‹ Manuel d'archéologie romaineChapitre 66 sur 509 · VIII · texte numérisé non relu

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.3. Voir sur le sens de ce passage et son iiiterprétalion : (îermain do Moiilauzan, op. cit., p. 179.

AQUEDUCS ET CHATEAUX d'eaU 95

ventre, adoucit son mouvement d'afflux pour remonter et parvenir jusqu'au sommet du plan incliné. » Ces préceptes impliquent la connaissance du « siphon » ; et, en effet, on a constaté sur le terrain l'emploi de ce principe en Asie Mineure, à Palara \ où l'aqueduc étudié paraît très ancien, et à Aspendus - ; à Alatri, où la conduite remonterait à 184 av. J.-C. ^ ; à Lyon où elle date de l'époque impériale * ; à Constantine pour la traversée de l'Oued-Rummel '', etc. Il faut ajouter que les tuyaux de poterie à cause de leur fragilité * étaient moins employés que les tuyaux de plomb et qu'en général on n'en usait point pour les siphons ''. On rencontre aussi, ce dont ne parle pas Vitruve, des canaux perforés dans de gros dés de pierre destinés à s'emboîter les uns dans les autres ^ ; ce genre de conduite n'est évidemment utilisable qu'en terrain plat.

Les canaux maçonnés étaient les plus communs, et les Romains ont accompli, pour établir certains d'entre eux, de véritables tours de force.

Leur construction n'offrait pas de grandes dilflcultés quand ils étaient creusés dans le roc ou établis par tranchée couverte dans la terre; il suffisait de disposer au fond de la tranchée un pavage de moellons et de mortier d'une certaine épaisseur ; puis on constituait un chenal specus en élevant, de chaque côté de l'espace qu'on réservait à l'écoulement de l'eau, deux piédroits en maçonnerie, plus ou moins hauts ; sur ces murs, on faisait reposer une voûte destinée à protéger la conduite ; le tout ou seulement la partie inférieure était recouvert d'un enduit imperméable à l'eau. Le profil du chenal était elliptique, ou plus souvent rectangulaire, avec couverture soit en plein cintre, soit rectiligne, soit triangulaire, soit même trapézoïdale. Les aqueducs de Rome ofTrent toutes ces variétés.

Dans cette même voûte supérieure, quelque forme qu'elle affectât, étaient percés de loin en loin des regards \pufei), permettant de

1. Tcxicr, Description de l'Asie Mineure, Paris, 1839-49, f". III, p. 124

pi. CLX.Xl.X.

2. P. Trémaux. E.rplor. nrcli. en Asie Mineure. Varis, s. d.,f'',pl. vm el i\.

3. Bullelt. deli Institnio ;irch.. 1865, p. 6j; .\olizie degli Scavi, 1879, p. 2tiO cl suiv., cf. 1882. p. 41T.

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