LE PALAIS DU BOUCOLÉON
que une vive admiration : i< Dans les édifices qu'il bâtit au palais, écrit Constantin Porphvrogénète, qui Basile nVt-il point surpassé, entre les plus fameux bâtisseurs d'autrefois, par la splendeur, la beauté, la nouveauté de ses constructions (notez ce mot qui revient encore), par la grâce répandue sur tous ces admirables ouvrages — et cela non seulement dans ses églises, si belles, si riches, si charmantes, mais dans Taménagement magniRque et vraiment royal des appartements, où il mêla Télégance à la richesse, et ajouta à Télégance tout ce qui peut créer la commodité ou exciter Tadmiration * ? »
Constantin Porphyrogénète continua au x® siècle l'œuvre de son aïeul. Le triclinium des Dix-neuf lits fut décoré par ses soins d'un plafond à caissons, orné de branches de vigne et de feuillages dorés, dont l'empereur lui-même avait donné les dessins. Il exécuta pareillement des portes d'argent pour le Chrysotriclinium, dont le pavé fut aussi renouvelé sur ses indications : ce fut une mosaïque de marbres et de porphyres formant des entrelacements du meilleur goût et encadrée dans une bordure d'argent. Enfin, ^u Pentacoubouclon, le même souverain, fort épris des arts du métal et orfèvre habile lui-même, fit décorer l'un des appartements de figures et d'ornements en or.
Le palais du Boucoléon, — Nicéphore Phocas à son tour travailla à embellir la résidence impériale. Au bord de la merde Marmara, s'élevait le palais du Boucoléon, ainsi nommé d'un groupe de marbre représentant un lion terrassant un taureau. C'était une habitation assez modeste, datant du v^ siècle, et que les empereurs avaient depuis longtemps abandonnée. Nicéphore Phocas l'agrandit et la transforma en un solide château-fort, dont le donjon devint sa demeure habituelle. Mais cet aspect de forteresse n'excluait point la magnificence. Guillaume de Tyr, à la fin du xn® siècle, parle du « superbe et admirable quai », qui précédait le palais, et dont les escaliers de marbre descendaient jusqu'à la mer, du « faste royal » avec lequel ce quai était décoré de figures d'animaux en marbre, enfin « des galeries et des salles d'une admirable variété », que l'on traversait pour monter du Boucoléon au Palais-Sacré. Jusqu'en 1871 il subsistait une trace de ces splendeurs : c'était, au bord de la mer de Marmara, une loggia à trois arcades, avec deux statues de lions assis placées sur la terrasse.