‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 283 sur 509 · llciculc .Maslaï Cliché Mostioni · texte numérisé non relu

llciculc .Maslaï Cliché Mostioni

1. V^oii- ti-(le;-si)us. Cniiinmdc en ilcrciilc (lifT. 25'.ij.

2. Cf. S. Hciiiacli, Slatu.iire, II. j). 202 à 238; Furlwanfrlcr. au mot llenules, dans Roschcr. l.exikon. p. 2212 à 22.>2.

;5. Hercule Farnèse de Naples : S. Heinach. .S7a/uaire, I. p. 465.

i. Babclon-HIanchel. Bronzes de la liihl. .Va/., n"" 560 à 569, p. 23.1 à 237.

DIVINITÉS d"<)ru;ine orientale 427

qu'il étouffe au berceau (fig. 296), ses douze travaux ', ses amours avec Omphale et autres amantes, Déjanire, Auge, dont Tentant repose coKtre son épaule, etc. Il est impossible de détailler ici tout cela; plus d'un sarcophage montre aussi le héros lutinant quelque jeune femme.

>; IV . — Divinités d'origine orientale.

A. Divinités d origine égyptienne. — Les Lagides avaient encouragé fort habilement certains cultes syncrétiques, destinés à réunir dans une commune adoration les deux races peuplant le royaume d'Kgypte, afin de contribuer à leur fusion -. De ce nombre étaient Isis et Sérapis. Ce dernier, dont l'origine n'était peut-être pas égyptienne, fut dès le début identifié avec Osiris, le dieu mis à mort par un ennemi et déchiré en lambeaux épars, que rassemblait Isis pour le ramener miraculeusement à la vie. De très bonne heure, ces divinités trouvèrent de nouveaux lîdèles dans le sud de l'Italie, où les rois d'Egypte et les marchands d'Alexandrie entretenaient des relations diplomatiques et commerciales. Les Sérapéums, les Iséums, se répandirent en Campanie dès la fin du ii'' siècle avant noire ère, pour les dévotions des esclaves et des aifranchis qui y pullulaient. Mais cette religion égyptienne, qu'on jugeait corruptrice par sa morale, un peu mystérieuse et faisant trop appel aux sens, qui venait d'autre part dune contrée longtemps hostile à 1 Italie, subit fies persécutions, des proscriptions constamment renouvelées. Peine inutile ; la poussée populaire étail si forte quelle l'empf)rla. Caligula lui-même fonda un temple d'Isis au Champde-.Mars, et sur cette déesse et son parèdre s'accumulèrent les faveurs impériales, sous toutes les dynasties, surtout sous les Sévères. On ne tenta pas de les latiniser; au contraire, leurs traits spécifiquement orientaux s'accusèrent toujours davantage •* ; Domitien à Rome, Hadrien à Tibur firent venir de la vallée du Nil tout

1. On en a le tableau sur les sarcopliajçes Borghèse (S. Heinacli, Reliefs, m, p. 169. 1-2 , de Flopencc //>Hi.. p. 29 et 30;. des Tliernics (p.28S. 2), de Manloiie (p. 51, 2), Torlonia p. 3iO à 312), du Vatican fp. 373 à 3"5), et sur la hase de Naples (p. 7.'>. 1-2), etc.

2. CA. Cuniont, Reliff. orient., cliap. iv, et la biblioirrapliie ; G. Lafayc, ///s/, (lu ctille (les ilivinilés (l'.Me.T.indrie hors de IKijiiple. Paris, 188», S°.

3. D'ailleurs ces cultes é}::ypliens ne gagnèrent pas tous les éléments de la population : ils reslèrent sporaditpies et localisés surtout dans quelques provinces : Afri(|ue, Narlionnaise, réjçions du Danube (J. Toutain, Comptes rendus du Conj/rès inlern. d'arcti. class., 2* série, Le Caire, 1909, 8°, p. 253-11.

l'appareil extérieur des cultes égyptiens et les figures accessoires taillées dans le basalte ou le granit noir ou rose.

Sérapis '. assimilé à Osiris, était donc le principal personnage d'un mvthe solaire embrassant les révolutions de l'astre du jour, les transformations régulières accomplies par lui dans la nature et semblablement dans la destinée humaine. Il symbolisait à la fois la vie et la mort — analogie avec Bacchus ; divinité chthonienne, il rappelait Pluton dont il prit d'abord la ressemblance; dieu de la lumière, il s'apparentait à Jupiter, maître de l'empyrée, et à Sol. le Soleil : sa résurrection le rendait apte au rôle de guérisseur, ce qui le faisait confondre avec Esculape. Tant d'attributions se réunissaient en sa personne que finalement aucune ne lui fut refusée ; le Sérapis-Panthée résuma en lui tous les dieux mâles, fut le maître de toute la nature. Son nom et son image se remarquent par suite sur des instruments de magie, abraxas, amulettes, à signes cabalistiques; des monuments, monnaies, pierres gravées, d'un symbolisme fort obscur, portent son buste dressé sûr un j)ied humain. On n'a pas d'exemple figuré de Sérapis-Bacchus, mais il nen manque pas de Sérapis-Pluton : il a l'aspect d'un homme mùr trônant, barbu et chevelu, à l'air grave ou même sévère. (Iraj)é dans un manteau et flanqué du Cerbère aux trois tètes de chien, de loup et de lion) -. Devenu Sol, Sérapis a parfois le front diadème, entouré de rayons. Dans la position assise, appuyé sur son sceptre, il prend facilement les allures de Jupiter ou d'I'lsculape. .\u début de ^l^mpire, on commence à le dresser debout, esquissant un geste de bénédiction, tenant quelquefois une patère ou la corne d'abondance ; mais dans tous les cas, ce qui l'identifie indiscutablement, c'est le boisseau {modiiis) ou corbeille sacrée des mystères [calathus), souvent orné extérieurement d'épis de blé ou de branches d'olivier, posé sur sa tête comme un symbole d'abondance ^ (fig. 219) '.

Son épouse dans la mythologie gréco-romaine, Isis ', dont nous

1. G. Lafaye, au mol Sernpis, dans Safrlio, Uict. des Anl. ; H. P. ^^'cil/.. au mol Sarnpis (forme plus ancienne', dans Rosclier, Le.rikon ; cf. S. Reinadi. Statuaire, II. |). 18-20.

2. Cf. L. Homo. Mélanges de Rome, XVIII (1898), p. 313 el sui\ .

3. Les reprûscnlalions de Sérapis onl été cataloguées par G. Lafaye, op. cit., complélé par \V. .Vmelunj;. I{ei\ arc/i., Il»03, II. p. HM el suiv.

4. D'après Saj,'lio, op. cit., Ci^. 636H (hron/e de Florence — bras restaurés).

5. Lafaye. dans Saplio, op. cit. ; Dre.xler. dans Rosclier, Lexikon ; cf. S. lieinncU. Slatiiuire. II, p. 'i20-422.

DIVINITES D ORIGINE ORIENTALE

avons dit plus haut le rôle après la mort d'Osiris, principe l'emelle de la génération, mère de tous les arts, finit par absorber en elle le& attributions de toutes les déesses grecques et il n'en est pas de plus multiforme. Toutefois il lui reste toujours quelques attributs très caractéristiques : dans la main droite, le sistre, crécelle dont le son accompagnait en Egypte les cérémonies religieuses ; dans la gauche la situle, contenant Teau sacrée ; à son front le lotus, emblème de la résurrection ; elle est drapée dans une tunique talaire, et son manteau forme souvent, sur la poitrine, un nœud très apparent, une sorte de gros chou ; dans nombre de représentations, elle porte un voile dissimulant sa longue chevelure bouclée, pour rappeler que la nature ne révèle pas à l'homme ses secrets. D'autres attributs sont moins constants : tel le croissant de lune, par lequel elle fait pendant au Soleil-Sérapis ; les cornes de vache, symbole presque identique.

Isis fut étroitement rapprochée de Cérès qui

avait cherché sa fille, comme Isis cherchait son époux; d'où une série d'emblèmes empruntés : flambeaux, épis de blé, pavots, serpents, ciste mystique '. Adorée dans l'île du Phare {Isis Pharia\e\le devint déesse marine, protectrice de la navigation : VIsis Peh(/ia est commune sur les monnaies - : elle se dresse sur un navire ou sur un radeau, dont elle tient la voile tendue ; ses vêtements flottent derrière elle. On la confond avec la Fortune ^. Déesse de la maternité et par suite de l'amour, on l'assimile encore avec \'énus et certaines de ses statues(fig. 2'20) * sont flanquées de l'effigie de «<on lils Harpocrate", type du dieu enfant, généralement nu, avec le lotus ou le croissant sur la tète, la corne d'abondance dans la main, parfois la bulle au cou, et quelques-uns des attributs (nébride el cou-

Fiiï. 2 H).

Sera pi''

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