‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 404 sur 509 · VIII. RELIEFS FLNliR AIRES · texte numérisé non relu

VIII. RELIEFS FLNliR AIRES

sa couche, parfois même sans aucun entourage, en quelques cas avec un serviteur à droite et à gauche du tableau ; mais on voit aussi lajveuve assise aux pieds de son mari, dont elle a pris la main, ou

Fig. 316. — Le banquet funèbre iCliché Moscionr.

lisant un volumen ; dernière variante : le mort lui met la main sur l'épaule. L'n trait réaliste amusant, d'ailleurs rare : les chaussures du mort sous le lit ; plus fréquemment, c'est le chien familier du dét'unt ou de sa femme qui va s'y blottir '. Déjeunes enfants complèlent encore la scène, en particulier sur les monuments qui pro-

1. .\llmann. (inibnllUre. p. 102, l\^. I.'jI, n" 257 (on y voit le clieval du mort, niolir CMuranl du j)rololype ^rec. presque toujours néf^dif.'é par les iuiilateurs'.

IMAGES FLNKBRES PROPREMENT DITEï

5yU vin. RELIEFS FUNERAIRES

viennent de l'Orient grec. Sur la stèle que L. Herennius Secundus et sa femme se sont élevée de leur vivant, s'ajoute l'aimable détail d'un nourrisson au sein de sa mère ''. Dans un plaisant relief, c'est tout un décor de fête : les enfants, auprès des parents étendus sur le lit funèbre, jouent du flageolet ou folâtrent avec leur cbien ^.

A part cet exemple et quelques autres assez rares, le banquet funèbre est en réalité le l'epas à\in mort, Aisité par les siens. Il s'est cependant trouvé à Amiterne un relief, assez grossier, ayant pour sujet un vrai banquet, un repas collectif ^. A gauche, un triclinium : six personnages sont couchés autour d'une table à trois pieds, chargée d'objets divers, coupe à fruits, vase de vin ; auprès d'eux s'empresse un domestique qui marche vers le groupe. A droite, six autres convives, assis ceux-là, donc de rang inférieur et représentant la familia; pour les servir, un dernier figurant prend sur une table à pied unique les ustensiles qui y sont réunis.

La tradition de l'épicurisme hellénique a inspiré, particulièrement à Alexandrie, certaines scènes où Ton ne craint pas d'apporter une note de bouffonnerie dans les choses de la mort. Citons un fragment bien connu : le squelette qui s'exerce sur la double flûte ; avant la dernière mutilation de ce débris, on y voyait un second squelette dansant au son de la musique '. Plus célèbre encore est le relief macabre qui couvre deux gobelets du trésor de Boscoreale (fig. 317 et 318) \

Au-dessous d'une guirlande'de roses qui, sur l'un des deux vases, passe fort joliment dans l'anse et, par sa fraîcheur, s'oppose si heureusement aux corps décharnés, une bande de squelettes forme un groupe fantastique ; ils représentent les célébrités de la Grèce, car grecque est cette invention qui a obtenu l'engouement des riches Romains. Il y a cependant des squelettes anonymes. L'un tient d'une main une bourse pesante, de l'autre, par contr;iste, un papillon — petite âme, dit l'inscription gravée à côté — ; son geste en .'souligne l'extrême légèreté. Le suivant fixe sur sa tête une couronne de fleurs et rappelle qu'il faut se hâter de jouir, car demain est peu

1. Espérandieu, Bas-reliefs. I, p. 67: S. IJciiiiicli, lieliel's. II, p. 21.'). I 'musée d'Avipnon .

2. Hoinach, op. cil., III, p. 265, 2 ; Hizzo, Bull, comunale, 1904. p. J'i.

.<. N. Persichclli, Bôm. Millh.. XXIII ;1908). p. 18-2;"), pi. iv en bas (lin de la Héj)ubliqiie .

4. Kfl. LeHIanl, Mi-lanifesde Boine, VII (1^87,, pi. viii, p. âH-68 et 2âl-7 : S. Hciiiach. Belie/'s. III. p. 23», 2.

■>. D'apit's \cs Montimenls Piol, V (1899;. pi. vi-viii.

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