HADRIEN ET LES ANTOMNS
produit, en raison d'une insuffisance de perspective : che\ aux et cavaliers ne sont g-uère plus petits dans le haut de la composition que dans le bas, ni moins serrés sur les côtés. On a donc l'impression, qui n'est p:)inl déplaisante, d'une chevauchée idéale dans l'espace, et l'on ne remarque pas au premier coup d'(ï?il, sur le fond uni, les saillies exiguës de la pierre sur lesquelles s'appuient les pieds des fantassins et les sabots de derrière des chevaux, et qui veulent marquer la ligne du sol.
Marc Aurèle, lui, dut être, et bien à contre-cœur, un homme de guerre; les populations du Danube, Germains et SarmaLes en particulier, lui créèrent d'inc-essantes angoisses. Ce sont les souvenirs des expéditions qu'il dut diriger contre elles que retrace le ruban hélicoïdal de la Colonne Aurélienne, édifiée sous Commode '. Si nous n'avions qu'elle en ce genre, on y prendrait le plus vif intérêt: mais nous avons la Colonne Trajane, dont elle n'est qu'une copie médiocre et mal conservée. Un incendie dans le voisinage l'a fort éprouvée ; du reste, le marbre de Carrare, dont elle est faite, a bien moins résisté aux intempéries que le marbre de Parosdu prototype. Copie avérée, au surplus, et systématique, vu la hauteur égale du monument cent pieds romains et la répétition des mêmes scènes, pareillement traitées. Chaque fois que l'imitateur s'éloigne du modèle, c'est pour commettre une lourde erreur. Lapins flagrante, qui partout saute aux yeux, est dans le relief beaucoup plus fort des figures de premier plan : par suite, pour ne pas masquer les autres ni trop amaigrir les sujets, il s'est trouvé conduit, dans bien des tableaux, à superposer deux registres séparés, le plus artificiellement du monde, par une arête qui constitue une deuxième ligne de terrain. Et que de défauts encore ! Facture plus gro'îse et plus molle, lien très lâche entre les épisodes et entre les figurants d'une même scène, imprécision '^ manifeste dans les portraits et l'expression des p.articularités ethniques, localisation flottante par banalité : partout m.'mes arbres, mêmes sortes de constructions. On ne découvre qu'une nouveauté véritable : la tentative
1 . Piiblicalion unique, fort encombrante et d'un pri.v très élevé, d'après des photographies : Peterscn. Calderini, von Domaszewski, Die Marcus-Saiile. Municli. 1896. f " : S. Ileinach. Reliefs, I, p. 29.3-.329 d'après les vieux dessins. 1res arranffés, de Barloli .
2. L'imprécision >rénér.ile est cause des difficultés très {rrandes au.vquelles donne lieu l'interprétation des tableaux et qu'a lâché encore de résoudre Stuarl ,Iones {Paperx o/' Ih" lirilisli Schnol al Rome. III '1906], p. 254 cl suiv. .