‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 405 sur 509 · III. RELIEFS FUNERAIRES · texte numérisé non relu

III. RELIEFS FUNERAIRES

sûr. Le troisième tient sa couronne de la main gauche, abaissée. et de l'autre un crâne qu'il examine. Des ossements, un papillon envolé, c'est tout ce qui reste de l'homme après sa mort. Puis voici Sophocle, dig-ne, s'appuyant sur son sceptre, et étendant le bra;^ vers un masque tragique que lui présente le squelette, plus petit, d'un serviteur, ^'^ient ensuite Moschion,muni d'un masque de femme et d'une torche renversée, symbole de la vie, dont le nom grec est inscrit tout auprès; un masque de vieillard, à ses pieds, et une inscription suggèrent l'idée que la vie est un théâtre : la scène se complète par un scjuelette jouant de Iheptacorde . Après, c'est Zenon le stoïcien, figuré ici en mendiant, comme les autres philosophes. le bâton à la main et la besace sur l'épaule : sa main tendue désigne avec dédain b'picure qui lui fait face, accompagné de son pourceau, et qui dispute à l'animal un gâteau posé sur une table. « Jouir est le bien suprême », lit-on à côté de sa maigre silhouette.

Sur le second gobelet, très analogue au précédent, nous commençons par un squelette étendu à terre sans mouvement; unj autre l'arrose de parfums et lui apporte des offrandes. « Honore' les ordures », dît un graffile ironique. Leur voisin contemple un crâne et conclut : « C'est cela, l'homme ! » ; après quoi Ménandre le comique, qui exécute un pas léger, imite les attitudes de Moschion, mais relève la torche. Un petit squelette, à sa suite, joue de, la double tlùte ; de l'autre côté, sur le sol, un nouveau masque,^ aux cheveux embrouillés, celui d'un satyre, placé sur un guéridoiij bas. Plus loin Archiloque chante en s'accompagnant de l'hepta-j corde ; près de lui on lit cette devise : ^< Réjouis-toi tant que tes;j jours ne sont point révolus. » Euripide rappelle Sophocle pour h pose : il s'appuie sur un thyrse, pompeusement. Enfin deu) philosophes, de sectes opposées, se font un vis-à-vis méprisant, escortés de deux chiens, dont l'un semble s'associer à leur querelle.

Il y a là comme un écho du festin de Trimalchion, qui jette ui jour curieux sur l'envers de cette société romaine hellénisée, sce[ tique et élégante. Pétrone ', on le sait, nous y montre un esclav^ dressant sur la table une Larve, squelette d'argent, dont l'agencement se prête à toutes les contorsions, image de la mort horribll qui excite à jouir de la vie.

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