‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 169 sur 370 · I. Constantin Porphyrogénète. Vie de Basile, p · texte numérisé non relu

I. Constantin Porphyrogénète. Vie de Basile, p

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Jean Tzimiscès également laissa son souvenir ,au Palais-Sacré. Ce fut Toratoire du Sauveur, près de la porte de la Chaicé, où il voulut être enterré dans un tombeau tout en or et enrichi d'émaux.

Le palais des Biachernes, — Ainsi chaque génération eut à cœur d'accroître la magnificence de la résidence impériale. A partir du XII* siècle pourtant, le Palais-Sacré fut un peu laissé à Tabandon. Les Comnènes cherchèrent au fond de la Corne d'Or, au château des Blachernes, une nouvelle et plus plaisante demeure, qu*ils voulurent, eux aussi, parer de splendeurs inouïes. Les voyageurs occidentaux, qui la visitèrent au xii* siècle, en ont laissé des descriptions éblouies. Odon de Deuil, qui accompagna Louis VII à la seconde croisade, vante la merveilleuse situation de ce palais, qui domine à la fois la ville, la campagne et la mer. « Rien n'en égale, ajou(e-t-il, la beauté extérieure. Quant à Tintérieur, il dépasse tout ce que j'en pourrais dire, il est tout couvert de peintures exécutées en or et en couleurs éclatantes; le sol est pavé de marbres assemblés avec Part le plus savant : et je ne sais pas ce qui lui donne le plus de valeur et de beauté, la richesse de la matière ou la finesse deTart. » Benjamin de Tudèle, de son côté, rapporte que les colonnes et les murailles du château des Blachernes sont couvertes d'argent et d'or, que le trône impérial, tout en or, et au-dessus duquel pend une couronne d'or, est couvert de pierres précieuses d'une valeur inestimable : à ce point qu'il resplendit dans l'obscurité même de la nuit. Des mosaïques et des fresques complétaient cette somptueuse décoration. Et tout autour des bâtiments, des cours pavées de marbre, où des eaux courantes coulaient dans des canaux d'albâtre, de vastes jardins ombreux et frais ajoutaient leur charme aux magnificences de la résidence impériale (fig. 188).

Ce déplacement de la demeure des souverains eut pour conséquence la ruine lente et progressive du Grand Palais. Au xii* siècle, on n'y habitait plus que rarement et on 'employait surtout comme prison pour des condamnés de qualité ; aussi, dès le commencement du XIII® siècle, était-il fort délabré. Au xiv^ siècle, l'argent manquait pour y faire les réparations nécessaires. Au commencement du XV" siècle, quand Huondelmonte visita Constantinople, il trouva absolument en ruines ce quartier, jadis le plus beau de la ville. Les Turcs achevèrent la destruction, et des splendeurs de l'immense palais impérial il ne reste aujourd'hui que le souvenir.

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