‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 12 sur 370 · L*ART CHRBTIEN ART OFFICIEL · texte numérisé non relu

L*ART CHRBTIEN ART OFFICIEL

CARAGTÈRBS DE l'aRT NOUVEAU

L'art chrétien art officiel, — En devenant une religion d'État, le christianisme était entré en relations étroites avec le pouvoir. Protégé par lui, il devait à la faveur impériale croissante une pari de sa grandeur : docile aux ordres du prince, il mit, d'autre part, sa force à son service et fut un des instruments de Taciion gouvernementale. Par le fait de ces rapports continuels, Tart chrétien naturellement fut dès le iv* siècle un art officiel. Encouragé, alimenté par les empereurs, par leur famille, par les grands seigneurs de la cour^ il prit assez vite en conséquence un certain air d'uniformité. Sans doute, on le verra plus loin, les écoles régionales qui naquirent dans les diverses parties du monde oriental gardèrent longtemps une spontanéité, une diversité qui leur donnèrent une marque propre, et durant tout le i\*' siècle, les grandes villes hellénistiques de Syrie et d'Egypte, Antioche et Alexandrie, dirigèrent le mouvement artistique autant et plus que Constantinople. Pourtant, dès cette époque, les constructions élevées par les empereurs semblaient des modèles dignes d'être universellement imités. Dès ce moment la cour donnait le ton et Timpulsion aux créations de Fart. La magnificence dont s'entouraient les princes, le goût de luxe et de pompe qu'ils affectaient, l'étiquette solennelle qui présidait à leurs actes, influaient curieusement sur les conceptions des artistes chrétiens. Leur imagination, comme on l'ajustement remarqué, « se modelait sur les cérémonies de la cour » ; elle transportait dans le monde spirituel la hiérarchie terrestre dont le palais impérial lui offrait le magnifique spectacle. On raconte que Porphyre, évêque de Gaza, étant, en 401, venu à Constantinople, fut particulièrement frappé de la beauté des costumes dont s'habillaient l'empereur et ses courtisans. <« Si ces pompes terrestres, disait-il^ qui ne durent qu'un temps, ont un tel éclat, quel doit être l'éclat des pompes célestes préparées pour les justes. » Le mot est caractéristique. Il montre comment « l'Eglise, au contact du pouvoir, adapta son goût comme sa pensée aux usages de la société qu'elle prétendait diriger * '>, et comment cette société imprima son caractère à l'art.

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