I. GENERALITES. LA TECHNIQUE
raire. qu'une i'oule de bustes peuvent, à volonté, se ranger dans 1 une ou lautre catéf^orie. En fait, on classe g"énéralement dans la ronde bosse les seuls monuments faits pour être observés sous tous les angles, même de dos.
Somme toute, celle distinction, pi-aliquemenl très aisée dans la plupart des cas, a en outre lavantage notable de nous permettre une observation essentielle : les Romains préféraient le relief à la ronde bosse. D'abord, rexécution en était beaucoup plus simple, plus rapide : elle s'accommodait plus facilement des talents médiocres d'un artiste de rencontre. VA puis il y fallait moins de matière, ou bien une matière d'un grain grossier s v prêtait mieux qu'à la ronde bosse. Ce dernier avantage, dont Timportance est déjà sérieuse en Italie, moins riche en très beau marbre que la (irèce. devient capital dans les pays romanisés qui n'offraient à pied d'œuvre aucune pierre favorable au ciseau. Quant à la statuaire en métal, elle exigeait, pour les ouvrages de grande taille, des ateliers de fonte bien organisés, dont l'outillage dispendieux et compliqué faisait défaut dans les pays de médiocre culture, en dehors des véritables centres de population.
Le relief, d'autre part, ouvrait plus libre champ au goût des Honiiiins pour l'art pictural et narratif, pour la précision documentaire. La statue, ils l'ont appréciée, recherchée, en grande partie par mode, amour du luxe, esprit d'imitation. Leur originalité artistique, assez faible comme nous l'avons montré dans rintroduction. l'est encore plus dans la statuaire que dans le relief. En ronde bosse, la pure réplique prédomine ; on copie — avec une liberté que nous ne pouvons mesurer, niaisqui fut certainement restreinte — les chefs-d'œuvre grecs des plus grands siècles, voire même de l'archaïsme. En dehors du portrait, souvent d'ailleurs idéalisé, l'ouvrage accompli, dont la destination est exclusivement décorative, n'a aucun lien avec la vie publique ou privée ; 1' « académisme » s'en est presque fatalement emparé, et la main-d'œuvre grecque s'y marque avec une |)répondérance des [)lus frappantes. Par suite, les exemplaires de choix, les mieux venus, ont été trouvés en Italie;] ils sont supérieurs même à ceux qu'on a découverts en Grèce, paicc que la Grèce est asservie, artistiquement comme politiquement, à i^)ine. qui en accapare les praticiens d'élite. Plus modeste^ le relief s'adapte à une foule de nécessités de tous les jours : vi( sociale, commerce, etc.. lui procurent un large répertoire, (jue U dilférencc des lieux et des temps renou\ellc par force bien davan-1
OLTILS, MATIÈRES, PROCÉDÉS 365
tage ; le caractère plus populaire de la commande, enfin, otVre plus de ressource aux artisans de toute origine : les produits provinciaux ne sont pas pour neus les moins précieux.
.^ II. — Outils, madères, procéilés * .
En sculpture, les Romains nonl créé aucune technique. Ils n ont inventé - à rorif;ine que ces mesquines et naïves imagines de cire, que l'on conservait dans Vatrium de la maison familiale. Naturellement, aucun spécimen nen est venu jusquà nous ; mais il est évident que le modelage de ces tîg'urines devait être des plus sommaires. Ces rudes paysans se sont longtemps contentés d'images en terre cuite pour la décoration de leurs édifices '^
La statuaire est venue aux Romains de la Grèce et de TÉtrurie : la technique appliquéeau marbre a d'abord très peu changé ; les praticiens étaient grecs pourla plupart. Mais, peu à peu, l'avilissement de la production s'est accompagné d'une transformation des procédés. Les Grecs travaillaient surtout par éclatement, au moyen du ciseau dont ils complétaient l'action, au besoin, par celle delà mèche ou foret [lerehra)'. Sous l'Empire, ce dernier instrument est devenu d'un usage moins accessoire, en particulier dans la sculpture des reliefs ; plus d'un, conservé dans nos collections, en porte la trace très vvisible. L'emploi en reste rare et toujours discret au début, notamment sous Auguste : sur l'autel aux cygnes trouvé dans le théâtre d'Arles, et sur les deux petits autels qui en dépendent"', le sculpteur ne s'est servi de la mèche que pour accuser les plis des bandelettes et percer quelques trous dans les couronnes de branchages. Puis, sous les P'iaviens, on combine l'usage du foret et du ciseau; le premier prend une importance sans cesse croissante sous Trajan et Hadrien ; au ni" siècle ilrend les plus grands services dans l'exécution des feuillages quisemblent détachés du fond ; c'est avec la mèche qu'on produit le |)lus rapidement les vides intermédiaires : elle est linslrument idéal du travail <> ajouré ». On en use communément dans la statuaire, pour l'indication détaillée des veux.
1. Cf. Hliimnei-, Technnlo(fie. III, p. 187-2l'ti. passini : Cli. Dug^as. <lall^ Saglio, Dict. ries AnI., au mol Sculplura. l\ . p. 1 1 l.s et suiv.
2. Non sign.t ejternnrnm nrlificiim Plin.. Hisl. nat.. \xx\ . tî , .'{. Plin., XXXIV. 31.
i. Héron de Villertissc, an mut. dans Saj^lio. Dirl. îles Anl. cf. \'. p. 121 . .">. Espcrandieii. W.T.s-re/ie/s, 1. p. Ilti-||9, n°' 1.37 à Mo.