‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 152 sur 370 · Konduicof. Hitl. de Fart, I · texte numérisé non relu

Konduicof. Hitl. de Fart, I

Mitmiel d'Art bys^nlin 3;i

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recherche de l'expression, un réalisme qui n'est point exempt de force comique, par exemple dans certaines représentations comme celle de Silène (%. 174).cel]e du Jourdain, oucelle encore desorgueilleux (fig. 175), " dont la bouche touche le ciel, et dont la langue pend Jusqu'à terre n (Pa 72, 9). Un grand soufile populaire traverse toule l'œuvre, avec une fraicheur d'imagination, une liberté et une verve admirables : c'est une création loule familière, absolument exempte de la solennité bj'ïantine, et par tout cela puissamment originale.

Cette illustration est composée d'éléments assez divers. Il y a une partie historique, et une autre que l'on pourrait appeler lyrique elédifîanle. L'une comprend les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui tiennent une assez large place :

la seconde comprend les miniatures d'un caractère symbolique et moral, qui sont extrêmement nombreuse»

et où il est facile de reconnaître l'inlluence des principes monastiques. Ainsi loule une Hèrie de compositions ont pour objet la glorification de l'aumàne et l'encourag'emenl à la pitié ; l'imagination de l'artiste prèle à ce thème les formes Fig. t7i, — Les vBiilnrtlB. Mînia- |gg piyg variées, parmi lesquelles il turc du Psautier rjiloudof . - , . . i -c

idapréa Tikkfliieii . f^^"' signaler surtout la personnifi-

cation de la Charité couronnée de branchages et distribuant de l'argent (Hg. 176). Ailleurs ce sont dch exemples édifiants tirés de la vie journalière des moines, des illustrations symboliques, comme la Vierge et la licorne, le rocher de Moïse, la vision de Daniel voyant en songe le médaillon de la Madone tenant l'Enfunt divin, des paraboles enfin et des personnifications. Une inspiration thtologique et mystique emplit el domine toute l'œuvre. La \'ierf;e y lient une place qui montre le progrès croissant du culle de Marie ; le médaillon du Christ y apparaît sans cesse, au-dcïsus de Moïse ci>mme au-dessus de David ; les épisodes de la Passion du Sauveur enfin sont Irailés avec une particulière prédi-

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leclinn. Mais une série de compositions est surtout intéressante et caractéristique de l'époque où fut conçue celte illustration ; ce sont les miniatures polémiques.

Pour représenter « la réunion des méchants », l'artiste a figuré le synode iconoclaste de815(lig. 177). L'empereur, entouré de gardes. est assis sur un trône ; auprès de lui siège le patriarche ; et devant

Fîg. 176. — Minîalure du Psautier Chloiidof d'après Kondnkof

eux, deux hérétiques s'apprêtent à elTacer ou à détruire l'image du Christ. Les deux mêmes personnages reparaissent au bas de la miniature représentant la Crucifixion, l^s défenseurs des images, en effet, comparaient volontiers leurs adversaires aux Juifs qui avaient crucifié le Seigneur. Le rapprochement Fe rencontre, dès le ufi° siècle, dans un ouvrage de polémique longtemps attribué à Jean Damascène {Ad Conslantinum Cabatlinum. P. G., t. XCV, 334- '135], et il est remarquable que, sur la miniature du Psautier Chlou

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dof, l'arliste a inscrit précisément le passage de l'anonyme qui se rapporte à cette comparaison.

Ailleurs on a figuré le triomphe de l'orthodoxie. Le patriarche Nicéphore est représenté, tenant en main le médaillon du Christ et foulant aux pieds l'impie Jaunis, c'est-à-dire le patriarche iconoclaste Jean Lécanomante, tandis qu'au-dessus l'apôtre saint Pierre

lerrasse Simon le magicien. Ailleurs deux scènes également parallèles montrent d'une part les pharisiens corrompant les soldats qui gardent le tombeau du Christ, tandisqu'au-dessus, Simon le magicien, en habits ponlilicaux, ordonne deux personnages qui lui apportent de l'aident. Derrière lui le démon de la cupidité (fiXaf^upà; 3atijtuv| lui chuchote à l'oreille. Ici encore se retrouve aisément l'allusion aux événements contemporains, considérés du point de vue monastique. Les iconoclastes sont représentés comme des hommes inspirés par le diable, corrompus par la vénalité juive, tous atteints d'une cupidité sordide et mettant par leur simonie abominable l'Kglise el le Christ à l'encan. Point de vue singulièrement étroit au regard de l'histoire, mnis qui a l'avantage de nous transporter au sein même des polémiques du temps, el qui par là nous donne la date et l'origine de cette curieuse illustration.

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