LART PROFANE
ment religieux, les empereurs iconoclastes avaient remis en honneur la peinture d'histoire et les sujets de geare. Cet art profane tint une lat^e place dans les palais des Macédoniens et des Comnènes; et
Fig. 181. — Frontispice d'un manuscrit des Évangile» (Bibl. Nal., i" sièclo .
quoique les monuments en aient à peu près tous disparu, le témoignage des textes qui s'y rapportent n'en est pas moins intéressant ''i recueillir.
Dans plusieurs des appartements du Cénourgion , Basile I avait fait placer des mosaïques décoratives de celte sorte. Dans le '({rand
conquises •. Au-dessus, sur la voûte, éUient repréBenlés « les faiU d'armes herculéens de l'empereur, ses grands travaux pour le
Kip. 183. — Nicéphurc DolanJatc. Miniature du manuscrit de sainl Jean Chrysoslome (Hibl. Nntionale;, d'après Omont, far-fimiJ^î do» miniadire».
bonheur de ses sujets, ses efforts sur les champs de bataille, et «es victoires oclroyées par Dieu », Dans la chambre à coucher impériale, au-dessus des mosaïques ornementales oi^ élaient figurées avec un luxe de couleur admirable les (leurs les plus varices.
378 LA RENAISSANCE MACEDONIENNE
d'autres mosaïques à fond d'or représentaient, « assis sur des trône^i. Tempereur Basile et sa femme Eudoxie revêtus du costume impérial et la couronne en tête. Autour d'eux, sur les murs de la salle, semblables à des astres brillants, sont leurs enfants portant, eux aussi, leurs vêtements impériaux et leurs couronnes. Tous tiennent à la main des livres contenant les divins préceptes, dans la pratique desquels ils ont été élevés. Au-dessus, le plafond est tout resplendissant d'or. On y a reproduit au milieu, en cubes de couleur verte, le signe victorieux de la croix ; autour de cette croix on voit des étoiles, et encore les images de l'auguste empereur, de son impériale compagne et de leurs enfants, élevant les mains vers Dieu et vers le divin svmbole de notre salut ' ».
Ainsi le fondateur de la dynastie de Macédoine, reprenant l'exemple de Justinien, représentait sur les murailles de son palais les portraits de la famille impériale et les gloires historiques du règne, « tenant, comme l'écrit son biographe, à ce que, même si l'histoire s'en faisait, le fait fût patent pour tous par la voie de la peinture ». Les mêmes préoccupations hantèrent Tesprît des Gomnènes. Au palais des Blachernes, Manuel faisait retracer en une suite de mosaïques « tous les exploits qu'il avait acconnplis contre les barbares et tout ce qu'il avait fait pour le bien dei^ Romains'^ ». Au grand palais, il faisait représenter les villes innombrables qu'il avait reconquises sur les infidèles^. Andronic Comnène pareillement, reprenant la tradition des iconoclastes, faisait représenter en mosaïques, dans le palais qu'il se fît bâtir près de l'église des Quarante-Marlyrs, des scènes de chasse et d'hippodrome, et des compositions où on le voyait lui-même tuant le cerf, déjeunan l sous la tente, ou menant à travers l'Orient son existence de fugitif et d'exilé *. Le portrait de Manuel Comnène figurait dans la basilique de Bethléem, celui d' Andronic dans l'église des Quarante-Martyrs, ceux des impératrices Marie d'Antioche et Anne de France en maint endroit de la capitale. Et il ne faudrait point croire qu'au xii* siècle ces décors profanes eussent rien d'exceptionnel. Les empereurs n'en avaient point le monopole, et ils formaient l'ornement de la plupart des palais byzantins. C'est ce que montre un curieux passage de l'historien Ginnamos, relatif à un neveu de l'empereur Manuel. Voulant