‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 157 sur 370 · Cf. Bertaux, Lart dans Vllalie méridionale, p · texte numérisé non relu

Cf. Bertaux, Lart dans Vllalie méridionale, p

3. Slraygowski, Das orientalische Italien (Monatshcftc f. Kunst>visscn- «chaft, I, 1909).

par la technique, l'ornementation de cette arcade a un aspect purement oriental, qui rappelle à Slrzygowski le style mésopotamien ; par ailleurs, les saintes i-eprésentées sont des Grecques voilées du mapkorion syrien ou vêtues comme des patriciennes de Byzanee. Si on observe enfin que cette décoration ne semble point faire corps avec l'architeclure, on inclinera à croire qu'elle a été apportée tout

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achevée du dehors, et qu'elle peut être en conséquence l'ieuvre d'un artiste bywnlin. On date communément ces stucs du vin' siècle, encore que Slriygowski observe justemenl qu'une telle virtuosité dans l'ornementation indique peut-être une époque plus ancienne. Quoi qu'il en Boit, ces bas-reliefs donnent une heureuse idée de ce dont était capable la sculpture byzantine ; et si l'on s'étonne qu'au vui' siècle elle exécutât encore des œuvres de cette importance, on remarquera que, suivant une hypolhèse ingénieuse de M. Bertaux, les saintes de Cividale sont probablement des imitalions ou plutôt u des coulrefaçoiis économiques de la sculpture en. métuux précieux ■■. Or l'arpent et l'or gardèrent longtemps à Byzance le privîlég^e de représenter en relief les saintes images. La lienaissance carolingienne ' . — Ce n'est point ici le lieu d'ex-

I. Strity^o™'''''' ^^'^ Vom su \xchea \ Rivoira, Le origini deila architettnrt lombxrda. l.l. Rome, \90\ :SU-zyf:ow»ki, Bys. Denkmiltr, ï:, Berlaax, L'art dans l'Ilatie méridionale.

pliquer longuement tout ce que dut à Byzance la Renaissance carolingienne. Le dôme d'Aix-la-Chapelle, qu'il s'inspire de Saint-Vital de Ravenne ou qu'il ait pour modèle un type d'édifice directement venu de l'Orient, est en tout cas, selon l'expression de Strzygowski, une construction hellénistico-orientale, de la famille des martyria à plan central si fréquents en Syrie et en Asie Mineure. L'église de Germigny-les-Prés rappelle de façon remarquable les monuments de TArménie. On sait également par combien de points es miniatures des beaux manuscrits carolingiens rappellent les thèmes décoratifs des manuscrits syriens et byzantins. Que les types vinssent directement d'Egypte, de Syrie, de Byzance, ou qu'ils fussent transmis à la Gaule par l'Italie fortement byzantinisée, de toutes parts 1 élément oriental s'infiltrait en Occident. Tout préparait à lui faire bon accueil: le désir du nouvel empire de rivaliser avec Byzance, les incessants rapports commerciaux et diplomatiques entretenus avec l'Orient, le prestige des modes byzantines ; et l'abondant emploi des étolTes orientales, l'importation des ivoires sculptés ou des manuscrits grecs n'introduisaient-ils pas constamment à la cour des Carolingiens des ferments d'influence byzantine et des modèles dignes d'être imités? Sans doute il y a lieu d'admettre que « les intermédiaires syriens semblent avoir eu encore plus d'action sur le milieu carolingien que les Byzantins purs * » ; et sans doute il est incontestable aussi que d'autres apports vinrent se confondre dans « ce mélange éminemment composite^ » que fut Tart carolingien. L'ensemble garde pourtant une couleur orientale. Et c'est peut-être la preuve la plus forte de la merveilleuse puissance de l'art byzantin, qu'au moment même où il traversait la crise iconoclaste, il conservait toujours comme la direction générale de l'art dans le reste de l'Europe. Le problème des influences exercées sur l'Occident par rOrient byzantin, « la question byzantine », comme on dit, semble bien, pour la période qui va du vn^ au ix® siècle, aussi bien que pour celle qui s'étend du iv« au vi®, se résoudre en faveur de Byzance.

t. A. Michel, Hist. de l'art, I, 330.

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