Ibid., p. .30.-? : Sajrlio, op. cil., fig. 2i
3. Steiidinf,', dans Itoschcr. Lexikon : Adr. I^Cj^rand, dans Safrlio. Dicl. -des Ant., an mol .Mercurius.
4. Sagiio, (ifj. 195G ; Grueber, Coins of lionian Republic, pi. vu, 2-3.
5. Grueber. op. cil., pi. m, 3. « à 10: pi. xii. 13 el 15 ; E. Kabelon, Monu. de la Rép. rom., Paris, iSH^jS", II, p. 406.
DIVINITES D ORIGINE HELLENlyiE
d Hercule, faisant comme un Janus hifrons. Bien vile, il devint le dieu de toutes les confréries et reçut lattribut habituel d'Hermès le caducée, emblème oriental que les Grecs avaient adopté à contre-sens. La légèreté de ses mouvements était marquée par les jieliles ailes au chapeau, ou simplement dans les cheveux, aux tempes, et souvent aussi lixées aux sandales ou aux chevilles. Tous ces symboles sont réunis dans un bronze romain de bon style, conservé à la Bibliothèque Nationale ' (fig. 205). Généralement debout, ou en course, comme dans la peinture de Pompéi qui l'associe à la Fortune "-, on le voit encore assis sur un rocher, au repos pour un moment "*, ou sur un aigle dont le vol rapide lui facilite la lâche de messager de Jupiter '. Les Grecs le figuraient plutôt nu ou ayant à l'épaule la chiamyde légère ; les Romains le vêtirent souvent de la paenula, tombant jusqu'aux
, genoux. Ils semblent aussi avoir imaginé
ï pour lui lattribut que ne reproduit de façon
I certaine-aucun monument grec : la bourse ; du moins elle commence de paraître à l'épofjue gréco-romaine. De plus ils ajoutèrent, irrégulièrement et sans nulle raison, une paire d'ailes au caducée, soit à son extrémité, soit juste au-dessous des serpents '. Ils mirent parfois aux pieds ou à la main du dieu une tortue, rappelant ainsi rinveution de la lyreque lui prêtait la légende grecque, et volontiers multiplièrent auprès de lui les ligures d'animaux, comme le coq ou le bélier, sans • pie nous en soupçonnions les motifs.
La personnalité de Mercure s'élargit sous l'Empire ; il finit par exprimer le caractère du peuple romain, son habileté et son sens
2ori. — Mercure.
1. Halx'lini-Hliincliel, llronzen de l;i Itilil. Xul., j). 1 5i>, n" 32(). \oinl)reii\ spécimens analof,'ues aux pa^a's voisines.
2. Musen liorbonicn. VI. pi. ii = Sa^lit». o/». cit.. lij;. IfOO.
3. Babclon-niancliel. ibiil.. n"* 315 .'i 3i7. 1. Ibi(}.. n'- 3.')I à :to3.
r>, llnd., n" 333.
\M'i:i. Il .\i»(:m-;<ii.()(iiF homaim:.
pratique, et les slaluettes nous présentent certains empereurs avec les attributs de ce dieu '.
Chez les anciens peuples de Tltalie, Mars - nétait qu'un dieu rustique, propice aux récoltes et écartant les intempéries ; c'était par suite, en première ligne, le dieu du printemps, dont le premier mois portait son nom. Mais loniitenips les agriculteurs romains demeurèrent, toute une partie de Tannée, des gens de guerre ; les limites de Tannée militaire coïncidaient avec celles du calendrier rural ; les Saliens, chargés uniquement d'éloigner des champs les puissances néfastes, avaient néanmoins un équipement militaire. Bref, la cité elle-même ayant dû, pour s'agrandir et s'annexer 1 Italie, rester constamment en armes, le dieu national se transforma selon les fonctions désormais dominantes de ceux qui l'adoraient. L'exemple de T.4rè5 grec activa cette évolution. L'art romain se borna d'ordinaire à s'approprier les traits de te modèle: d'après un vieux dessin (fig. '206). le Mars qui se dressait avec d'autres dieux, au faîte du quatrième temple du Capitole ^, était presque nu, un pan de manteau sur le bras, casqué, appuyé sur sa haste, et tenait, renversé, un glaive dans son fourreau. Les types helléniques furent copiés tels quels par quantités de petits bronzes, dont la médiocrité habituelle laisse seule, généralement, deviner la date : il semble toutefois que T.Arès combattant, à grandes enjambées, le bras droit très haut levé pour brandir la lance, n'ait guère été imité qu en T'trurie, ou, tout au moins, il le fut très peu à l'époque romaine. Mais Mars reste très fréquemment jeune, imberbe, avec de longues boucles ; c'est l'aspect (|ue lui prêtent les graveurs sur les monnaies campaniennes du m temps de la République ^ ; il porte un bouclier ou un trophée. Tt
Puis, sous TlMiipire, se développe un type original, qui parait *;
FifT. 201). — Mars.
1. .Aiijfusle. Nrron, Doinitien : Babclon-HIanclift, ihiiL, ii"' K3.H et siiiv., j). .163 et siiiv.
2. Uoscticr, dans son Lexikon: V. Diiirbach, dans Safriio, liict. des Anl. .1. Roschcr. ibid., p. 2122.
S. Gniebcr. Coins nf lionian lîi'iiiihlic, imlamm. pi. i.xviv, 10 à \.\. 16 à 1h.
DIVINITÉS DORIGINE HELLENIQUE 403
avoir eu pour premier exemplaire le Mars Ultor du temple dédié par Auj^uste : c'est le dieu barbu, couvert dune cuirasse, la main d.oite levée, la gauche maintenant le bouclier rond dressé contre sa jambe '. Seule, la barbe a été déjà donnée à Mars par les Étrusques, qui le coilTaient d'un casque athénien -. Mars se rencontre aussi en compagnie de \'énus ^.
Il y avait en Italie, avant toute influence hellénique, une divinité de la nature florissante, qui se retrouvait à peu près pareille sous des noms divers : Feroiiia, Flora^ Vénus '. Celle que désig^nait plus particulièrement ce dernier nom l'emporta, du fait de son assimilation avec V Aphrodite des Grecs. Elle représentait ce qu'il y a d'aimable et de souriant dans la nature au moment de la belle saison ; par une transition toute simple, elle symbolisa les charmes de la nature humaine en son printemps et devint la déesse de la beauté féminine et de l'amour. Mais cette assimilation fut incomplète, en ce sens que certains traits de la mythologie hellénique ne furent point empruntés ou ne passèrent dans celle de Rome qu'à titre très secondaire. Point de Vénus astrale ou céleste ; aucune \'énus marine bien certaine ni importante ; le caractère chthonien de la déesse s'etîaça également devant son caractère voluptueux. .Aussi les types de la statuaire qui trouvèrent faveur à cette époque sont-ils presque exclusivement ceux de l'art hellénistique, qui montraient la déesse dévoilée, au moins jusqu'aux jambes, se rendant au bain ou sortant de Tonde et tordant ses cheveux, rattachant ou déliant sa sandale, dont elle se servait au besoin pour corriger un importun. La \'énus gréco-romaine, descendant de son piédestal, fournit de la sorte de nombreux sujets de genre — ■ les attributs fréquents dans l'art grec, la colombe, la Heur, se font beaucoup plus rares — , et nous la retrouverons plus loin à ce propos ; elle est alors le plus souvent accompagnée de Cupidon. successeur d'l'>os, qui est comme son page dans les scènes de galanterie.
Mais, par deux autres côtés encore, la Vénus romaine continua et renouvela l'.Aphrodite grecque, (iràce à l'initiative de certains hommes d'état, en particulier de Sylla, l'ancienne Dùrilis survécut
1. S. Heinacl). Slnlu!iire,\, p. 340.6; II, p. 1S9-190 cl 79.1.
2. Babclon-HIanchcl, fironzesile la liihl. .Va/., p. KI-S2, n" 179-180.
:i. Ihiil., n' 196; S. Rcinacli, Slatiiaire. I, p. 16.i, 7 iLouvre), 316, i ((".apilulc).
4. L. Séclian, dans Saptio, liicl. ilea .\nl. : (i. \\'isso\\a, De \ eneris simulacris Romanis, Brcslaii, I8H2. H".
dans la Ut'/}».v Félix, dispensatrice de Iheureuse chance et du bonheur, dont un des types les plus répandus est la Venus Pompei\in;i. que nous font connaître les peintures campaniennes. Pour un peuple belliqueux, la chance suprême se rencontrait dans les combats, et ainsi la Xiképhoros des Grecs devint Venus Victria", vénérée de Pompée et de César, à qui des sanctuaires furent élevés. Pourtant celle qui devait supplanter toutes les autres, c'était la déesse de la fécondité, révérée comme telle, quoique sans' qualification spéciale, dans nombre de cités grecques. Sous le nom de Venus Genelrix. elle s'affirma à Kome comme déesse dynastique et nationale. Knée était étroitement lié à 1 Krycine, en sa double qualité de Hls et dinlroducteur de ce culte dans le Latium. Quelques grandes familles, qui revendiquaient la même descendance, gravèrent sur leurs monnaies limage de la déesse dont était issu lùiée, leur ancêtre. Quand les .lulii eurent donné des princes à l'Italie, A'énus fut raïeule, la protectrice de tout le peuple romain. On l'associa à Mars et au divin Iule ; leurs silhouettes sont rapprochée> sur les monuments '.
B. Divinités du feu. — Il n'en est qu'une de notable. Vulcain -. Cétail une des plus vieilles du Latium; mais les traces qu'il a laissées comme tel dans l'ancien rituel des pontifes et dans certaines fêtes ne nous importent guère ici, car ses représentations figurées l'identifient avec V Héphaislos des Grecs. 11 paraît être confondu avec celui-ci en tant que divinité du feu. notamment du feu qui sert à travailler les métaux. Aussi l'art lui prêle-t-il les traits qui conviennent aux patrons des forgerons et des armuriers : c'est un ouvrier adulte, barbu, aux muscles accentués, légèrement boiteux pour (les raisons obscures; parfois entièrement nu, il a souvent un manteau court ou 1 exomide qui libère le bras droit ; ses atlribut> caractéristiques sont le marteau et les tenailles, qui généralement ont disparu par suite de la mutilation des monuments ; il ne lui reste plus alors pour signe distinctif que le bonnet pointu. (|ui le laisse confondre du reste avec L'iysse ; on hésite plus dune fois, devant certaines silhouettes ^, entre ces deux personnages ; mais la
1. Safflio, oyj. (•(/.. lij;. iNl7 = "403 : relief «T. Vljîcr iiumlraiit les slaliies el la cella du temple de Mars l'itor.
2. J. A. Hiild , an mot \'iilv;iin. dans la tirunde Encyclopédie. •S. S. Heinacli. SInIttaire, II. p. .V.i-io : l\'. p. 20.
DIVIMTKS D ORIGINli: HKIXKMQL E
claudication marquée délinit netteincnt un bronze du Musée Britannique '.
C. Cortège des Oli/mpiens. — Au premier rang l'on peut placer les Dioscures - ou (ils de Jupiter, Castor et Pollux. Ils sont passés tels quels. |)ar la (irande-Grèce, dans le Panthéon romain ; on les y retrouve coill'és du pileiis ou bonnet pointu, la chlamyde attachée sur lépaule et retombant derrière le dos. armés de la lance et tantôt j^alopant (fig. '207) ^, tantôt debout à côté de leurs chevaux lig". '20S) ^.On les rencontre rarement dans la statuaire antique, mais ils ligurent sur nombre de
médailles, principalement de la Fi^- 208. — ,,,,,. Il ,1 1 Les Dioscures
nepul)lique '. Ils sont, dans les ^u repos.
combats, les protecteurs de l'armée et plus particulièrement de la cavalerie romaine ; mais en même temps, divinités marines comme en Grèce, ils guident les navires vers le port, et les deux étoiles qui brillent au-dessus de leurs tètes rappellent leur rôle de phares vivants. Enfin un caractère nouveau comjilète sous l'Empire leur personnalité : les scènes mythologiques auxquelles ils furenl mélès chasse de Calydon, mort de Méléagre, enlèvement des Leucippides!, la vie allernalixe des deux frères se succédant au ciel et aux Enfers, tout cela fournissait matière à des allégories funèbres, qui fourmillent sur les cippes et principalement sur les sarcophages,
la messagère des dieux, Iris, a presque complètement disparu, dans I art romain, où Mercure suffit à ce rôle.
En revanche, les Heures " sont restées au service de Jupiter, au nom de qui elles règlent le cours de Tannée : à l'époque romaine elles sont au nombre de quatre cl, pour ce motif, se confondent avec
Fii;-. 207. —
Les Dioscures
jralopant.
1. A Quille In firceb mul rotnnn life. p. 127. lij.'. Mi: Haumcisler, DenUmïtler, I,p. 612, (ifr. 7l.s'.
2. FurlNviiuKlcr, <lans linschcr, l.exihon: M. .Vlbcrl, dans Saj;lio. Uirl. des Ant., au mol Dioxciiri.