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Aïnalof, Origines

302 LA FORMATION DE l' ICONOGRAPHIE

des pèlerins qui affluaient en foule dans la Terre-Sainte. Des exemples précis attestent cette influence de la Palestine. Elle se manifeste dans la prédilection avec laquelle Tart chrétien reproduisit les monuments de Jérusalem, Saint-Sépulcre et croix du Golg-otha, escalier et autel du sacrifice d'Abraham que les visiteurs rencontraient au pied du Calvaire, grotte et crèche de Bethléem, etc. ; elle apparaît également dans la place que cet art fit aux légendes palestiniennes. Et cela se conçoit aisément. Le grand élan de piété qui entraînait les foules vers les lieux saints leur en rendait également chers les souvenirs : les pèlerins s'efforçaient de rapporter et de faire reproduire Timage des compositions illustres qui, aux sanctuaires fameux du christianisme, au tombeau des martyrs célèbres, avaient frappé leurs yeux et enflammé leur dévotion. Ainsi se constitua naturellement la base de l'iconographie.

Les éléments nouveAUX de V iconographie. — Certaines scènes de l'Ancien Testament avaient de bonne heure trouvé dans Tart des Catacombes une forme à peu près définitive : tels le sacrifice ou la philoxénie d'Abraham, les enfants dans la fournaise ou Daniel parmi les lions. L'art nouveau les conserva sans y changer rien, sans se préoccuper non plus de développer beaucoup le cycle de ces compositions. Au contraire il s'appliqua avec une ardeur passionnée à retracer les multiples épisodes du cycle évangclique*, et à côté des inspirations qu'il chercha dans les évangiles canoniques, il faut noter que, dès ce moment, il fit plus d^un emprunt à ces évangiles apocryphes, qui plus tard fourniront tant de thèmes à l'art chrétien. En étudiant les ivoires de la chaire de Maximien ou le diptyque de Ravenne, Aïnalof a reconnu toute une série de détails qui tous viennent des apocryphes : tels, dans Tépisode de l'Annonciation, la Vierge filant ; dans la Nativité du Christ, la sage-femme Salomé ; dans le voyage à Bethléem, Tangue conduisant Tàne, ou encore l'épreuve par l'eau imposée à la Vierg^e. Pareillement, dans le manuscrit de Rossano, les deux épisodes du Jugement de Pilate et du peuple réclamant la mort du Christ {a^. 128 et 124) doivent leur origine aux apocryphes, Ei>angile de Aicodème et Actes de Pilate.

Les compositions. — Ainsi se constituèrent de larges cycles de compositions jusqu'alors inconnues. Dès la fin du v* siècle, les épisodes

1. Roliault de Fleury, V Évangile, Tours, 1874 ; Pokrovskij, V Évangile, Pctershourj?, 1892.

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