Ibid., p. 12.) cl suiv
I. Sauer, dans Rosclier, Lerikon. c\ Ilild. dans Saf,'liu, Dicl. dex Ai\(.
il -2
Le Bacchus indien ' apparaît surloul dans les reliefs de sarcophages, au milieu de sou nombreux cortège. Ce dernier consliUie tout un monde en vérité, et il y a dans ses représentations une telle variété, une telle liberté d'invention, que la plupart de ces monuments n'ont à peu près plus rien de loncièrement religieux et ne relèvent que de la sculpture « de genre » ; nous en étudierons quelques spécimens sous cette rubrique. Xous devons cependant ilélînir en quelques mots ce que sont les suivants de Bacchus.
Le dieu ne paraît pas toujours seul, même dans la statuaire ; on le voit aussi accompagné, soit de la nymphe Ariane qu'il aime, soit d'un Satyre ou d'une Ménade.
Les Satyres- sont des génies de nature à demi animale, symbolisant les énergies naturelles des eaux, des vents, des forêts et des montagnes sous un aspect libre et joyeux ; l'esprit romain n'y a pas ajouté le moindre trait : il a adopté tous les modèles helléniques, et avec une telle prédilection qu'il les a fait servir, plus encore que les Grecs, au décor de l'habitation et d'une foule d'objets de la \ie courante i fontaines, sièges, tables, réchauds, lampes et candélabres, etc. . il y a deux sortes de Satyres : le type juvénile et le vieillard ou Silène.
Silène a une longue barbe ; le front tantôt dégarni, tantôt chargé d'une oj)ulente chevelure frisée et entremêlée de feuillages ; généralement nu, (pielquefois velu, et le ventre rebondi, il symbolise l'ivresse, et son attribut essentiel, en dehors de la syrinx et du pedum. est l'outre volumineuse qu'il porte sur l'épaule, ou dont il se fait un oreiller après libations trop longues •*. Souvent il s'abandonne aux attitudes lascives, en compagnie d'une Nymphe ou d un hermaphrodite.
Le Satyre jeune ressemble tellement à Apollon, de visage, de corps, de poses et d'attributs, que souvent Ton ne peut le distinguer que grâce aux oreilles pointues qu'il a en commun avec Silène ; volontiers il joue de la llùte, de la syrinx ou des cymbales; lui aussi connaît les aventures galantes, les gestes licencieux, se charge de l'outre et apprécie le jus de la treille, mais il se borne à une légère ébriélé '.
1. S. HoiiiJicli, Iteliefs, II, p. l'.Mi, 1 ; l>2:, I : 11.'?. I ; ,>39. I : 111. p. 181. I : 'J.')! ; 271, 2 ; .3.38, 1, ele.
2. G. Nicole, dans Sa^^lio, Did. des Aul., ;ni mol Sulj/ri ; Knlincrl. dans Hoscher, I.exikon, au mot Sati/ros.
l. S. Hcinacli. SInluaire, II. p. IK cl siiiv. i. S. I{ciniicli, ihifl.. p. 1.31 cl suiv.
DIVINITÉS UriRIGINE IIELLlÎMQlE 413
Les peintures de Pompéi montrent les Satyres, jeunes et vieux, adonnés à presque toutes les occupations de la vie humaine, dans une note bouffonne des plus savoureuses. Ils sont fréquemment associés aux animaux dont la nature est toute voisine de la leur.
Les Ménades ', dont le nom indique bien la caractéristique primitive le délire orjçiastique;, ont à lépoque romaine une personnalité beaucoup jilus vague; on les rencontre encore flans ce carnaval fastueux quest devenu le thiase bachique, mais elles apparaissent plutôt isolées, belles élégantes qui dansent en une foule de mouvements variés, ou chevauchent quelque fauve, et gardent des attributs que justifiait leur rùle originel : le Ihyrse, les crotales, les cymbales et le tympanon. Dans une superbe peinture d'IIerculanum -. on en voit une qui a sauté sur le dos dun Centaure.
Centaures ^ et Centauresses symbolisent les tribus primitives encore sauvages, aux instincts lubriques, intempérants. Ils sont un compromis entre deux natures : humaine et animale. Dans les ouvrages d'époque hellénistique ou romaine, tout le corps est dun cheval, sauf que la tête et le cou sont remplacés par un buste dhommc ou de femme. Ils appartiennent aussi au cortège de Hacchus, et dans les reliefs ils font leur partie an milieu fies autres suivants, traînant le char tlu dieu triomphateur, jouant de la lyre, taquinés par Eros ou lutinant des .Nymphes.
.Avec le Satyre la mythologie grecf(ue a bien souvent, sur le tard, confondu le personnage de Pan *. Celui-ci était une i^ersonnilication de la vie pastorale : il passait pour fils dllermès et d'une Nymphe : néanmoins on le concevait comme à moitié animal, avec les pieds et les cornes d'un bouc, même, au V siècle, avec la tête d'un bouc — de là le nom d'Aegipan. .Mais le type se lit de plus en plus humain, quoiqu il restât fréquemment beaucoup tle bestialité tians rexpressif)n. lùitré, lui aussi, tlans le thiase dionvsiaque. Pan a linalenienl une légende bourrée d'épisodes flivers et une phvsionomie multiforme, d'où l'abondance de ses attributs : avant tout le }) 'tluin du berger nomafle et le chien, puis la syrinx qu'il avait
I. Adf. I.efiraml. dans Saj,'lii). Dut. îles Anl., aumnl M.ienmlcs : Happ, dan?, li'pscliei-. Lexikon. an mot M.iinnden.
•J. Sajrlio, np. cil., fifj. iîTo.
M. L. de Roncliaiid, au mot CenLinri. <Ians Saf,Mio. op. rit. : Hosclier. au mol Kentaiiren, dans son Lr-rikon.
i. Ilild. dans Satcliu. Dict. tlex .\nl.: K. Wi-rnickc. dans IJosclicr. Lexifinn. III. I. p. liTj el suiv.
inventée et qui l'ut désig'née du'noin dune Nvmphe qu'il courtisait ; l'amphore, la coupe, la corne à boire, la corbeille de fruits, la panthère, l'outre, le thyrse, les grappes de raisin, le tynipanon, la flûte, etc., tous souvenirs de son activité bachique. Un relief de terre cuite du British Muséum '^nous fait très bien saisir les divers aspects possibles de Pan, en juxtaposant trois visages : le Pan coitîé de lierre, suivant de Bacchus, bonhomme et rieur ; le Pan revèche et brutal, berger courroucé ; et au milieu, figure elFroyable avec des poils hérissés et des yeux agrandis, le dieu qui par moments, par les sons amplifiés de sa voix ou de sa syrinx, provoque la « terreur panique >..
Nous aurions presque pu compter parmi les divinités de souche anatolienne Priape -. dont le culte naquit et garda son centre principal dans la région de Lampsaque: mais il fut hellénisé de si bonne heure qu'on est en droitjdejle rattacher au groupe gréco-romain des dieux rustiques ; il procurait la fécondité aux champs et aux troupeaux et, par extension, satisfaisait les désirs des époux. Aussi ([uand la statuaire, dans l'art alexandrin, conçut le type de Priape : un homme d'aspect bestial, la tète entourée d'un linge et vêtu dune longue robe, elle eut soin de retrousser celle-ci par devant, à la fois pour v loger une masse de fleurs et de fruits et pour découvrir le phallus, son signe distinctif, symbole de la génération et amulette contre la fascination, qui stérilise la terre et les bestiaux (lig. '2V2 •*. D'autres fois, on lui prêtait une apparence moins ostensiblementobscène, elle priapisme se marquait par une tension de la robe en bonne place, ou par la curiosité d'un enfant qui la soulevait, pour regarder par des- Fi(j. -ll-l. — Priape. soUS.
E. Divinités des espaces, des aslres et des phénomènes niéléorulugiques. — Le ciel était considérécomme une
1. Die anliken Terrukollen, IV . 2, pi. \xxi. i : Saglio, op. cil., lip. 5*93 S. Rcinach, Reliefs, II, p. 489, .=>.
2. F. Cumniit, dans Saglio, Uicl. des .\nt.,el Stoll, dans Rosclicr, Lexiknn : au mot Priapiis.
.3. Bronze de la collection Warocqué : S. Reinach, Slaliiaire. M, p. 74, 5 = III, p. 2.32. 1 : Sa>.'lio. o/j. cit.. lig. blOl.
DIVINITÉS DORIGINE HEI.LÉMQIE 415
sphère, qu'un des Titans, Atlas ', avait été condamné à soutenir ; ce mythe, à partir de la fin de ïàge hellénistique, eut sa représentation dans la statuaire, notamment avec le célèbre Atlas Farnèse de Naples -. On donnait ég-alement au ciel l'aspect anthropomorphique, et alors Uranus ^ devenait un homme barbu, nu à mi-corps, soulevant des deux bras son manteau llottant, en demicercle au-dessus de sa tète, comme sur la cuirasse de Prima Porta (fîg. 328). L'art prêtait très communément ce geste à toute personnification allégorique dont l'empire s'étendait sur de vastes espaces ; la figure qui le reproduit sur la Colonne Trajane ' est probablement Nox "' : elle déploie son voile pour qu'il projette les ténèbres.
L'Aurore a été l'objet, à l'époque romaine, de peu de représentations ; sur un denier de la qens Plautin ", elle s'avance, les ailes ouvertes, conduisant quatre coursiers fougueux et brandissant un rameau avec lequel elle répand la rosée.
Le Soleil (Sol) " comptait certainement parmi les divinités primitives de l'Italie, car son influence sur l'agriculture est considérable; seulement on ne lui rendait peut-être qu'un culte abstrait et sans images ; en tout cas, le type plastique donné à Sol dans le monde romain trahit l'emprunt pur et simple de celui à'Hélios : monté sur un quadrige, symbole, pour quelques-uns, des quatre saisons, ou des quatre éléments, il avait l'aspect d'un homme jeune, énergique, à la tête puissante, aux yeux expressifs, la chevelure agitée comme par le même vent qui faisait flotter ses vêtements ; il portait une couronne de rayons ou un nimbe radié. Un relief de Narbonne ^ le représente à mi-corps, sortant du sein des flots et chassant les ténèbres, de la torche qu'il tient levée. Composition toute grecque, mais d'inspiration orientale; et, en eifet, ce sont les Baals syriens el Mithra qui devaient attirer à ce culte la faveur universelle ^. NLtIs les représentations monétaires du dieu roslcnl
1. VVernicke, dans Pauly-Wissovva, lienl-Encycl. '2. S. Reinach, Slaittaire. I, p. 468. 1. i. G. Lafaye. dans Saglio, Dict. des Ant. ,. S. Hcinach. /?e/(>/'s. I. p. 36s. 3.
.'). Hild, au mot .Vor. dans Saglio, op. cit. ; \\'eiszackcr, an mot A'i/.r. dans Hoscher, Le.rikon.
6. Grucber, Coins of Romnn liepuhlic, I, p. 516-51"; pi. i., 15 à 17 ^revers).
7. F. Cumont, dans Saglio, Dicl. des Anl., et Fr. Richtcr, dans Roscher, Lexikon, au mot Sol :.Iessen, an mot llelios, dans Pauly-Wissowa, Rea.l-Encifcl.
8. Saglio, op. cil., fîg. 6197; Espérandicu, lias-reliefs, I, p. 25i, n°3i3. ''. Voir plus bas, ï IV'. H cl D.
conformes an type hellénique ' : il g'arde en main le g-lobe. emblème de la domination du monde, ou laigle ; il est monté sur Pégase, plus souvent debout dans son quadrige quil conduit avec le fouet ; parfois on lui confère pour attributs l'arc ou la lance, une palme ou. un trophée.
Quoi qu'il en soit des origines du culte de Luna - en Italie, il n'est pas douteux que le type de la déesse n'y a rien d'original. Tantôt il est conforme au type grec classique de la Sélèné, assise sur sa cavale •*, tenant une longue torche, ou traînée par deux chevaux '; tantôt, et plus souvent, il se ressent des nouveautés qu'apporta la période hellénistique, où une demi-confusion s'établit avec .Arlémis. Bien que la déesse elle-même représentât la lune, on plaçait volontiers auprès d'elle un croissant ; l'idée du croissant sétanl, par les cornes, associée à celle de la monture ou de l'attelage, ceux-ci n'eurent plus rien de commun avec les chevaux qui transportaient Sélèné à l'époque grecque : Liimt monta sur un bouc ou une génisse, ou sur un char tiré par deux taureaux ' ; on lui laissa d'ailleurs, au-dessus de la léte. l'écharpe arrondie en demi-cercle par le vent.
L'art grec avait prêté aux Vents ^ une physionomie un peu bestiale ; ce dernier caractère disparait dès l'époque hellénistique el manque complètement par la suite '. On connaissait huit vents, répondant aux quatre points cardinaux el à quatre directions intermédiaires. Ils sont très rares en sculpture, surtout dans la statuaire; signalons principalement l'autel des vents de Garnuntum **, qui n'en admet que quatre : ce sont des personnages nus, avec des ailes dans la chevelure, emblème de leur rapidité, el, ce qui devient leur attribut essentiel à l'époque romaine, souillant dans une conque, une trompe allongée, par laquelle ils canalisent leur haleine ; pour exprimer l'elForl, on leur fait parfois placer la main droite derrière