‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 155 sur 370 · LA QUESTION BYZANTINE AU VIII^ ET AU IX*-' SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA QUESTION BYZANTINE AU VIII^ ET AU IX*-' SIÈCLE

Expansion de l'art byzantin. — Mais il y a plus. Si la crise iconoclaste, quoiqu'on en aitdit, ne marque ni arrêt dans le développement de l'art chrétien d'Orient, ni interruption dans ses traditions, elle correspond, d'autre part, à une expansion grandissante de Tinfluence byzantine dans le monde. La grande émigration des artistes, hYiques ou moines, qui, au viii*etau ix* siècle, fuient les persécuteurs des images, renforce les courants orientaux qui, depuis le v® siècle, portaient en Occident les enseignements de la Syrie, de l'Asie Mineure et de Byzance. Grâce aux fidèles des saintes icônes, l'art oriental prend pos-

session deTItalie tout entière, et son action s'étend jusqu'aux pays francs et( germa niques nouvellement sortis de la barbarie. « Depuis Otrante jusqu'à Aix-la-Chapelle, 1 art, plus ou moins grossier dans Texécutionj semble presque uniforme dans ses thèmes principaux, parce qu'il s'inspire partout des mêmes modèles étrangers. Dans la période de revers et de troubles qui sépare les règnes victcirieux d'Héraclius et de Basile le Macédonien, Tart chrétien d'Orient, répandu à travers l'Occident, a repris quelque peu de l'empire que l'art romain avait autrefois exercé *. »

Borne *. — On a vu précédemment ce qu'était Rome au viii*^ siècle, et toutce que durent à l'influence grecque les artistes qui peignirent à cette époque les fresques de Santa Maria Antica. Les mosaïques et les peintures romaines de la première moitié du ix® siècle ne doivent pas moins à l'art byzantin. A Sainte-Praxède, à Sainte-Cécile, à Santa Maria in Domnica, malgré la gaucherie des attitudes, les défauts de la perspective, la médiocrité parfois de l'exécution, les mosaïstes qui ont décoré les absides ont produit des œuvres qui, par la splendeur des couleurs et le sens de l'elTet décoratif, font honneur en somme à l'art byzantin implanté à Rome. L'oratoire de Saint-Zénon, que le pape Pascal \^' fit construire dans Sainte- Praxède pour servir de tombeau à sa mère, la pieuse Théodora,est plus caractéristique encore. C'est le seul édifice romain du moyen âge qui soit couvert d'une coupole bâtie sur plan carré, comme les coupoles des églises byzantines ; et, par sa décoration de revêtements de marbre et de mosaïques d'or, c'est, comme on Ta dit, un pur «joyau d'art oriental ^ ». « Les images, qui dans l'édicule funéraire font allusion à la résurrection et à la gloire, ne sont plus d'anciens symboles chrétiens, mais des décors et des motifs empruntés à l'iconographie byzantine : la Transfiguration, la Descente du Christ aux Limbes, le Trône de Dieu \, » On trouve même ici, pour le noter en passant, un des plus anciens exemples datés de l'Anastasis. Dans cette œuvre exquise et magnifique, toute copiée sur des modèles grecs, il ne reste rien des traditions latines. Kt pareillement les autres mosaïstes romains développent les thèmes orientaux, la Transfiguration à l'arc triomphal de l'église desSaints- Nérée et Achillée, les motifs qui célèbrent la gloire de la Vierge à

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