‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 124 sur 370 · I. Aînalol. Orig.. 91 suiv · texte numérisé non relu

I. Aînalol. Orig.. 91 suiv

IVOIRES DB STYLE HELliniSTIQUE

niolifs païens, comme une pyxide du Sancta Saoclorum, c voit une scène bachique (tv' ou . . . .

v^ siècle)'.

Un autre monument fort remarquable de cette ivoirerie chrétienne eal la casselle ou lipianolhèque de Brescia, qui date probablement du v' siècle ifig. 142). X.es épisodes des miracles et de la Passion du Christ y sont représentés en plusieurs compositions, qu'il est intéressant de compareraux mosaïques de Saint-Apoilinaire-Neuf, aux bas-reliefs des portes de Sainte- Sabine et aux miniatures de rflvangile de Rossano. On y trouve, avec les plus hautes qualités d'art, noblesse de la figure et des gestes, souplesse des draperies, précision et sobriété du décor, technique excellente, un curieux mélange du style pittoresque et de tendances vers l'art monumental.

Les mêmes traits caractérisent le beau, diptyque du Vatican, où le Christ imberbe figure entre deux anges, tandis qu'en haut deux anges iloltanls portent un médaillon et qu'en bas les Mages son! représentés adorant l'enfanl divin et se présentant à Hérode ', Mais le

1. Kanzier. Glî avori valictni, Rome. 1003 ; Cf. Gracven, Die Madonna «oitcAen Zachariat und Johant imilation allemande d'un ivoire bjunli

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chef-d*œuvre, au vi® siècle, de ce style pittoresque et classique est assurément le bel ange du British Muséum, debout sous une arcade richement décorée et tenant en main le sceptre et le globe (fîg. 143). « Les ailes, largement déployées, sont travaillées avec beaucoup de soin; le costume, composé d'une tunique et d'un manteau, offre des draperies d'un goût excellent et d'une rare élégance. Quanta la tête, encadrée par une chevelure aux boucles épaisses, elle présente un type d'une parfaite régularité. Les yeux grands ouverts donnent à la figure une expression vivante ;. l'attitude est noble, imposante et sans raideur ^ »

A la même école, toute pénétrée de la tradition hellénistique, on peut rattacher également la pyxide de Bologne où sont représentés les miracles du Christ, et celle de Berlin, que Molinier date du VI® siècle, et où Ton voit le Christ parmi les Apôtres et le sacrifice d'Abraham. On a remarqué souvent tout ce que ce dernier épisode montre de ressouvenirs antiques. Isaac est figuré sous les traits d'un amour païen; Abraham, une main tenant Tépée, l'autre posée sur la tète de son fils, rappelle l'attitude que, dans le tableau célèbre de Timanthe, avait Calchas sacrifiant Iphigénie. Ici encore la tradition hellénistique est vivace.

Ivoires de style oriental, — Mais, à côté de cette survivance du style classique, une autre source d'inspiration apparaît dans un autre groupe de monuments. Des influences orientales, qui n'excluent point d'ailleurs tout élément pittoresque, se manifestent, plus ou moins puissantes, dans une double série d'ouvrages du vi* siècle.

Chaire de Maximien^. — On conserve à Ravenne, dans la sacristie de la cathédrale, une chaire épiscopale en ivoire qu'on appelle la chaire de Maximien. On a, en ces derniers temps, contesté, non sans quelque fondement, la tradition qui attribue ce siège au prélat contemporain de Justinien,et, par des raisons assez plausibles, on a tenté d'établir que ce meuble ne vint à Ravenne qu'au commencement du XI® siècle, époque où un doge de Venise l'envoya en cadeau à l'empereur Otton III. Mais, quel qu'ait pu être le premier propriétaire delà célèbre chaire, la date où elle fut exécutée est certainement le vi* siècle, et le monument, chef-d'œuvre incontestable de l'ivoirerie byzantine au temps de Justinien, nous révèle de la façon la plus remarquable les

1. Bayet, Rcc/ie/T/ie.ç, 118. Cf. Dalton, Ca^afo^ue of ihe ivory carvings ofthe Christian aéra of ihe Brilish Muséum, Londres, 1909.

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