probable qu'ils étaient jadis enveloppés dans des linceuls ou enfermés dans des caisses en bois. » A Khamissa, une crypte de cette sorte alfecto la forme d'un segment de cercle, avec dix niches**; à Ilenchir-el- Hammam, l'hypogée se compose d'un vestibule carré d'où trois portes conduisent à droite, à gauche et au fond à une cliambriouverte sur chaque côté. Les parois de chacune de ces chambre> sont jiercées de huit niches circulaires à la partie supérieure '.
Les urnes et les sarcophages que l'on rencontre dans les lombes
1. Ciimpana, I)i due .sepolcri del secolo di Aiigiisto. Honu*.18iO, f° : /'.i/ipr.s nf the lirilisli Schntd al Rome, ^'I. p. 463 et suiv.
2. Titnibe des Claudii Va^lifri. Guidu. p. 1 1 i ol siiiv.. liff. 20 à 2'«s