‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 383 sur 509 · LES PETITS MONUMENTS OO · texte numérisé non relu

LES PETITS MONUMENTS OO

on se bornait souvent à la figurer accrochée à deux boulons saillants, réservés. pendant la taille de la pierre '.

Mais bientôt on trouva mieux que le bucrane : la tèle de bélier. Sa forme plus prismatique que celle du bœuf, convient donc fort bien comme motif d'angle: en outre, le front fuyant de cet animal ressemble vai^uement à léchine dun chapiteau, dont enfin les cornes à enroulement fournissent les volutes. Ce motif n était pas ignoré de larl i:;vec, qui lui prêtait une valeur prophylactique, et nous en avons des exemples dans celui des Ktrusques; mais il était resté relativement rare: les Romains le firent entrer dans leur répertoire funéraire, où il caractérise les ouvrages de lépoque de Claude, (^n en pouvait tirer meilleur parti ; les monuments de ce temps, même pour qui n'oublie pas leur valeur banale darticles industriels, révêlent une décadence notable, si on les compare à ceux de Part augustéen. Ces derniers se ressentent encore de la tradition hellénique, de sa sobriété : lorsque la décoration recouvre toute une surface, c est quelle est très fine et de relief amorti ; quand elle prend plus de corps, elle ménage des vides; le fond apparaît par places. .\ la génération suivante, le parti opposé l'emporte. F.xcepté dans quelques exemplaires mieux compris -, où le marbrier a consenti un peu de champ lisse, la surcharge triomphe : tout ce groupe produit un effet de lourdeur, de bouffissure, surtout dans le bas des cippes, par contraste avec la partie supérieure où les têtes de bélier, fixées trop bas, laissent un blanc fâcheux au-dessous de la corniche du coui'onnement, et où lépitaphe se loge souvent dans un cartouche de trop faible relief ■'. Par ailleurs, c'est un fouillis de thèmes ornementaux de toute espèce : aigles. Méduses, cygnes, sphinx, hippocampes, oiseaux divers, quelquefois avec le buste du défunt dans une coquille ', et sujets très variés dont nous aurons à étudier plus loin la portée symbolique. Tout cela juxtaposé, et non composé, donnant une impression de remplissage arbili'aire . sans aucun souci de

1. Ailleurs .\ltnianii, (jvabaHiire, p. M. iij;. 48, n"12;Strong. op. cil., pi. XXXVIII, la guirlande pose sur une le te de Méduse formant mascaron, ou elle est soutenue par un Kros (jui plane Slrong, op. cit.. pi. xxxii).

2. .Vutel fl'.Vntonia Hélène .\ltmann. Gr.ihaltiire. p. 75, fifj. 64, n" 2.') ; Mii.'i. (Capitol., pi. i.xxxii, 22 a).

3. Cf. Allmann, op. cit.. p. 7.1. lig. 02. n° 20: p. 79, fig. (iti. n- 40: p. SO. lig. 67, n" 12.

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