‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 336 sur 509 · l?crnoiiIli. II, 1. p. 193, fi · texte numérisé non relu

l?crnoiiIli. II, 1. p. 193, fi

LES IMPERATRICES

Fiy. 275.

Agrippine l'Ancienne.

moyenne des monnaies, qui ne sont pas sans divergence * . Par elles on a voulu reconnaître l'Ancienne dans un buste du Capitole -, bfclle tête fine, profil imposant, avec un air d'intelligence et de décision. Cette caractéristique conviendrait aussi à la Jeune, d'après la tête de Gervetri, au Latran ■^ — figure ronde, au nez abaissée et en pointe — , qu on désigne de son nom à raison des circonstances de la découverte et de la teneur d'une inscription exhumée tout auprès.

Un buste de porphyre "* au Louvre, rappelle beaucoup une des monnaies dOctavié, première femme de Néron ; mais notablement moins les autres de

même légende '. Poppée figure sur des pièces des villes grecques, où son type est peu caractérisé **.

Les monnaies de Demitia, épouse de Domitien, saccordent du moins entre elles : les traits sont forts, le profil rigide, malgré le front bombé et le nez busqué aux narines dilatées ; le menton proémine et s'avance en pointe ". Avec elle commence la série des physionomies austères et même moroses.

Telle Plotine, femme de Trajan, toujours coilfée de façon très spéciale : un grand peigne formant diadème est planté à l'arrière d'un gros bourrelet de cheveux, précédé d'une rangée de mèches. Par là s'identifie sans risque d'erreur un buste, entre autres, du Capitole, d'expression chagrine et refrognée **. Même agencement sur les monnaies au type de Marciane, sa belle-sœur ^, mais la confusion

1. Bernoulli, II, pi. .\x.\iii, \l-\9 ^Slrong, op. cit., pi. ex, 3 ; xxxv, 2-7. Quant aux bustes, il en est qu'on a attribués alternativement à l'une et à l'aulpe; cf. pi. \x-x.\i.

2. Ibid., pi. XV ; Mus. Capitol., p. 190, n" 10, pi. .xi.vii ; mais le nez n'est pas celui des monnaies. La fameuse » Ajjrippine » du même musée [ibid., pi. i.xxxivi, en pied, assise et accoudée sur son dossier, représente, vu sa coilTure, une anonyme de l'àf^e des Antonins.

3. Bernoulli, II, 1, pi. xix. Pour elle aussi les monnaies rendent circonspect. 1. Mac Cabe, op. cit., p. 112.

à. Bernoulli, II, l,pl. xxxv, 17-lS.

6. Mac (>abe lui rapporte (p. \\fi:Mn.i. Capitol., pi. xi,\iii,n* 17; un buste que sa coilFure place au temps d'.Vntonin le Pieux, pas plus haut.

7. Bernoulli, II, 2, pi. de monnaies ii, 12-15. Buste conforme, mais avec nez restauré: .Mu/t. Capitol., pi. i., n° 25.

H. Bernoulli, II. I, pi. xxix; Mus. Capitol., pi. i„ n" 28. '•. Bernoulli. ibiil., pi. de monnaies m. 8-11

LE PORTRAIT. EMPEREURS ET IMPERATRICES

est interdite parla différence^des traits : Foeil plus cave, le front et le nez dans la même ligne.

Le profil de Sabine, épouse d"Hadrien, se reconnaît assez facilement. Très peu de convexité dans l'ensemble; le nez, en outre, est spécial : d'abord aquilin, il se creuse ensuite, pour former un nouveau saillant et s'achever en pointe : les lèvres se pincent. Gomme impression totale, quelque chose de rigide et de revêche. On peut

sans doute rapprocher des monnaies ' un buste du Brilish Muséum -.

Les deux Faustines furentelles calomniées par la chronique ? On n'incline guère à la récuser si Ton s'en rapporte à lanumisniatique,car celle-ci nous offre des types toulopposésaux précédents.

Ce sont de beau.x profils, priiici[Kilement celui de Faustine la Mère •*, mariée à ij-l , §jW '^NT^^Ê^J Anlonin, une des princesses

M kl «in JiW^J^ ivJ^r ji romaines dont l'iconogra-

phie est le mieux assurée, ce qui permet de placer son nom sur un buste du Capitole (fig. '276' et un autre

du Louvre '. Les joues un hig. 2"6. - Faustine la .Mèic,CliclK.\foscioni,. ii i i- • »■•

' peu molles, la lèvre mfe-

rieure pendante, le regard

complaisant et la bouche sensuelle apportent une note nouvelle,

plus accentuée encore chez la fille, Faustine la Jeune, femme de Marc

Aurèle : celle-ci, avec ses traits plus ronds, un peu empâtés, son

menton abaissé vers le cou, son .sourire engageant et même pro-

1. BeriKiulli, ihkl.. surtout 18 et 20: Strong, l\om. Sculpture, pi. «'x. 11.

2. Mac Cal)e. op. cit., p. 151. L' na u t rc i.Vhs. Capitol., pi. m.. n° 04 bien plu» douteu.x.

3. Slrong, op. cil., pi. c.\.\, 2: Hernoulii. H. 2. pi. de monnaies iv. «-9: Gnecchi, pi. i,vi-i,viii.

4. Mac Cabe, op. cit.. p. 16i. Peut-être encore un de Naples : Hernoulli. II. 2, pi. xLvi ; Kuescli. Guida, p. 2.18. Peut-être celui de Cliatswortli (Strong, op. ci7.. pi. cxi.Vi la représenle-t-il plus âgée.

LES IMPERATRICES

voquant, semble justilier la réputation de légèreté qu'on lui [a faite (fig. 277 et 278); le visage est d'autre part plus juvénile que chez la mère. On croit le retrouver dans un buste du Louvre * et un autre du Musée britannique '^. La petite-fille. Lucille, épouse de

ip. -. . .

Faustine la Jeune.

Fig. 2"8. — Faustiuc la Jeune.

Lucius Verus, aussi mal réputée, offre une grande ressemblance avec sa mère, mais l'expression est plus renfermée ^.

Crispine, épouse de Commode, soupçonnée elle-même de mauvaises mœurs et pour ce mise à mort, ressemble un peu aussi aux précédentes, quoique non parente ; mais la tête est plus anguleuse et le cou plus élancé ■*.

Nous arrivons à la dynastie syrienne. On attribue nombre de bustes à Julia Domna, seconde femme de Septime Sévère, uniquement en raison des coilTures. On ne peut s'en rapporter qu'aux monnaies ; encore plus d'une donne-t-elle un nez droit sans doute inexact. Sur la plupart, c'est le nez busqué typique et trahissant le milieu sémite ; sur d'autres, il est plutôt camard, avec de fortes lèvres qui avancent ; les formes générales sont rondes encore ■'. Ce nez arqué, et un front bombé, -iont les seuls points communs entre toutes les effigies

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