‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 167 sur 370 · LES MONUMENTS DE L* ARCHITECTURE CIVILE · texte numérisé non relu

LES MONUMENTS DE L* ARCHITECTURE CIVILE

biog^raphe, un véritable chef-d'œuvre de l*art. Le pavement est en mosaïque. Au centre s'étale un paon, renfermé dans un cercle en marbre de Carie ; de là partent des rayons qui se projettent de manière à former un autre cercle plus g'rand. En dehors de ce second cercle, sont comme des ruisseaux de marbre vert de Thessalie, qui se répandent dans le sens des quatre angles de la pièce. Dans les quatre espaces formés par ces ruisseaux sont quatre aigles, faits avec des petits cubes de couleurs variées, et rendus avec tant de vérité qu'on les croirait vivants et près de s'envoler. Le bas des murs est revêtu de plaques de verre polychrome qui charment les yeux par l'image de fleurs diverses. Au-dessus, une bande d'or sépare ces ornements des mosaïques qui décorent le haut des murs'. » Le plafond, tout resplendissant d'or, était également décoré de mosaïques.

Du côté de l'ouest, Basile fit bâtir le Pentacoubouclon, édifice sans doute couronné de cinq coupoles, où se trouvait un oratoire, consacré à saint Paul, dont le plan avait la forme d'un quatre- feuilles. Vers le nord-est, il fit construire plusieurs autres bâtiments, le pavillon de l'Aigle, le Trésor, le Garde-meuble ou Vestiaire, le bain impérial enfin, « tous remarquables, dit son petit-filsConstantin, qui se connaissait aux choses d'art, par la richesse et l'abondance des matériaux employés, la nouveauté des dispositions^ la splendeur de l'aménagement, et attestant le goût du luxe et l'amour du beau qu'avait l'empereur^ ». Les mêmes expressions, très significatives, reviennent sans cesse sous la plume du biographe de Basile : ce qui le frappe, c'est, avec la richesse, la splendeur, la beauté des constructions, la nouveauté qui y apparaît^. Enfin, au delà de la Nouvelle-Eglise, le prince avait fait planter un jardin admirable, « nouvel Eden, embelli par des arbres et des fleurs de toute espèce et arrosé de sources abondantes * ». A l'extrémité, on aménagea un carrousel, le Tzycanistérion, « où les empereurs et les personnages d'un rang élevé jouaient à la paume montés à cheval ». Pour l'établir, l'empereur avait dû étendre le périmètre du palais et raser plusieurs maisons particulières qui s'élevaient dans cette région, et qu'il acheta.

Pour cet ensemble de constructions, les contemporains ont mar-

1. Conslantiu Porphyrogénète, Vie de Basile, p. 332 (éd. Bonn).

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