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III. LE l'ORTRAIT, EMPEREURS ET IMPERATRICES

de Barletla ^ qu'après avoir éliminé, comme moins vraisemblables, toutes autres hypothèses.

Logiquement, nous pourrions conduire cette étude jusqu'au der-

Fi^. 27S. — Conslaiilin I" (Cliché Alinari).

nier empereur d'Occident,. Romulus Augustus (475-476). Mais nous n'aurions même plus le secours de la numismatique : surtout sous les successeurs de Théodose le Grand, l'effigie impériale est une figure stéréotypée qui n'a plus du tout la valeur d'un portrait individuel.

i; III. — Les impérutrices et les femmes delà famille impériale '-.

Il convient de s'y attarder moins qu'aux souverains leurs époux. Les bustes de lemmes ne sont pas aussi nombreux dans nos collections (|ue les bustes d'hommes. Bien que le culte des I)ivi s'adresse

1. Hcnioulli, III, pi. i.vi et p. 25S. En fait, on reste ilans le doute absolu: cf. O. M. Dation, liifzanline :irl mid ;irih;ieoloff;f, Oxford. 1911, S», p. 12;"). Récemment H. Kocha voulu reconnaître dans ce personna},'e \'alentinien I". mort en 375 {Anlilie Dcnliiii/iler, III, 2. p. 20-27, 11^. 1-9, p. 20-27).

2. En dehors de Heinoiilli, op. cil., \oir les images du livre superliciel de Jos. Mac (Libe, The empresses of Home, London, 1911, 8° (idcnlificalions fort léméraires et d'ailleurs non discutées).

LES IMPÉRATRICES ÔOl

au couple impérial, la personnalité de l'impératrice demeure plus effacée, surtout hors de Rome et de l'Italie. Son influence sur les atTaires publiques est souvent très marquée, mais occulte, connue des seuls initiés. C'est, dans bien des cas, l'homme de guerre que citoyens et provinciaux apprennent principalement à connaître et à révérer dans le prince ; par suite une princesse compte peu.

Les difficultés d'identification sont aussi plus grandes et, trop de fois, insurmontables ; il nest qu un très petit nombre de bustes féminins qu'on sache dénommer avec certitude, ou à peu près. Les traits, chez les hommes, sont plus marqués, soulignés par la barbe, l'abondance des cheveux ou la calvitie. Les artifices de la coilTure, constamment renouvelés, donnent assurément pour les portraits de femmes une date très approchée, garantie par la comparaison des monnaies à légende. Mais il y a là aussi une cause de confusion : telle princesse adopte d'abord la coiffure de la précédente, puis une nouvelle, dont se contente quelque temps l'impératrice qui lui succède, avant de lancer à son tour une mode inédite. Tout cela, certaines monnaies l'attestent. Enfin, même chez un peuple réfractaire aux excès de galanterie, la tendance à idéaliser devait s'affirmer ^surtout à l'égard des princesses, plus jeunes, en moyenne, que leurs maris. En observant les séries numismatiques, où dominent les pièces de. petit module, un peu floues, on remarque en somme, dans les effigies féminines, des groupes distincts dans chacun desquels les distinctions sont malaisées, mais qui s'opposent fort bien entre eux : groupe julien, groupe claudien, groupe antonin, groupe syrien où sont nettement rendus des types sémitiques. Somme toute, beaucoup d'archéologues, devant ces portraits, s'intéressent moins à l'iconographie qu'à l'évolution de la coifTure, dont nous de\ons traiter ailleurs.

L'incertitude se marque déjà avec Livie. 11 n'est qu'un portrait en ronde bosse où l'on soit sûr de la retrouver, selon l'avis général ; c'est la tête du musée de Ny-Garlsberg à Copenhague ' : figure assez pleine, au nez mince, pincé, à forte bosse dans le haut. Et pourtant les traits de Livie ont dû être souvent fixés par les artistes ; à sa qualité ofFicielle, à l'intelligence et à l'ambition qui la grandissaient elle joignait encore la beauté. Une monnaie de

I. 'W. Helbijr. Rom. Millh., II 1887), p. 3-13, pi. i. Mrs Esdailc on rapproche [Journ. of roman, sliulies, IV [1914], p. 139-111, pi. xxii-xxiii) 1" " Aprrippine » assise de Naplcs ; ce serait Livie Agée.

502 m. LE PORTRAIT. KMVEREl'RS ET IMPERATRICES

Byzaiice '. avec les mots 0îà Hcox?-:/,. prête à leffig-ie posthume un type assez individuel ; on peut ainsi la reconnaître sur un médaillon où elle fi^^'^ure en Salas Augusta -. D'autre part, volontiers, à cette date, adopte-t-on. pour représenter l'impératrice, le voile de l'alléfïorie ; l'inconvénient est qu'on l'idéalise. Livie avait-elle des traits pleins et ronds permettant d'en faire une Gérés ou une Ahundanfia, comme dans une statue du Louvre ^? Mais alors, si nous devons étendre l'identification à d'autres bustes, où se révèle une ressemblance notable avec Tibère — ressemblance frappante sur le camée de France (t\g. 333), quoique les figures y semblent impersonnelles — , nous devrons retenir des caractères tout différents : face maigre, osseuse, mâchoire accentuée, profil aquilin, expression triste. Assez laid, avec son gros nez et son crâne aplati, est le buste de bronze du Louvre avec inscription ■* : une statue de Naples ■', trouvée en même temps qu une inscription parfaitement antique ( Aiigusiae Jiïliae, iJrusi fil., divi Aug.), ne donne encore qu'un type idéalisé. ■ '

Il est bien difficile de se représenter Julie, tille d'Auguste ; on a mis son nom sur deux statues du \'atican *' ; simple présomption et très vague. »

La coilfure permet de grouper ensemble un certain nomi)re de portraits de l'époque des Glaudii ". Mais comment distinguer entre ces femmes ? Les effigies monétaires accompagnées du même nom offrent parfois très peu de détails communs. C'est le cas pour la célèbre Messaline. femme de Claude ^. qui pique la curiosité; ou a cru la retrouver dans un buste des Offices '' et dans une tête de Munich '", qui ne se ressemblent pas. Les deux Agrippines. l'Ancienne, femme de Germanicus i lig. '275); la Jeune, seconde femme de Chiude. ont dû avoir une parenté de traits, à en juger d'après la

1. Beriioulli, II. l. pi. .\\.\ii, lO: cf. p. 83 cl siiiv.. el Strong. liom. Sciilfj- Inre. p. 359.

2. Bernoulli, ibid., pi. xxxii, 12; cf. 11 et 13 'idéalisés .

3. MacCabe. op. cil., p. 20: la tète dans Bernoulli, II. 1, p. 102. fij,'. 12. J. Bernoulli II, 1. fig. 10, p. 89.

j. Ihid.. II. 1, pi. V.

6. Mus. Cliiaramonli, 418 Mac Cube, op. cil. p. 2». Bernoulli. II, I. p. 131, conlredil formellement l'attribution, ainsi qu'Amelung, SAu/p/. des Vatik., I, p. 5S3 : Braccio Niiovo, 94.

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