‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 107 sur 370 · Millet, Art In/z · texte numérisé non relu

Millet, Art In/z

produit le manuscrit de Dioscoride. De Texistence de ces ateliers divers, peut-oa conclure à des différences d^écoles bien tranchées ? Je ne le pense point, et ces divers centres de production offrent en somme dans leurs ouvrages des caractères communs assez accusés. Mais c^est un fait remarquable que cette activité puissante qu'on constate dans toutes les régions de Tempire au vi® siècle, et on conçoit aisément que ce grand mouvement d'art n'ait pu manquer d'être créateur. Dans les compositions, dans les types, les miniaturistes ont souvent inventé. On a vu tout ce que l'iconographie byzantine doit au Cosmas, à l'évangile de Rabula, au Rossanensis, tout ce que pour la première fois, et pour toujours, ils ont introduit dans le trésor de l'art byzantin.

Ainsi les miniatures confirment ce que nous ont appris les autres monuments de l'époque. Les mêmes centres de production artistique donnent naissance à des œuvres de semblable inspiration. C'est dans l'ensemble le même caractère de pompeuse et grandiose cérémonie, la même façon de traiter les figures dans un style essentiellement plastique, la même manière de placer les scènes dans un monde idéal, où les personnages s'enlèvent puissamment sur les fonds unis de pourpre et d'or. Le Christ de l'évangile syriaque et du Rossanensis rappelle à s'y méprendre le Christ barbu, tel qu'il est figuré dans les épisodes de la Passion à Saint- Apollinaire; dans les deux jugements de Pilate du manuscrit de Rossano, de nombreuses analogies apparaissent avec les mosaïques de Saint- V^ital représentant Justinien et Théodora. Le style historique et monumental, ici comme dans la décoration des églises, tend ù prévaloir de plus en plus sur la tradition pittoresque.

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