L APOGEE. EPOQUE DE TRAJAN
Mésiedes garnisons romaines, que menaçait une nouvelle offensive barbare. On suit leur résistance victorieuse jusqu'à l'arrivée des renforts. Une série de scènes connues *, puis deux tableaux de grande allure. Le premier passerait inaperçu si l'on n'en voyait que
FIjr. M'i. — Soumission de clicl's daccs Clitlu' du musée de Saint-Ciermain .
le bas : c'est la libation habituelle avant le sacrifice ; mais audessus, dominant les flots agités du Danube, se profile le pont gigantesque d'Apollodore, aux nombreuses piles maçonnées, qui soutiennent l'arche et le tablier avec ses parapets ajourés ffig. 'M'2 : symbole impressionnant, obtenu par des moyens simples, de res|)iit
transcription artistique. Il n'en reste pas moins cjue l'itinéraire de 105 est run- Iroversc ; voir dans 1 article cité de Sliiart Jones, p. î49, la carte où sont reportées toutes les hypoliièscs à ce sujet Cichorius, Pclcrsen. Henndorf. Domaszewski, W'cbcr. S. Jones).
I. Notons pourtant le « sacrilîcc des six autels " 71-72 = i.xwiv-i.wxvî, auquel l'alii^nemcnt des quatre viclinies, chacune avec son popa. à l'an-iéi-eplan, donne tant de solennité.
6i8 IX. RELIEF? A SI JETS HISTORIQIES ET MILITAIRES
d'entreprise romain. Du voisinag^e de ce pont dérive le nom de la ville (^Pontes Trajani) figurée à la suite, assez gauchement, par divers édifices. Mais toute l'attention se concentre sur un g^roupe de chefs barbares, d'un puissant réalisme ■fig'. 343) : on les sent observés sur place, pris sur le vit", ces guerriers d'aspect asiatique, avec leurs bonnets ou leurs calottes, leurs chevelures et leurs barbes hirsutes, leurs vêtements étranges, rappelant la tunique tcherkesse ou formant de vraies robes surmontées d'un corselet, et leurs amples manteaux agrafés comme des chlaniydes, qui retombent presque au bas des pantalons bouffants. Alig:nés devant Trajan qui, très calme, reçoit leur soumission, ils donnent comme le pressentiment de leurs revanches futures et des grandes invasions.
Mais tous ne se sont pas soumis, et bientôt commence la dernière expédition. Les épisodes répètentceux du début, toutefois les tableaux y prennent plus de larg-eur, rassemblent plus de combattants, plus furieux à l'attaque. Aussi Tépilog-ue approche ; c'est d'abord un vaste triptyque : i° Les Daces brûlent leur capitale avant de l'abandonner (96 = cxix) — la scène serait plus saisissante s'ils ne portaient la torche sur des maisons par trop petites. — '2" Un groupe de chefs, préférant la mort à la honte, se résignent ;i s'empoisonner (fig. 344) ; avec des gestes de fanatiques, ils approchent du chaudron funeste; à droite, pour quelques-uns, le î^acrifice est consommé : ils se tordent sous les premiers etrets du poison, ou agonisent, ou ont cessé de lutter. — 3" Les moins braves .s'enfuient épouvantés (98 = cxxii) et vont se livrer à Trajan. D'autres tribus, plus loin, tiennent encore la campagne, enflammées par leur roi Décébale ; mais, après de nouveaux engagements qui amoncellent les cadavres, et une chevauchée éperdue dans la forêt, Décébale, dépouillé de ses trésors, renonce lui-même à la lutte et se tue (ll"i = cxLv), au moment où des cavaliers allaient le capturer. On se saisit de ses lils ; on porte sa tête au camp romain (113 :^cxLvn). La Nuit reparaît une fois encore (115 = cl), marquant la fin des opérations, et l'armée concjuérante refoule vers leurs gîtes les Daces paciliés, qui poussent de\anl eux leurs paisibles troupeaux (1 16-1 18 = cliii-clv).
Nous avons signalé force redites ; Trajan réparait bien dc^i fui-' dans les mêmes i-ôles, les mêmes attitudes ; ces retours frê(|uents do V;nllnrn(io. du conseil de guerre, ne sont pas toutefois absolumcnl inutiles; ils donnent à l'icuxi-c son uiiilé : ils scudi^nenl en nu-mc
[/apogée, époque de trajan 649
temps pour nous le caraclère fondamental du relief historique, qui
s'est déveloj»|K' p;ir les Césars et pour eux.