‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 445 sur 509 · IX. RELIEFS A SUJETS HISTORIQIES ET MILITAIRES · texte numérisé non relu

IX. RELIEFS A SUJETS HISTORIQIES ET MILITAIRES

de traduire plasLiquemenl certains phénomènes naturels. Ainsi, les Germains avaient voulu escalader un fort romain et construit à cet ell'et un grand échafaudage de bois ; la foudre le précipita à terre avec les assaillants ; les flammes qui recouvrent les madriers démontés sont rendues avec quelque réalisme ' . Le Jupiter Fluvius invoqué par Marc Aurèle et submergeant les ennemis sous des torrents d'eau 2, avec sa barbe gigantesque, ses grands bras ruisselants, n'est pas dénué de puissance ; mais ramoncellemént sous lui des corps noyés est dune incroyable pauvreté d'exécution.

5; M. — Le III'' siècle el l'époque conslanlinienne.

L'évolution du genre historique ne peut plus guère être suivie que sur trois monuments. Le premier, fort éloigné des autres par sa date, est l'arc de triomphe élevé par le Sénat à Septime Sévère et à ses fils, à l'occasion des victoires sur les Parthes, les Arabes el les Adiabéniens (203 . Un coup d'oeil sur l'ensemble i plus haut, iig. 40) révèle aussitôt que la sculpture recule derrière l'architecture. Celle-ci s'est compliquée : des colonnes en faux portique font saillie sur la façade. Au contraire, le relief accuse des fautes graves de conception : ce qui se voit de loin, ce sont les accessoires, les figures des écoinçons. Victoires, Génies des vSaisons, les Barbares enchaînés des bases de colonnes. Quant aux frises et aux grands panneaux, elles tournent à la miniature : les personnages minuscules qui s'y agitent évoquent un autre art que le relief, la mosaïque, par exemple ; la tapisserie, a-l-on dit encore ; c'est de la broderie au petit point. Il le faut bien en vérité, car l'ambition du sculpteur s'est à d'autres égards accrue : un même cadre embrasse, non plus quelques centaines de mètres dhorizon. mais un pays entier, toute une province. L'édifice a beaucoup souffert, et l'on n'en juge plus très exactement ; toutefois, vu tel quel ou à travers les dessins arbitraires de Bartoli et des vieux graveurs ', il laisse bien reconnaître la méthode adoptée. L'artiste a transporté aux grands panneaux, auxquels ils ne s'adaptent pas, les procédés de la Colonne Trajane . Le dessin est par zones, gauchement raccordées ou même point du tout ; dans l;i moitié d'un

I. Miirciis-Siialc. pi. xvii B : Slion^:. oj). cil .. pi. i.w.wi : lU-iiuicli, ir 'JT •J. Murrus-Siiiile. pi. xxvi : Slroii^;, pi. i.x.wvii: Keinacli. n°" 23-2i. .■». Cf. les plancli.-s de Hiihcis dans Heiiiaoli. ISi-liefs. I. p. 2(50-270.

LE III'' SIÈCLE ET l'ÉPOQUE CONSTANTINIENNE 657

tableau seulement ' ce sectionnement est évité. L'ensemble fait songer à un vaste décor de théâtre, décor vivant, où les figurants seraient étages dans le fond de la scène. Épisodes ordinaires : harangues, batailles, prises de villes, négociations; le tout, il est \Tai, mouvementé et pittoresque. Telles sont aussi, plutôt que la variété, les qualités des pompes triomphales sculptées sous les grands sujets -.

Quant à la porte de Sévère au Forum Boarium ^, rien de plu> banal ; à signaler seulement les enseignes à portraits impériaux qui ornent les pilastres.

Sur lare de Salonique, les zones sont encore plus nettes : elles lie sont plus séparées par une simple ligne de terrain, mais par un tore décoré de rinceaux ou de feuilles disposées comme dans une couronne. Tout n'y est pas parfaitement clair; si M. Kinch "* n'avait pas constaté la présence, dans les bas-reliefs, de deux Césars et deux Augustes, et lu le nom du Tigre à côté d'une des divinités fluviales qui y figurent, il n'aurait pu reconnaître là le souvenir de la campagne de Galère contre les Perses (295;. Le souci de la couleur locale y persiste néanmoins manifestement ■'^.

Reste enfin l'arc dit arc de Constantin. La sculpture v garde plus encore une destination purement ornementale, du reste supérieurement comprise ; la preuve en est le remploi même de reliefs antérieurs de 150 à "iOO ans. Il y a toutefois, au-dessus des portes latérales et se prolongeant sur les côtés du monument, une frise étroite qui est de la dernière époque ". Ce qu'on entrevoyait déjà dans les reliefs effrités de Salonique est mieux marqué dans ceux-ci, de bonne conservation et exécutés dans la métropole romaine, où l'évolution de l'art est plus rapide.

Quelle en est la date exacte? Des éludes récemment poursuivies sur place par M. Frothingliam ' l'ont amené à conclure que la frise

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