Cf. Fausline en Lune : Saj^lio. op. cit., fijr
i. Monnaie de la 7e»«s Valeria : Grueher, Coins of Roman Hei>ublic,l. p. fiS»)-. pi. i.iii, 8-9 (revers).
5. Sarcopliafje d'f^ndyniion au Louvre : S. Heinacli. Statuaire, l, p. 60 el 63. Diptyque de Sens : Id.. Reliefs, II, p. 307, 2-3; Saglio, op. cil.. Pip. 4656.
6. Baumeisler, au mol Windgôller, dans ses Denkmiiler : H. Lanlier. au mol Venti, dansSafîlio, Dicl. des Ant.
7. Voir les sculplures de la Tour des Venls. à .Vtliènes i" siècle avant J.-C): Baumeisler, loc. cit., III, p. 2116, el S. Hoinach, Reliefs, I, p. 57.
». Saglio, op. cit.. Vi-^. 73sl.
DIVINITÉS D ORIGINE HELLENIQUE 417
là nuque. Dans quelques exemplaires, leurs tètes seules sont indiquées ; ils figurent à mi-corps sur plusieurs sarcophages ; quand ils affectent la forme humaine entière, leur place est d'habitude aux angles des monuments, car les vents sont censés venir des quatre coins du monde.
F'. Divinités des eaux. — - Neptune ' fut certainement un des dieux primitifs de Rome ; mais nous ignorons entièrement le rôle qu'on lui prétait ; il devait du moins être en relation avec lélément liquide, puisque du jour où Poséidon; vénéré dans l'Italie méridionale, fut connu plus au Nord, une assimilation complète s'opéra et Neptune devint le dieu de la mer, avec les attributs de l'autre. Il est représenté le plus souvent debout et entièrement nu ; il a un visage grave, prolongé par une barbe épaisse et encadré d'une abondante chevelure; l'une et l'autre semblent en désordre; les mèches se recourbent, s'entrecroisent, imitent les remous de l'onde amère ; c'est ce que rend la mosaïque de Palerme, du i" siècle de notre ère, d'après un modèle un peu plus ancien. L'insigne propre à Neptune est le trident ; — d'ailleurs, la raison d'être de cet instrument entre ses mains demeure mal expliquée — ; fréquemment un dauphin l'accompagne -, dont il tient la queue ou sur lequel il pose un pied, quand ce n'est pas sur un rocher.
Sans ces deux attributs, on aurait peine quelquefois à distinguer ses effigies de celles de Jupiter ; il en est beaucoup de mutilées, et d'autres restaurées a\ec trop de fantaisie •'. Mais un Neptune indubitable est en relief sur VAra Neptuni du Capitole ' : il s'appuie sur le trident comme sur un sceptre, tient le dauphin de l'autre main tendue ; par derrière retombe le manteau, dont un seul pan est rejeté sur l'épaule gauche.
Sous l'influence de la mythologie grecque, la dévotion romaine prêta des traits humains aux sources et aux fleuves, notamment au premier de tous, Oceanus ', (|ui rcrui un visage assez analogue à celui de Neptune, mais avec, en plus, une couronne de roseaux et
1. Wissowa. diiiis liosclici', Lerilinn. et V. Di'irri)a("h. dans Sa^lio. Dirl. des .\nt.. au nuit Xeiilnniix.
2. Le trident du Neptune de Hruxclles ^Cunionl. Srulpl. de Bruxelles, p. 62 et suiv., n° 51), relief mutile d'époque romaine, est relié à son manciie par deux dauphins.
.}. Cf. S. Ueinach. Sliiluaire. I. p. i28 : II. p. 28 cl suiv.
i. Mus. (Ininlnl., pi. i.xxx ; S. Heinacli. Reliefs. 111, p. l"!», 7.
>. (;r. Weiszilcker, au mot Okenuns. dans Mosclier. Le.ril.Dn.
M.vMJFi. n'AnCHKOi.nnii-: no^iAiNi-; 27
les cornes de taureau, siirne de 1 allure bondissante des eaux aaitées '. et que remplacent parfois, principalement dans les mosaïques, des pinces de homard, attribut commun aux divinités marines.
Les tètes de Fleuves - ont toutes la même a[)parence mouillée et ruisselante. D'autre part, ils sont tîg^urcs à demi allong^és, d'ordinaire un coude, ou lavant-bras, appuyé sur une urne d'où l'eau s'épanche. Ils ont fréquemment la corne d'abondance, qui rappelle leur action fertilisante. Plusieurs statues du Nil (li^. 213) sont accompag^nées d une foule de petits corps d'enfants, allusion à ses crues. Quant au Tibre, le plus vénéré des fleuves, on lui met aussi en main un s^^ouvernail. symbole de la navigation.
Dans la mythologie figurée, l'élément liquide comprend encore une foule de personnalités secondaires. Le fleuve Océan avait des filles, qu'on voit rangées autour de leur père, dans un relief de bronze (lu Hrilish Muséum ' ; l'une d'elles. Amphitrite. est devenue l'épouse de Neptune ; un bas-relief de Munich représente leurs noces : assis ci'de à cote sur un char, ils sont traînés par des Tritons '. Ces derniers sont les suivants des jM-incipales divinités marines; ils ont habituellement la silhouette d'adolescents imberbes, hommes jusqu à la ceinture et finissant en simple ou double queue de poisson. L'art romain en a rapproché les Néréides, dont il a multiplié les représentations sur les sarcophages : elles y figurent complètement dévêtues, avec les mêmes queues de poissons, au lieu de chevaucher simplement, comme dans l'art grec, des hip|)ocampes ou autres monstres, tels que les centaures marins. Linslrunienl habituel des Tritons est la conque.
Les Romains ont également rétréci et précisé la conception des
1. ("f. Il- huslc colossal du Valiian. dans HosiluT. «/;. cil.. III, p. KiS.lig. 3, et le buste du Cabinet dos Médailles : liabclnu-Hlaueliet. Ifrnnzes de l;i Rihl. \at.. p. .10. n" «1.
2. Waser. dans Pauly-Wissnwa, /{MZ-Z^HCi/r/.. ol Lcnliardl. dans Roselier, f.erikon. au mol t'ittssffiiller : IIild.au mot Fluininu. dans Saj^lio, Dicl. des AnI. : S. Heinatli. Stalihiire, I. ]^. i2',t-4;<r».
.1. Monnaie d"a|)rt's Sajrlio. op. cit.. lifj. '{11'*.
1. Itusrlier. Lexikon, \\\. p. «19; S. Rcinacli, Reliefs, II. p. is7. 5. T). .\utel d'Ahon<d)ail>us : Stroii;?, Hnin. i>cupHiire. pi. vi. l ; S. Heinach. Ueliefs. I. p. •'-:, 1.
DIVINITÉS DORIGINi; HELLÉMQLE 419
Nymphes '. La Grèce persnnniliail en elles toutes les forces naturelles qui président à la croissance et à la fécondité; ils limitèrent ce rôle : pour eux, les Nvmphes ne sont plus que des Naïades, ayant les eaux douces sous leur empire. Ils les représentent cheveux au vent, nues jusqu'aux hanches, et les jambes drapées, tantôt étendues à la façon des Fleuves, tantôt debout, inclinant une urne nu tenant devant elles un bassin ou un g-rand coquillag"e -.
(i. Divinités de lu morf et des Enfers. — Sous les noms de .1/or.s et d'Orcus, les Romains ne semblent pas avoir vraiment divinisé le pouvoir mystérieux qui interrompt la vie humaine; ils n'ont même pas adopté le type classique de Thanatos, et celui à'' Hadès, d'ailleurs peu matérialisé chez lesCîrecs — car il s'agissait d'un dieu assez impénétrable, craint bien plus qu'invoqué — , se retrouve à peine dans quelques répliques de basse époque : le personnage redoutable ressemble alors à Jupiter trônant, en plus sombre et en plus négligé. Le document figuré le plus sûr est la statue de la Ailla Borghèse, où Pluton ^ — de son nom latin — tenant le sceptre et la patère, est flanqué de Cerbère, le chien autour duquel s'enroule un serpent ^. Ces traits caractéristiques sont aussi ceux du buste qui orne le tombeau des Haterii '.
Pourtant il est un groupe de monuments où Pluton reparaît bien des fois : cesont les sarcophages dont la décorati«^n reproduit le rapt de Proserpine, symbole, à l'origine, du renouvellement des saisons. A l'époque romaine, la Koré-Perséphone des Grecs n'a conservé que ses attributions de déesse des morts ; c'est la vierge enlevée par le dieu des ombres, puis délivrée par les elTorts de Mercure. Elle a surtout pour attribut la torche, mais qui ne parait guère que dans les scènes de sarcophages.
Hécate *^, physionomie complexe purement grecque, qui évoque les spectres terrifiants de la nuit et préside à la magie, fut adoptée à Home principalement par le populaire, dont la mentalité se tra-
1. N;ivarrc. an mol .Vi/ni/)/i.ie. (Iaii< S.ifrlio. Dirl.fipx .\nt.: HIocli. au mtA .\;/mphen. dans MoscIum-. Le.rikon.
2. S. Hciiiach. Staliniire. I. p. i'Mt il suiv. : II. p. 403 et siiiv. : cf. le relief de Home, dans Baiimeisler. DenkmiUer. M, p. 10.33. elS. Rcinacli, /?e/(>/".s, III. p. ;<««. l \'alican .
.1. Navarre, dans Safrlin. Did. des .\n( . 1. Haumeisler. Denhmiiler. I. p. i>20.
>. (iiisman. Art flècoralif. pi. c.w ; S. Heinach. Heliefs, III. p. 28H, .5. •'.. P. Paris, dans Sa>.'lio, Dicl. dex Ant., au mol //er.i/e: Heckenhach. au iiml Heliale. «lans l'anly-Wissowa. Heal-I'nrycl.
(luisait dans sou culte grossier. Elle s"y simplifia, n"v pénétra que sous forme de déesse lunaire et infernale ; on ne la rencontre plus que triple, triplex, Trivia. car elle est en même temps déesse des carrefours.
Unhékataion.cest-à-direune image cultuelle dHécate, comprend trois corps assemblés dos à dos ou. plus rarement, un seul corps à trois tètes. Ces tètes sont surmontées d'ordinaire de la haute tiare
ronde (polos), quelquefois — liberté plus récente — du bonnet phrygien, de couronnes ou de fleurons (fig. ■214 ': les mains portent des torches, des phiales ou patères à libations et divers attributs qui soulignent le caractère mystérieux et infernal : des clefs, poignards, fouets, cordes, serpents; un ou plusieurs chiens accompagnent Hécate -. On la raj)prochée, jusqu'à la confusion, de Diane chasseresse etmise en rap})ort avec Men et les Nymphes ^.
Les sarcophages nous replacent aussi sous les yeux le conducteur des morts dans les Enfers. Charon ; mais, au lieu de la physionomie rébarbative (nez crochu, oreilles pointues) que lui prêtaient les Etrusques, ils nous rendent celle, plus lif:. Jli. — La hiple lucale. ynénuèe, simplement morose, qu'il avait
chez les Grecs de l'époque classique.
Ea vieille religion romaine n'avait fait aucune place au soumieil Somnus I ' dans ses Inili(f{t,'imenl,'t ; mais le m\[he (V I/i/pnos, frère jumeau de Thanatos. dont il préparait les victimes, passa en i'itrurie. où les artistes changèrent le type de cette divinité : ce ilevint entre leurs mains un vieillard barbu, d'aspect grave, sévère et triste, qui se retrouve souvent sur les sarcophages romains, avec de grandes ailes aux épaules ou de petites aux tempes (ailes de papillon ou de chauve-souris) ; d autres fois on voit revenir le type grec d'II\piio<, un bel adolescent, léger, presque planant, (|ui liiMit