GÉNÉRALITÉS
mitent sont coupées JDar un plan horizontal, reposant sur une base lar^e et aplatie ; il y a un socle. La gorge, clans les portraits d'hommes, est généralement laissée nue; dans ceux de femmes, on la couvre d'un vêlement plaqué contre le corps, sans forte saillie, comme dans un bas-relief.
Avec les Flaviens commence le buste à épaules ; mais de celles-ci on ne reproduit d'abord que la moitié supérieure, arrêtée au creux de l'aisselle ; la forme générale reste la même : limites latérales descendant jusqu'au-dessous de la ligne des seins. Le socle est parfois surmonté d'une petite tablette. C'est alors que le buste romain ressemble le plus à l'hellénistique, surtout de face, car à l'arrière il nst évidé. Le corps et les draperies sont traités en demi-relief.
A partir de Trajan, l'épaule entière apparaît, avec le haut du bras ; le buste cesse de s'allonger en triangle tronqué ; les deux muscles jiectoraux sont entièrement visibles. La draperie est indiquée de plus en plus fréquemment et sa bordure inférieure, dans les portraits féminins, s'échancre d'une légère smuosité. Dans les dernières années d'Hadrien, nouvel agrandissement : on indique les deux premières cotes. De plus, les reliefs s'accentuent pour les lignes du corps et le vêtement ; les hommes sont très souvent représentés avec une cuirasse. Le buste féminin est désormais entièrement arrondi à la base. Le socle est de hauteur moyenne, au type de la base attique ; la face antérieure de la tablette intermédiaire, jusque-là toute nue, s'orne de volutes, ou une feuille d'acanthe la remplace. Sous les Antonins, le développement se poursuit : on descend jusqu'au diaphragme. La base s'élève et la tablette intermédiaire grandit parallèlement.
.Au m"' siècle, le buste arrive presque au niveau du nombril ; les l)ras, ou au moins l'un d'entre eux replié au coude, se détachent du corps ; le Commode en Hercule est peut-être le premier de cette série. L'arrière ne sera donc plus négligé ; la tête ne relèvera plus seule de la ronde bosse ; le buste constituera presque la moitié d'un corps entier. L'accoutrement militaire, trabée, manteau à franges, ligure dans nombre de spécimens. Bienkowski remarque d'ailleurs qu'en ce siècle presque tous les autres types sont également on usage ; suivant l'âge du modèle, son rang social, la destination du |)ortrait, on obéit ou non à cette tendance vers l'allongement progres- "^if ; ainsi la forme n'indique qu'une date au delà de laquelle on ne • lurait remonter. Kn fait, l'observation est également vraie pour les ilt'u.x siècles précédents ; les règles ci-dessus énoncées ne nous font
480 III. LE PORTRAIT. EMPEREURS ET IMPÉRATRICES
connaître que les dimensions les plus grandes propres à chaque période : il a bien pu arriver, dans les pays à clientèle pauvre, qu'on se montrât un peu économe de matière. Et si beaucoup de bustes, dans nos galeries d'art, semblent contredire la théorie exposée, c'est qu'ils ont subi des mutilations et de graves restaurations.
Nous donnerons dans ce chapitre une attention toute spéciale aux bustes, qui sont pièces de musées et offrent une physionomie sous tous les angles, alors qu'une effigie monétaire ne donne qu'un profil ; mais de beaucoup d'empereurs les monnaies seules ont conservé les traits. Nous devons donc tirer parti de tout ce qui peut nous aidera reconstituer, en quelque mesure, l'iconographie impériale.
^11. — Les empereurs.
Nous ne saurions manquer de placer Jules César ', quoique non « auguste », en tête de la dynastie. D'après les textes, des statues lui furent élevées avec dédicace « au dieu » ou au « demi-dieu >>. Aucune des têtes sur lesquelles on a coutume de mettre son nom ne se laisse identifier, comme dit BernouUi -, avec une mathématique certitude ; mais tout un groupe, où on ne relève que des nuances, s'accorde si parfaitement avec les traits notés par les anciens, et avec les effigies monétaires, qu'on ne peut raisonnablement hésiter sur l'attribution. Le personnage est un homme maigre, un peu dolichocéphale, au front développé, au nez long, mince et droit ; la bouche est grande, mais fine : la lèvre inférieure se creuse, dans le bas, d'une dépression qu'accuse plus encore un menton à forte saillie ; la contraction de la mâchoire est soulignée par plusieurs sillons dans les joues; les yeux s'enfoncent profondément dans l'orbite rendue plus cave par des sourcils froncés. L'expression générale respire la maitrise de soi, la réllexion calme et intense, une énergie capable de dureté, la résolution froide, avec quelque chose de hautain et de soupçonneux. Elle persiste même dans les bustes idéalisés de Naples et du Palais des Conservateurs ^ ; elle est surtout sensible dans la tête du Hrilish Muséum (fig. 244).
1. Cf. Frank .1. Scoll, Portraitures nf Julius Caesur. Linidon, 190.3, s°. abondamment illustré.