STATUES IMPÉRIALES ET BAS-RELIEF9 HISTORIQUES
lisque de Théodose nous peuvent donner l*idée de cet art déjà en déclin, mais dont les œuvres ont plus d'allure pourtant que celles de la décadence romaine. La statue colossale de bronze, qui subsiste à Barletta, et où Ton croit reconnaître Fempereur Théodose, atteste non moins nettement la décadence, et montre combien, dès ce moment, le ciseau des sculpteurs s^était raidi.
Pourtant, au vi*" siècle encore, la tradition de cette sculpture profane persistait à Byzance. Les textes des historiens parlent de statues de marbre ou de bronze, élevées en Thonneur de Justinien, (le Théodora, de Bélisaire, de Justin II, de Sophie. I/un de ces ouvrages nous est même particulièrement bien connu. Surlaplacede FAugustéon, au sommet d'une haute colonne de bronze, se dressait fièrement dans les airs la statue équestre de Justinien. L'empereur était représenté, le visage tourné vers TOrient, la main droite levée, la gauche tenant le globe surmonté de la croix. Costumé à Tantique, dans Thabillement que la tradition prétait à Achille, il portait sur les épaules le manteau semé d'étoiles, et sur la tête, le cercle d'or orné d*un panache en plumes de paon dorées, qu'on appelait la loufa. L'œuvre, qui était en bronze, et de proportions colossales, existait encore au xv** siècle, et elle nous est connue par un curieux dessin de ce temps. Il ne semble guère' qu'elle justifie les éloges ampoulés que Procope accorde aux sculpteurs de l'époque, lorsqu'il proclame leurs œuvres si parfaites qu'on les dirait sorties des mains de Phidias, de Lysippe ou de Praxitèle. Les quelques bas-reliefs du même temps, représentant les courses de l'hippodrome, que conserve le Musée impérial ottoman, sont d'une exécution plus médiocre et plus barbare encore. Il est intéressant pourtant de noter, au vi* siècle, la persistance de cette sculpture profane, dont on peut, après Justinien, suivre la tradition, depuis le temps de Justin II et de Maurice jusqu'à l'époque de Justinien II, et même jusqu^à la fin du vin" siècle^.
Il reste toutefois du vi® siècle un certain nombre d'œuvres, qui prouvent le réel développement de la sculpture, même religieuse, durant cette période. C'est ainsi que Rome possède, dans les portes de la basilique de Sainte-Sabine, sur l'Aventin (iig. 134), un monument tout-à-fait considérable de la sculpture sur bois.
\. La dernière statue impériale dont il soit fait mention est celle de Con.slantin VI, le fils d'Irène.
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Porte» de Sainle-Sabîne '. — On y voil représentées, dans les
dix-huit panneaux qui subsistent, une suite de scènes bibliques ot éVangéliques, montrant la concordance des deux Testaments, depuis
l'histoire de Moïse et l'enlèvement d'Ëlie au ciel jusqu'aux épisodes de la vie du Christ. L^origine orientale de ce monument n'est point douteuse. Aïnalof a clairement prouvé les rapports étroits que certaines de ces compositions, telles que T Ascension d'Élie, présentent avec ricono^aphie palestinienne ^ Il a bien fait sentir surtout le caractère pittoresque de l'exécution , qui rattache les portes de Sainte-Sabine à la pure tradition hellénistique. Comme il Tobserve justement, le panneau qui représente l'enlèvement d'Élie (fig. 135), avec sa montagne, ses rochers d'où jaillit une source, ses marches, ses arbres, tout le paysage en perspective sur lequel se détachent les personnages, est, exception faite pour Tivoire Trivulce, « le meilleur exemple de bas-relief pittoresque que Ton connaisse dans les monuments du vi** siècle. » La scène du passage de la Mer Rouge n'est pas moins significative, par la place faite au détail réaliste ; les mêmes tendances se remarquent dans le paysage qui encadre la Vocation d'Habacuc ou dans la Prière du Christ à Gethsémané. Mais, à côté de ces scènes traitées dans le style pittoresque, certains traits historiques rappellent l'évolution qui conduit l'art du vi** siècle vers le style monumental. Deux compositions surtout, d'allure plus solennelle, représentent la Glorification de l'empereur et la Glorification de rKglise. L'arrangement en est d'un caractère sensiblement différent : plus simple à la fois et plus grave, il rappelle la disposition de certaines mosaïques.
Ambon de Salonique^, — Les mêmes inspirations^ d'origine différente, apparaissent dans les ouvrages de la sculpture sur pierre. Le monument le plus con$iidérable qui s'en conserve en Orient est Tambon de Salonique, aujourd'hui au musée de Constantinople, et qui date du v*^ siècle. Sous une série d'arcades à coquilles, richement décorées, qui isolent chaque personnage, les Mages sont représentés cherchant ieurroute, puis adorant la Vierge et l'enfant divin. On ne retrouve plus guère dans ces bas-reliefs, d'une exécution d'ailleurs soignée, la grâce naïve et familière des compositions chrétiennes plus anciennes. Dans l'attitude des personnages divins, séparés par un ange de leurs visiteure et isolés sur leur trône, il y a une majesté un peu raide, une gravité un peu solennelle, qui correspondent bien aux idées de la société nouvelle et font pressentir déjà le style et l'iconographie des mosaïques ravennates du vi* siècle.