‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 125 sur 370 · Aïnalof, Oriff., 101 suiv · texte numérisé non relu

Aïnalof, Oriff., 101 suiv

CRAIHB DE WAXIMtBH

influences diverses qui se mélangeaient et se combinaient dans l'art de cette époque.

La partie la plus remarquable comme travail est la face 'antérieure du siège (fig. 144). Deux laides bandes ornementales, traitées avec

Fi)[. lii. — Ravenne. Chaire en ivoire de Maximien (Pliut. Aliiiari).

une richesse el un goût extrêmes, représentent, se jouant parmi des enroulements de vigne, des animaux de toute sorte, paons, cerfs, lions, etc. Cette ornementation très caractéristique, el qui rappelle la magnificence des décorations sj'riennes, encadre cinq plaques où sont figurés saint Jean-Baptiste et les quatre évanf,'éiistcs debout

SOUS des arcades. Les têtes sont Jort belles d'expression, pleines de réalité et de vie : par le faire ample et large des draperies, parla justesse des attitudes, les cinq personnages sont tout à fait remarquables. Les plaques qui garnissent le dossier du fauteuil, et dont plusieurs sont dispersées dans des collections particulières, sont d'un art plus inégal. Les unes, qui représentent des scènes de la vie du Christ, sont traitées dans un relief peu ressenti ; le modelé est obtenu au moyen de traits profondément entaillés, de hachures et d'un certain arrondissement des surfaces ; les plans successifs ménageant la perspective, les paysages et les édifices formant le fond du tableau les rattachent évidemment aux compositions de style pittoresque. Au contraire, les plaques qui racontent les épisodes de Thistoirede Joseph sont exécutées en haut-relief et parfois presque en ronde bosse ; l'élément pittoresque y tient moins de place ; le style montre d'intéressantes tendances réalistes et naturalistes. Toutefois^ malgré ces différences de technique par lesquelles se distinguent ces deux groupes de plaques, l'ensemble est l'œuvre d'une même école et le produit d'un même atelier, qu'il est aisé de déterminer.

Le sculpteur de la chaire de Maximien connaît évidemment rOrient. Certains détails de la composition, empruntés aux évangiles apocryphes, certains traits du décpr topographique attestent la connaissance et l'influence de la Palestine. D'autres motifs procèdent même d'un Orient plus lointain : les gardes de Joseph, vêtus comme les barbares scythes ou sarmates^ la tiare que porte le fils de Jacob et qui est celle des rois perses {fig. 145), certains traits de l'ornementation rappelant la frise de Mschatta dénoncent la connaissance d'un art purement oriental. D'autres éléments pourtant sont essentiellement égyptiens. Le choix des sujets empruntés à l'histoire de Joseph est une marque d'origine, si l'on se souvient avec quelle prédilection l'Egypte chrétienne, dans les étoffes en particulier, traita ces épisodes. Le goût pour les personnifications (par exemple le Jourdain dans le Baptême) n'est pas moins caractéristique. En outre, une parenté remarquable existe entre les bas-reliefs de la chaire de Maximien et les miniatures du Cosmas : ce sont les mêmes figures trapues et solides, au visage arrondi, à la musculature saillante, aux extrémités lourdes. Enfin, la place faite aux détails pittoresques et réalistes est significative. Dans l'histoire de Joseph on observe des traits de naturalisme qu'on ne rencontre nulle part ailleurs : le type et les coiffures des marchands égyptiens dans la scène de Joseph vendu par ses frères sont à cet égard particulièrement

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dignes d'attenlioD. Ainsi la chaire de Ravenne est sortie d'un atelier <>gyptien, mais en un temps où la tradition alexandrine était déjà fort piênétrée d'iaHuences orientales, non seulement syriennes, mais persanes. Ce temps ne saurait être antérieur au vi* siècle ; et par là s'expliquent aussi certaines traces déjà visibles de décadence,

comme les corps posés de face sur des pieds de profil, rallongemenl (les proportions, la perspective appliquée à rebours. Ces faiblesses disparaissent pourtant dans l'incontestable beauté de l'ensemble. Le sculpteur de la chaire de Maximien, encore maître de toutes les ressources de son art, a su créer des compositions émonvanles, telles que la rencontre de Jacob avec ses bis, ou au déi^espoir du père soppose si admirablement la sombre résignation de Bachci

(fig. 145). Un juge compétent a pu dire de la chaire de Maximien : » Aucun monumentd'ivoire de la période antérieure ne nous montre une pareille entente de la décoration jointe à une habileté technique au-dessus de tout éloge '. >< Diptyques A cinq compartiments. — A l'école de la chaire de

Raveiine, Il faut rattacher toute une série d'autreti monuments, plusieurs py.tides parmi lesquelles on peut citer celle du Musée Britannique, représentant des épisodes de la vie de saint Menas (ancienne pyxide NesbittJ, dont la provenance est sûrement égyptienne et qui date du vi" siècle, une autre, également du British Muséum, de même date el de même origine *, représentant des scènes de l'histoire de Daniel, la pyxide de la collection Ficdor. celles du Musée national de Florence (lîg. 146) el de l'église de la Voûte-Chilhac, et surtout ces diptyques â cinq compartiments, conservés à Paris (BihI. Nationale, évangéliaire de Saint-Lupicinj, à Berlin el à Etschmiaditin ^. On a cru parfois que ces monuments étaient l'œuvre d'un atelier ravennate : on s'accorde aujourd'hui.

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